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 sourd aux fracas // perséphone

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sourd aux fracas // perséphone | Lun 27 Nov 2017, 19:18

— sourd aux fracas // perséphone
Les nuits s'éternisaient, le temps lui était infidèle - il ne le voyait plus partir, il ne le saisissait plus. Depuis combien de mois était-elle revenue ? Dans combien de jours partirait-elle ? Combien de secondes lui restait-il ?
Ça lui mordait l'esprit, titillait ses nerfs et son cœur de pierre ; sans cesse, ça le prenait, il y pensait.

Le temps n'avait jamais eu de prise sur lui ; les fleurs n'avaient jamais poussé ici bas et le soleil se couchait bien loin de lui ; mais depuis la première fois qu'elle y avait mis les pieds, les Enfers lui paraissaient un peu moins mort, un peu moins à l'abri des siècles qui s'écoulaient.
Ils étaient devenus inconstants, influencés par les saisons - le printemps mort et l'hiver heureux.

Aujourd'hui, les Enfers étaient heureux ; il y fleurissait une vie fébrile.
Et Hadès sur son trône jugeait les morts, bénissait les innocents de leur liberté spirituelle ; maudissaient les mauvais pour une éternité de errance.
Elle à ses côtés, les morts avaient certainement plus de chances qu'à l'accoutumée. Pourtant le pauvre fermier qui avait travaillé toute sa vie pour nourrir sa famille avait tué un homme ; un seul meurtre, certainement justifié, mais son âme était damnée.
Comment ne pas perdre la tête lorsqu'un homme s'en prend à vos filles, comment ne pas perdre la tête lorsqu'il vous fait perdre ce que vous avez de plus cher ?
Hadès n'avait que faire.
Les pêchés étaient les pêchés, et il n'y avait que lui pour rendre justice.
La justice des hommes lui était écœurante, et pour ceux qui se la rendaient eux-mêmes, il n'y avait qu'un seul courroux.
L'errance était l'aboutissement de leur vie.

Une main levée, le regard figé sur son âme qui défilait, il n'avait pas adressé un regard à son épouse ;

« Tu es condamné, pauvre homme.. »

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Re: sourd aux fracas // perséphone | Jeu 30 Nov 2017, 01:26


••• SOURD AUX FRACAS
PERSÉPHONE X HADÈS

Perséphone n'était pas heureuse de vivre en Enfers.
Personne ne l'était, personne ne pouvait l'être, personne ne le serait jamais ; c'était un fait, parce que ceux dont le cœur bat encore n'ont pas leur place dans le royaume des morts.
Pourtant, elle ne détestait pas y vivre.
Il manquait de tout, et pourtant elle n'avait besoin de rien.
Rien de plus que ce qu'elle avait déjà.

Avant de prendre sa place aux côtés de son époux, elle s'était arrêtée dans le jardin.
Le jardin de la Reine, comme on l'appelait ici.
Elle s'était arrêtée, pendant un laps de temps qu'elle ne pourrait déterminer, pour se recueillir, et se rappeler. Se rappeler qu'elle n'allait pas rester, qu'il serait bientôt temps de partir. Que ce n'était qu'une question de semaines maintenant, avant qu'il ne faille aider les premiers bourgeons à fleurir.

Mais avant de penser aux obligations qu'elle avait là-haut, elle devait en remplir ici-bas.

Permettez-moi. »

La réaction fut immédiate, traduite dans la tension qui émanait de l'être qui siégeait à ses côtés.

Permettez-moi, Mon Roi. » Elle marqua une pause, et détourna son attention de l'homme agenouillé à ses pieds pour la porter vers le maître de ces lieux. « J'aimerais entendre son histoire. »

Ils se regardèrent longuement, sans se dire un mot. Parfois, il arrivait que leur regards en disent plus longs que n'importe quelles belles phrases, et Perséphone l'avait appris à ses dépends. Cependant, elle fut la première à rompre le contact.

Racontez-moi, je vous prie. »

Les informations tirées du récit qui suivit ne leur apprit rien de plus que ce qu'ils savaient déjà. Le motif de son crime n'avait pas changé, il ne niait pas avoir traqué un homme nuit et jour dans le but de venger ses filles, bafouées et violemment assassinées. Ce que la requête de Perséphone lui apprit, et qu'elle n'avait pas cerné jusqu'alors, c'était que la seule volonté de ce père était d'accomplir quelque chose pour ses filles, avant de les rejoindre.
Sans savoir qu'on ne lui accorderait pas nécessairement cette chance.

Votre Majesté, la seule chose que je veux, c'est revoir une dernière fois mes petites filles... »

Perséphone avait déjà vu des âmes en peine, supplier leurs souverains -les seuls en qui ils croyaient, face à la mort- et pleurer si fort que les murs en tremblaient. Elle connaissait la couleur du regret, la sensation d'impuissance face à la fatalité que représentaient les souverains, et la table des Juges, en contrebas. Des hommes dont la réputation n'était plus à faire, qui avaient marqué l'Histoire -celles des Hommes- par leur grandeur, et qui siégeaient pour certains depuis aussi -voire plus- longtemps qu'elle.

Aucun ne prit la parole, pas tant qu'elle ne leur aurait pas donnée. Un silence de mort s'abattit sur le cri de désespoir d'un homme dont la principale faute avait été de se laisser emporter par ses émotions, sans réfléchir une seconde aux conséquences qu'auraient ses actes.

Ce n'était pas à vous de prendre la vie de cet homme. Cette décision ne sera jamais la vôtre. »

Malgré son ton ferme, il y avait dans le regard de la Reine quelque chose de plus doux, imperceptible à cette distance par ceux qui n'étaient pas Hadès, qui ne se trouvaient pas à ses côtés et qui ne la connaissaient pas.

« Vous vous êtes laissé emporter par la passion, et cela vous a mené jusqu'à nous alors que vous auriez pu être près de ces filles que vous tenez tant à revoir. »

Les sanglots redoublèrent d'intensité, causant l'agacement de Perséphone, dont les doigts s'enfoncèrent dans les accoudoirs de son trône pour contenir les prochaines paroles qui allaient sortir de sa bouche délicate.

Peut-on condamner un pauvre homme, pour avoir laissé ses émotions dicter sa conduite, quand il est arrivé à ses dieux d'avoir agi de la sorte par le passé ? »

Une partie d'elle -sensible, bienveillante- désirait apaiser cet homme désespéré, en lui accordant le droit de voir ses précieuses une dernière fois.
L'autre, en revanche, avait profité d'un petit instant de faiblesse pour se rappeler, avant de partir, la sensation qui allait lui manquer quand il serait temps de regagner la Sicile.



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Re: sourd aux fracas // perséphone | Mer 07 Fév 2018, 23:21

— sourd aux fracas // perséphone
Permettez-moi.

Tension immédiate, Hadès foudroya son aimée du regard.

Permettez-moi, Mon Roi.

Il tenta de déceler dans son regard ou au bord de ses lèvres une quelconque preuve de déloyauté ou faiblesse ; mais puisque de ses lueurs fébriles il n'en retira que sa sincérité, il abandonna, et s'arracha à la contemplation de ses traits.

« Comme il vous plaira. »

Ainsi il avait détourné le regard, écoutant d'une oreille absente le récit qu'il connaissait déjà. Et lorsqu'il fut las de ses complaintes, Hadès releva ses doigts, prêt à faire tomber sa sentence. Et encore une fois, Perséphone le contesta.

Peut-on condamner un pauvre homme, pour avoir laissé ses émotions dicter sa conduite, quand il est arrivé à ses dieux d'avoir agi de la sorte par le passé ?

Et sa colère fut noire - froide.
A quoi jouait-elle ? Cela devait lui plaire, de diminuer son autorité, de le diminuer lui et ses pairs. Garce, pensait-il.
Mais il resta muet, car il lui aurait donné raison s'il avait laissé son feu s'exprimer, et le silence rendit la tension ambiante plus intense, si bien que même les sanglots du vieil homme s'étaient éteints.

Ferme et sans appel, après de longues secondes de réflexion, Hadès brisa le vide d'une voix forte et froide.

« Je peux, et il est de mon devoir, de condamner un homme dont l'orgueil et la haine ont dépassé la raison. »

En entendant le début de ses prochains sanglots, Hadès fronça les sourcils.

« Cependant, il ne m'est pas interdit de faire preuve de clémence. »

Il jeta un regard à Perséphone, témoignant une fois de plus qu'elle était la seule dont l'approbation importait - au moins pour lui.
Puis croisant les mains devant son torse, les coudes sur son siège, il toisa de sa hauteur le pauvre miséreux qui avait fait faiblir son pouvoir par l'intermédiaire de sa femme et de sa trop grande bonté.

« Vous avez retiré la vie à un homme et pour cela je ne peux vous soustraire aux enfers. Mais je peux atténuer vos peines et vous permettre d'adresser un message à vos filles et vous promettre que leur meurtrier a été châtié à hauteur de ses crimes. »

L'homme n'avait rien ajouté, décontenancé et fatigué. Il s'était contenté de dodeliner de la tête et Hadès s'était alors tourné vers son épouse.

« Est-ce assez pour vous, Ma Chère ? »

Maudit était-il.
Le vieil homme avait disparu, et chacun de ses serviteurs avait quitté la salle.
Il n'y avait pas eu besoin de mots pour qu'ils comprennent que leur prochain échange devait demeurer privé.
Silence, puis Hadès se lève de son siège, grondant d'une fureur qu'il refusait de jeter sur elle.

« Je suis ravi que tu te plaises dans ton rôle de Reine, mais en contestant mon jugement tu me diminues. Je suis le seigneur des enfers et je viens d'accorder à un paysan pathétique un privilège qu'aucun autre n'a eu auparavant. Quelle justice y a-t-il ? »

Il n'y avait jamais eu de place pour la pitié aussi bas.
Elle apportait quelque chose d'humain à un monde mort et immortel, et il ne savait plus s'il aimait ou détestait ça. Mais une chose était sûre ; il était en rage.

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Re: sourd aux fracas // perséphone | Sam 17 Fév 2018, 14:23


••• SOURD AUX FRACAS
PERSÉPHONE X HADÈS

Elle pouvait lire sa colère dans ses yeux, et la sentir au plus profond de son être. Elle pouvait le voir mener un combat intérieur, mais cela ne lui apportait aucun réel plaisir, seulement un semblant de satisfaction.
Quand les derniers esprits quittèrent la grande salle, les épaules de Perséphone s'allégèrent du poids oppressant de la mort. Elle ne portait dans son coeur aucun des hommes choisis par son mari pour le conseiller, et le sentiment était réciproque. Elle le voyait, qu'ils détestaient ce qu'elle faisait à leur Roi.
Elle aussi, détestait ce qu'ils faisaient au sien.

L'hiver touche à sa fin, tu auras tout le loisir de faire régner ta justice. »

Elle savait Ô combien ce sujet était sensible, et ce n'était pas dans ses intentions premières de le rappeler. Mais il était en colère contre elle alors que ses motivations étaient claires et énoncées, ce qui avait pour effet d'agacer la déesse. Perséphone était plus clémente quand le printemps venait, et cette réalité mettait à mal sa relation avec le maître des lieux. Et comme à l'accoutumée quand venait cette période de l'année, elle serait une source de souffrance pour son prince.

Pourquoi avoir satisfait ma requête si c'est pour me le reprocher une fois les rideaux tombés ? »

Perséphone se leva à son tour, et fit un pas dans sa direction. Il était toujours dos à elle, et si elle voyait venir l'orage, cela ne semblait pas l'effrayer. Il y a bien longtemps qu'elle avait terminé de le redouter.
Mais lorsqu'il en était ainsi, et qu'il refusait de la regarder -ces fois-là réveillaient de vieux démons qui la hantiaient encore, même après des millénaires.

Elle fit un nouveau pas.

Mon intention n'était pas de diminuer ton autorité. »

Murmure, Perséphone. Si tu t'exprimes trop fort, les morts risquent de t'entendre.



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Re: sourd aux fracas // perséphone | Lun 19 Fév 2018, 17:29

— sourd aux fracas // perséphone
L'hiver touchait à sa fin, comme elle le signalait si bien, et rien que l'entendre dire accentua un peu la grondeur de ses mots. Mais quelque part, aussi naïf pouvait-il être lorsqu'il s'agissait de Perséphone, il sentait au creux de sa voix qu'elle n'était pas si réjouie que ça.

Il n'avait pas parlé dans le but de la brusquer, seulement pour palier à l'éventualité que cela se reproduise. Elle avait sûrement eu raison d'évoquer la clémence en ses terres où ces valeurs semblaient oubliées, mais il refusait qu'elle le fasse publiquement. C'était pourquoi il avait satisfait sa requête ; elle était juste. Il avait sa fierté – et une image de force à conserver – mais Hadès n'était pas stupide, et pas aussi borné qu'il semblait l'être.  
Au final, il ne pensait toujours qu'à lui-même ; et il savait que c'était un tords, surtout puisqu'il occupait le trône des Enfers.

En se retournant, il constata qu'elle s'était approchée, et son regard s'adoucit. Il ne s'était jamais lassé de la contempler ; de ses courbes aux traits de son visage, des lueurs tendres dans ses yeux aux silences sur ses lèvres.

« Je suis peut-être en colère, mais pas imbécile. J'ai satisfait ta requête car elle était juste. Ce n'est pas le fond que je te reproche, mais la manière. »

Elle apprenait à être reine, et chaque fois qu'elle le devenait un peu plus, Hadès en retirait une certaine satisfaction. Alors il était intransigeant avec elle plus qu'il ne l'avait été avec quiconque ; et il savait qu'elle était assez forte pour endurer cela. Au fond, elle devait savoir que c'était sa manière à lui de prouver son admiration – lui qui n'avait jamais su l'exprimer autrement.

« Tu es à ta place en tant que souveraine. Tu ne devrais pas en douter. »

Il la faisait douter, parce que c'était tout ce qu'il savait faire, mais Hadès voyait bien quel effet sa présence avait sur les Enfers. Elle rendait le monde des morts un peu plus vivant ; tendre. Et il voyait bien que les morts aussi avaient quelque chose d'apaisé qu'aucun autre n'avait eu auparavant. Elle leur accordait le pardon ; elle réchauffait leurs âmes en peine ; et elle n'avait rien besoin de faire pour ça. Sa présence était suffisante.

Et Hadès, du bout de ses doigts, vint chercher le contact avec le poignet de son épouse, dans l'espoir qu'elle ne le repousse.

« Je n'ai pas voulu te brusquer. »

C'était raté.
Ce n'étaient pas des excuses ; mais c'était déjà mieux que rien.

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Re: sourd aux fracas // perséphone | Mar 20 Fév 2018, 13:01


••• SOURD AUX FRACAS
PERSÉPHONE X HADÈS

L'angoisse d'avoir mal fait et de s'être encore sentie un instant trop vaniteuse l'envahit pendant une fraction de seconde, lui arrachant un frisson d'horreur qui fut immédiatement calmé par l'autre part d'elle-même, qui chantait ses louanges lorsqu'elle créait une brèche dans la carapace du maître de ces lieux.

Elle ne s'était jamais réellement sentie à sa place, ni ici ni nulle-part ailleurs. Perséphone avait trouvé le confort à la lisière des deux mondes, et ni les mots de sa chère mère, ni ceux de son tendre souverain -aussi rares fussent-ils- n'y changeraient jamais rien. Une part d'elle-même aurait aimé le rassurer, lui faire savoir qu'elle appréciait son soutien ; mais l'autre -celle qui dominait ici bas- qui ressemblait plus à son prince, lui adressa seulement un regard orgueilleux qui disait qu'elle savait déjà.

Perséphone avait appris à son insu que les Enfers étaient une entité qui fonctionnait au gré des humeurs de son maître, de la même façon que la Terre réagissait selon celles de sa mère. Et elle avait pris conscience de son emprise sur les deux entités, la place qu'elle avait sur leur équilibre et la responsabilité qui pèserait sur ses épaules si par mégarde elle se laissait distraire par ses desseins personnels.

Elle le voyait, quand l'air était moins frais chaque fois que ses yeux se posaient sur elle. Quand, comme cette fois, il posait une main sur elle et qu'elle ne se dérobait pas immédiatement. Dans un geste spontané, la déesse posa à son tour sa main libre sur la sienne. L'échange dura un instant, à peine, avant qu'elle ne lève la tête pour croiser son regard qui ne semblait jamais la quitter.

Je tâcherai de faire plus attention. »

Perséphone baissa les yeux vers leurs mains entremêlées et finit par rompre leur contact, comme si le contact prolongé lui brûlait les mains. La respiration saccadée, elle ferma les yeux et ses traits se déformèrent imperceptiblement de douleur, l'empreinte de son combat intérieur entre les deux parties d'elle-même. Elle finit par les rouvrir et planta à nouveau son regard dans celui d'Hadès.

Je serai dans mon jardin, si tu as besoin de me voir. »

Elle esquissa une révérence avant de s'en aller sans lui adresser un seul regard. Dans les couloirs, elle sentait un regard dans son dos qui était celui des morts -et non pas de leur roi- qui attendaient une faiblesse de sa part, une excuse pour expliquer à leur roi que la clémence n'avait pas sa place ici bas.


Le Jardin de la reine était impénétrable, le seul endroit où les morts n'avaient pas leur place. Il avait été construit pour elle, selon ses moindres désirs, et était le reflet de sa propriétaire -ni appartenant au monde des vivants, ni à celui des morts. La simplicité du drapé blanc qui couvrait le minimum de son corps, ses pieds nus et sa longue chevelure argent cascadant le long de son dos, Perséphone n'était ni reine ni déesse en ces lieux. Assise sur le rebord de la fontaine, elle observait son reflet dans l'eau sans réllement se voir, les pensée ni ici ni ailleurs.

Une brise fraîche se fit sentir, annonçant l'arrivée d'un invité. Elle avait attendu sa venue sans savoir quand il se montrerait, simplement qu'il allait le faire. La porte était restée ouverte pour lui, et son imposante silhouette sombre se dessina entre les feuillages épais, jurant avec la clarté des lieux, tout en y apportant une curieuse harmonie. Perséphone resta assise sur le rebord en marbre, et ses pupilles lumieuses allèrent chercher les onyx de son époux à la seconde où il entra dans son champ de vision.

Le Jardin avait sûrement changé depuis la dernière visite d'Hadès, mais Perséphone elle ne voyait le changement que lorsqu'elle y prêtait réellement attention. Au pied des arbres, les troncs avaient noirci à vue d'oeil et le motif semblait se propager lentement, laissant encore du répit aux branchages qui luttaient pour garder leurs couleurs comme pour lui offrir une dernière vision agréable avant son départ.

Je crois qu'elles sentent que je vais partir. »

Ne le sens-tu pas, toi aussi ?



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Re: sourd aux fracas // perséphone | Mer 21 Fév 2018, 15:29

— sourd aux fracas // perséphone
« — Je serai dans mon jardin, si tu as besoin de me voir. »

Il acquiesça d'un léger mais sec mouvement de tête, et son regard accompagna ses pas jusqu'à ce qu'elle disparaisse de l'autre côté des portes de la pièce. Et tout à coup il se sentit seul, au milieu de l'immensité de son règne ; seul comme il avait toujours été, sans jamais en souffrir. Il ne sut dire combien de temps il avait passé ainsi, à errer en son propre royaume, accordant un regard sans tendresse aux morts qui hurlaient, noyés dans les fleuves.

Quelque chose en Hadès était en train de dépérir, faner ; et ainsi appelé par la cause directe de son mal, il s'était rendu au jardin de sa reine, où elle l'avait pratiquement invité. Il était resté silencieux, le regard neutre détaillant la morosité naissante du seul lieu vivant en son domaine. Hadès aurait aimé se persuader qu'il s'agissait de l'automne, mais il n'y avait que Perséphone pour diriger les saisons en son jardin ; l'automne, les feuilles ne devenaient pas noires et ne tombaient pas en poussière.
Les saisons n'étaient plus rythmées que par ses allers et venues. Et Hadès n'avait pas vraiment la main verte.

Il s'était approché, d'un pas lent et lourd, et dès qu'il fut en mesure de le faire, il planta son regard dans le sien. Il tenta de discerner les émotions qui se débattaient au travers de ses iris ; chercha quelque part au fond de ses pupilles quelques remords ou appréhensions. Mais Perséphone lui était un mystère qu'il n'avait jamais vraiment réussi à percer, à peine à effleurer.
Que penses-tu ? Qu'est-ce qui se trame sous ton crâne ?

« —Je crois qu'elles sentent que je vais partir. »

Il rompit le contact visuel, contemplant la mort lente des êtres qui pourrissaient autour d'eux. Ils se figeaient, petit à petit, dans une stase qu'ils ne quitteraient qu'une fois l'hiver installé. Hadès ferma les yeux, et constata avec dédain qu'il n'y avait pas la moindre chaleur en lui ; pas la moindre tendresse pour l'univers qui s'éteignait tout près.

« — Probablement. »

Avant qu'elle n'arrive, il n'y avait jamais eu de plantes en ces terres. Avant qu'elle n'arrive, il n'avait jamais trouvé nécessaire de faire installer un soleil ou la moindre lumière. Et pour la première fois depuis des années, il se sentit concerné par le gel qui semblait s'installer ; responsable des fleurs fanées et des feuilles flétries. Il n'avait jamais considéré que la mort était cruelle, mais à voir toute cette vie moisir, il sentit quelque chose faiblir en lui.

Les Enfers ne faisaient qu'obéir aux fracas de ses émotions ; et ainsi, ils n'avaient jamais été aussi désolés.

« — Tu n'es pas obligée de partir. »

S'agissait-il d'une demande ? Même lui n'aurait su l'exprimer.
Mais il était naïf – égoïste – de croire qu'elle resterait en son antre pourrie, plutôt que de rejoindre le Soleil et les Vivants, sa Mère et les Autres.
Hadès n'avait jamais ressenti le besoin de compagnie. La solitude lui seyait très bien, mais c'était avant qu'elle ne le hante.
Et annonçant la fin de l'hiver, le jardin pleura sa reine.

« — J'imagine que plus rien ne te retient ici. »

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Re: sourd aux fracas // perséphone | Ven 23 Fév 2018, 12:46


••• SOURD AUX FRACAS
PERSÉPHONE X HADÈS

L'était-elle ? Perséphone baissa les yeux vers les parterres de fleurs, essayant de se rappeler ce que cela faisait que de les sentir grandir, plutôt que les sentir mourir.

Ma mère a besoin de moi. »

Elle se leva, ses pieds nus foulant la pierre froide qui pavait la fontaine au bord de laquelle elle était penchée. Rien ne la retenait en ces lieux et pourtant elle n'avait pas le cœur à partir. Pas encore, pas tout de suite. Comme à chaque fois, elle aurait aimé laisser mourir une part d'elle-même pour rester encore, ne pas partir entièrement.

Les hommes... » Perséphone se pencha pour ramasser une fleur tombée de son arbre, au-dessus d'eux. « ... en colonisant la terre, ont déréglé les saisons. »

Les dieux avaient craint à une époque que leur création ne les dépasse un jour, et maintenant que ce jour était plus proche encore, c'étaient les divinités touchées en premier qui en faisaient les frais. Les divinités comme sa chère Mère, qui subissaient directement les effets de la folie des grandeur qui animait depuis toujours la race humaine, qui défiait sans cesse les dieux à mesure que leur pouvoir grandissait.

Quelle genre de fille ferais-je si je la laissais seule pour réparer leurs erreurs ? »

Cette fois ce fut à Perséphone de poser une main sur celle de son époux. Elle y déposa la fleur qui dépérissait, privée de la vie lorsqu'elle avait été arrachée à sa mère.

J'ignore quand nous nous reverrons. »

L'arrivée de l'hiver prochain était repoussée un peu plus chaque année, et elle craignait que ses jours en Enfers soient désormais comptés.



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Re: sourd aux fracas // perséphone | Lun 26 Mar 2018, 23:19

— sourd aux fracas // perséphone
Il en aurait presque ri, Hadès. Déméter le hantait même dans ses conversations avec son épouse ; elle planait au-dessus de sa tête comme une épée de Damoclès, elle lui rappelait qu'il avait fauté et que le blâme le poursuivrait ; elle lui rappelait sans cesse que Perséphone était sa fille avant d'être sa femme. Avait-elle vraiment besoin d'elle ? N'était-elle pas assez grande pour se débrouiller sans l'appui de son enfant ? Hadès avait en horreur cette dépendance qui reliait sa sœur à sa progéniture, comme si elle était une partie d'elle-même, incapable de s'en défaire.  Elle le pourrissait.

Quel genre de filles laissait sa mère se débrouiller seule ? Ne s'était-il jamais demandé si l'amour qui les liait était plus fort que les liens de leur sang ? L'amour avait des significations contraires, dans l'esprit du Dieu des enfers, et son intelligence émotionnelle avait atteint des paliers si bas qu'il n'était plus certain de pouvoir la comprendre.
L'avait-il jamais comprise ?

« Ça ferait de toi une fille libre. Et d'elle une femme indépendante. »

Hadès était en colère, autant contre lui que contre Déméter. Il l'entendait encore hurler sous son crâne, il l'entendait encore lui reprocher son mariage, malgré les années accomplies. Avait-il été un si mauvais mari ?
Il était absurde de croire que non. Pourtant, il voulait se persuader qu'il n'avait pas été si horrible. Il voulait se persuader qu'il avait fait des progrès, des efforts ; pour lui offrir une certaine forme de confort. Il voulait croire qu'elle avait trouvé en ses lieux un foyer plus qu'une prison.
Se fourvoyait-il complètement ?

« Aux prochains flocons, comme toujours. »

Et les premiers flocons étaient toujours trop longs à venir.

« Ou plus tôt, si tu le décides. »

Il n'avait jamais empiété sur le temps qu'elle passait à la surface, mais il ne lui avait jamais été interdit de la voir ; il estimait simplement qu'elle ne voudrait pas, et avait refusé d'essuyer un échec.
C'était pour ça, qu'il l'avait enlevée plutôt que de lui demander ; c'était pour ça, qu'il l'avait trompée plutôt que de lui dire ; Hadès était trop fier pour risquer d'échouer.
Et au final, il avait le sentiment d'avoir tout raté.

StaffienneSouveraine des Enfers

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Perséphone
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J'ai traversé le portail depuis le : 05/11/2017 et on me connaît sous le nom de : MISS AMAZING. Mon nom est : Perséphone Actuellement je suis : souveraine des Enfers, par mariage avec Hadès. Il paraît que je ressemble à : Daenerys Targaryen et à ce propos, j'aimerais remercier : meh
Re: sourd aux fracas // perséphone | Mar 27 Mar 2018, 22:21


••• SOURD AUX FRACAS
PERSÉPHONE X HADÈS

Elle baissa les yeux et l'ombre d'un sourire passa sur ses lèvres. On lui avait toujours dit que personne ne comprendrait le lien qui l'unissait à sa mère -aucun d'entre eux, les dieux, ne comprendraient ce qu'était que d'avoir un parent aimant. Ils avaient tous grandi seuls, dépourvus de la moindre affection parentale, comment pourraient-ils comprendre ?

Serais-je ici si j'avais envie d'être libre ? »

Parfois, elle rassemblait suffisamment de courage pour se faire entendre. Malgré sa voix qui tremblait à l'idée de s'attirer le courroux de son époux -ou était-ce dû à la tristesse qu'elle éprouvait à l'idée de lui faire du mal ?

Peut-être qu'il aurait fallu que les choses se passent autrement. »

Vraiment, Perséphone ? Est-ce qu'elle regrettait les événements qui les avaient liés ? Leur rencontre, leur histoire, leur passé, et le présent vers lequel cela les avaient conduits ? Changerait-elle une chose si on lui en donnait le pouvoir ?

Pourquoi ne viens-tu jamais me voir, comme tu l'as fait la première fois ? »

Perséphone ne lui en voulait pas -elle ne lui en voulait pour rien, ou si c'était le cas, elle finissait toujours par lui accorder son pardon. C'était comme cela qu'elle était faite, la fille de la vie, qui était tombée amoureuse de la mort.



YOU SPEAK WORDS THAT
DRIP WITH HONEY
BUT YOU INTENTIONS ARE
COLD AS WINTER
SWEET PERSEPHONE
THE YOUTHFUL GODDESS OF SPRING




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