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 wish you sweet dreams

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Demi-Divinité fille d'Aphrodite & Ange

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Shu-Fang «Jodie» Zhou
Demi-Divinité fille d'Aphrodite & Ange
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J'ai traversé le portail depuis le : 03/05/2015 et on me connaît sous le nom de : Pizza. Mon nom est : Shu-Fang Zhou. Actuellement je suis : en deuil. Il paraît que je ressemble à : Reisen Udongein Inaba (Touhou) et Asseylum Vers Allusia (AZ) irl - Kim Taeyeon et à ce propos, j'aimerais remercier : Yen (Alice)(cs ozodie) ♥
wish you sweet dreams | Mer 16 Mar 2016, 18:26

Good night, Sweetie


C'est vrai qu'il faisait beau, ce jour-là. On te l'avait dit plusieurs fois dans la journée, comme si c'était important de faire remarquer qu'il y avait du soleil. Tu aimais bien le soleil mais tu aimais la pluie, le vent, et la neige, aussi. Pourtant, tout le monde trouvait ça si heureux, cette lumière rayonnante. Ciel aussi, ce matin, n'avait rien trouvé de mieux que de parler de la météo. Tous ces gens avaient l'air de s'ennuyer terriblement, si leur sujet de conversation le plus récurrent était de se plaindre ou de s'extasier à propos du climat. Depuis les quelques jours que tu avais passés à l'école, tu avais appris bien des choses. Mais tu ne savais toujours pas comment être normale. Et si tu en croyais les mots de Oz à propos de Rhéa, tu imaginais fort bien qu'il était mal vu d'être dans cette catégorie de gens qu'il qualifiait de bizarres. Alors tu essayais, de toutes tes forces, de les comprendre. Aujourd'hui aussi, tu avais essayé de comprendre pourquoi est-ce que leur humeur était aussi relative à la météo. Tu sortais des cours avec cette idée en tête qui te remuait les pensées. Ce que c'était compliqué. En te retournant vivement, tu apercevais au loin Felix et une autre tête blonde que tu n'avais jamais vue auparavant. Ils montaient dans leur voiture, sûrement. Tu ne t'étais toujours pas correctement excusée auprès de lui. Tu serres les dents, un goût amer au fond de la gorge. Tu baisses la tête lorsque la voiture démarre. Tu espérais qu'il ne te voit pas, plantée là, toute seule sur le trottoir. Tu avais peut-être l'air bête et tu ne voulais pas qu'il pense que tu l'étais. Lorsque la voiture te dépasse, tu relèves les yeux. Il sera toujours temps de s'excuser demain.

La voiture de Ciel s'arrête devant toi et te klaxonne, te faisant revenir à toi. Un maigre sourire se dessine au bord de tes lèvres, comme rassurée de retourner les pieds sur terre. Mais lorsque tu ouvres la porte, prête à t'asseoir à l'arrière, des crissements de roues te font sursauter, un peu plus loin. Au carrefour, un camion enfonçait la voiture qui était passée devant toi quelques secondes auparavant. Ciel jure et sort de la voiture, alarmé par le choc.

Tu ris. Ton regard fixe, les lèvres tremblantes, le corps figé. Ta respiration est courte, mais tu ris, d'un rire nerveux, sourd. Tu t'étouffes. Cette voiture, tu avais du rêver, pas vrai ? Il t'attendait sûrement derrière, son cartable sur le dos et te regarderait avec toute sa rancune dans les yeux. Sauf que lorsque tu regardes derrière toi, tu ne vois que des regards effrayés et des bouches ouvertes. Tes articulations sont douloureuses, tu avances, rapidement, comme à peine sortie de ta torpeur. Tu finis par courir, sur tes petites jambes frêles, t'approchant comme tu pouvais. Tu te faufiles dans le cercle qui s'était créé. Ton regard parcourt vaguement la scène, mais tu ne reconnaissais rien ni personne à travers tous les carreaux brisés. La voiture s'était retournée et le toit était écrasé. Lorsque tu avances, tu entends Ciel t'appeler, un peu plus loin. Tu t'agenouilles devant la voiture, le dos courbé, le regard désespéré. Lorsque tu passes la main au travers des débris de vitre, tu arrives à effleurer sa joue, du bout des doigts. Ses yeux sont fermés et sur son visage restait gravée une expression triste. Un souffle t'échappe et tu t'effondres. Il ne respirait plus. Tu fondais sur toi-même, un cri étouffant au fond de ta gorge. Ta poitrine était si douloureuse que tu imaginais ton cœur en train d'imploser à l'intérieur.

« Tu ne peux pas mourir, pas vrai ? Tu avais promis qu'on jouerait encore, toi et moi.. »

Ciel qui avait finit sa traversée de la foule finit par t'attraper et t'éloigner de là. Et pendant que tu hurlais, tes gémissements hystériques finissaient de lui détruire les tympans. Tu te débattais, prête à courir rejoindre Felix. Mais rien à faire, en quelques secondes tu te retrouves à l'arrière de la voiture, recroquevillée contre la fenêtre, ton regard paniqué cherchant désespérément la silhouette du blond qui ressortirait indemne de l'accident. Au lieu de quoi, les ambulanciers se dépêchaient autour de la voiture sans emmener qui que ce soit. Il n'y avait plus rien à sauver. Ciel n'avait pas dit un mot. Peut-être n'avait-il rien trouvé de plus pertinent que le soleil, encore une fois. Il n'avait jamais vraiment trouvé les mots pour t'adoucir, de toutes façons. Pourtant, son silence était différent, cette fois.

Lorsque la voiture s'arrête, tu en sors, le dos courbé et les pieds traînant ton corps avec bien peu d'entrain. Il t'était si difficile de te porter qu'après quelques mètres, tu finis par t'arrêter et tendis les bras à Ciel, qui te prit dans les siens. Tes pleurs s'étaient faits plus discrets, plus fermés, étouffés et tu commençais à hoqueter. Tu t'enfermas dans ta chambre, fourrée dans tes couvertures, à attendre que le temps passe et t'emporte pour le rejoindre. Tu comptais les secondes, les unes après les autres, pour te rassurer de ne pas faire du surplace dans le cours de ta vie. Et pourtant, tu restais immobile. Lorsque quelqu'un toque à la porte, tu te brusques, tournant la tête vers l'entrée de ta chambre. Ciel entre. Sa voix te semble un murmure, il est beaucoup plus doux que d'habitude. Mais tu n'avais pas faim ce soir et tu n'avais pas envie d'aller les rejoindre à la table. Alors il referme la porte, le regard baissé, un chuchotement incompréhensible soufflant au bord de ses lèvres.

Lorsque le soleil se lève, tu es toujours à la même place. Le temps passait mais tu restais bel et bien figée dans le cours de ta vie. Comme si le seul motif qui t'avait fait te lever chaque matin était cette unique nuit où tu avais joué à la marelle au monstre avec lui. Parce que son sourire avait été le premier qui t'avait été adressé en toute sincérité, parce que ses yeux brillaient pour toi et ses joues devenaient roses lorsque tu riais. Dire que tu avais osé le pointer du doigt. Dire que tu n'avais jamais pu t'excuser. Il était toujours temps de s'excuser demain, que tu t'étais dit. Il était toujours temps de le pleurer la veille, aussi. Tu te plonges dans le silence. Tu te sentais en sécurité, dans le silence. Là, il n'y avait personne pour te voir pleurer. Il n'y avait personne pour te rendre coupable. A part ta propre conscience.

La nuit suivante, tu restes figée longtemps avant de te décider à te lever, alors que la lune brillait encore. Tu traînes des pieds contre le parquet et te dirige vers la chambre de Monsieur. Tu t'approches, mais quelque chose cloche. Tu fronces les sourcils, le regard détaillant son corps trop immobile. Le chat n'est pas là non plus. Tu aurais pourtant imaginé qu'il lui tiendrait compagnie, comme chaque nuit. Mais cette fois, il sort d'en-dessous de son armoire à vêtements, se dépêchant vers toi, se frottant à tes jambes. Tu te baisses, l'attrapes et le prends dans tes bras. Tu tends une main vers Monsieur. Mais sa poitrine ne faisait aucun mouvement, ses poumons faisaient-ils grève ? Tu papillonnes des yeux et crie le nom de Ciel, qui après cinq minutes, arrive en peignoir. Il fronce les sourcils d'abord puis se fige devant ta mine effondrée.

Un quart d'heure plus tard, l'ambulance arrive. Et trois jours après, tu es habillée de noir pour te rendre à la cérémonie. Tu ne savais pas ce qui était le plus difficile. Devoir parler de lui en pensant à Felix ou devoir prétendre pleurer sa mort plutôt que ta peine. Tu te sentais flotter dans un monde que tu ne connaissais plus, dans ta vie que tu ne voulais plus vivre. S'ils t'avaient tous abandonnée, tu t'abandonnais toi aussi. Il n'y avait presque personne. Toi, Ciel, un chat, et quelques vieux amis à Monsieur, certainement. A peine une dizaine de personnes étaient présentes. N'avaient-ils donc que si peu d'amis ? Tu avais fini par quitter la cérémonie. Tu avais bien assez avec ta douleur que pour supporter les autres exprimer la leur. Tu ne voulais pas faire semblant de comprendre leur tristesse quand ils n'étaient pas fichus de connaître la tienne.

Tu étais partie, loin, sur la falaise que tu avais l'habitude de grimper pour observer l'horizon. Ça t'apaisait. Ça te faisait te sentir moins seule, parce que c'était le seul endroit où tu pouvais t'écouter. Le vent dans les cheveux berçait ton souffle. Tu n'arrivais plus à pleurer. Tu aurais voulu t’apitoyer, pouvoir te blottir contre quelqu'un qui pourrait t'aider. Tu aurais tant voulu un ami, maintenant. Tu lèves la tête. Peut-être qu'il t'entendait, de là-haut ? Un maigre sourire se dessine sur tes lèvres alors que ta vue se floue dans tes larmes, encore et encore.

Des bruits de pas derrière toi t'extirpent de tes pensées. Tu te relèves, te retournes et aperçois Ciel qui s'approche. Tu te détends alors, le regard bas, comme honteuse de pleurer encore. Tu avais toujours voulu être forte. D'ailleurs, tu pensais l'être devenue un peu plus, mais tu t'étais probablement trompée. Ciel utilisait toujours des mots compliqués, mais ceux-ci, tu avais peur de trop bien les comprendre. Ses mains s'étaient déposées sur tes épaules et ton regard s'était planté dans le sien. C'était facile d'assassiner un vieux monsieur pour son héritage. Tes yeux brillent d'une lumière qui n'avait jamais été aussi intense. Tes pouvoirs se révélaient peut-être efficaces, mais inutiles dans la situation. Parce que peu importe s'il t'aimait de tout son cœur, il aimait beaucoup plus l'argent. Alors un dernier murmure parcourait ses lèvres avant que tu chutes dans le vide.

« Je t'aime, Jodie. »

Ton dos heurte les rochers, ta colonne vertébrale se craque et tu n'as pas le temps de hurler que tu perds pieds. Et ta dernière pensée aura été pour une tête blonde à qui tu aurais voulu dire exactement ces mêmes mots.

Je t'aime, Felix.



 
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