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 it starts and ends with you. ❞ (naonoah)

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it starts and ends with you. ❞ (naonoah) | Dim 16 Juil 2017, 14:39

{It starts and ends with you.
Noah & Naomiie

« he misses her harder every day »
Une chose, simple. Admets-le.

Il était devenu intolérant au sang qui ne venait plus directement de la veine. Le sang animal avait un goût qu'il ne supportait plus et il vomissait toutes les pillules synthétiques qu'il avait trouvées sur le marché. Et il en avait essayé tellement qu'il avait fini par mettre sa santé à mal.


Mais ironie du sort, il avait fini par s'y faire.
Il avait fini par se dire que, peut-être, il n'était pas fait pour être végétarien. Que toutes ces années, il avait perdu son temps à se faire passer pour ce qu'il n'était pas. Finalement, ça n'avait été qu'une façon de faire croire à son entourage qu'il pouvait vivre à proximité d'eux sans qu'ils n'aient à craindre quoi que ce soit de lui. Mais c'était parce que sa mère l'avait élevé comme ça.
Sa nature, elle, était différente.

Il y avait eu un avant, puis il y avait eu un après. Mais l'un était dans la continuité de l'autre. Maman lui avait appris à ne pas faire de mal aux gens alors une fois devenu grand, Noah était devenu un adulte qui savait contrôler sa soif.
Et puis il avait rencontré les mauvaises personnes une fois que sa mère ne fut plus là pour lui rappeler qu'il y avait du bon dans le monde. L'amertume de l'adolescence, le sentiment de ne pas avoir sa place dans le monde et celui ne pas avoir droit au bonheur infini le poussèrent à maudire le monde dans lequel il vivait. Alors il se laissa -pour la première fois- tenter par la soif de sang.
Et ce fut un carnage.

Un carnage qui dura si longtemps qu'il finit par perdre ce qui lui restait d'humanité. Il eut un semblant d'espoir quand son frère revint après des années d'absence, mais une fois une routine installée, le naturel revint au galop.
C'est à ce moment-là -cet instant précis- que sa route croisa la sienne.

Elle n'avait rien à faire là, contrairement à lui. Elle n'avait pas sa place là-bas -ni dans sa vie, d'ailleurs, mais c'était un autre débat, qu'il ne cesserait jamais d'avoir avec lui-même. Mais elle s'était approchée, elle avait surmonté la peur et le dégoût que tu inspirais. Et elle t'avait montré.

Montré ce que le jour pouvait faire à la nuit.

Mais dès l'instant où elle t'avait touché, tu avais su que tu ne la méritais pas, et que tu ne l'aurais jamais méritée. Elle t'avait prouvé que les plus belles choses que les dieux avaient créées n'étaient pas pour toi. Que même quand il pensait avoir droit à un peu de rédemption, quelqu'un là-haut venait lui rappeler que non, un monstre reste un monstre.

Retour à la case départ.

Il déposa les fleurs rouges à côté de celles que quelqu'un d'autre avait déjà déposées avant lui, et ramassa les fleurs fanées. La pierre tombale en marbre blanc, que Lei et lui avaient choisi et financée demeurait la plus propre de toutes celles qui étaient déjà là, noircies par l'oubli. Il s'était juré de ne jamais laisser de traces noires sur la pierre blanche, aussi longtemps qu'il allait encore vivre.

Si elle savait tout ce qu'il était prêt à sacrifier pour qu'elle revienne.

Le chemin du retour était le plus difficile. Chaque jour, de nouvelles questions venaient le hanter. Des « et si ? » qui resteraient à jamais sans réponse. Et si j'avais été plus rapide ? Et si je ne l'avais jamais rencontrée ? Et si je l'avais rencontrée avant ? Et si c'était moi, avant lui ?

Il n'avait pas remarqué le bouquet de fleurs fanées qu'il avait oublié de jeter sur le chemin. Mais quand il arrive devant chez lui, la stupéfaction lui fait lâcher les coquelicots dessechés qui tenaient à peine dans sa paume.

De longs cheveux blancs qui dansent au gré du vent.

Admets-le. Que t'étais fou amoureux.
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Re: it starts and ends with you. ❞ (naonoah) | Jeu 20 Juil 2017, 17:22

{It starts and ends with you.
Noah & Naomiie

« AT HEAVEN’S FALL THE ANGEL CRIED »
Il est inutile que je décrive les sentiments qu’éprouvent ceux dont les liens les plus chers sont ainsi rompus par le plus irrémédiable de tous les maux, le vide qui s’empare de l’âme et le désespoir qui trahit le visage. Bien long, en vérité, est le temps qui lentement s’écoule avant que l’on ne puisse se résigner à l’idée que jamais l’on ne verra l’être cher que l’on avait chaque jour auprès de soi et dont la vie même était comme une partie de la vôtre. Que l’éclat des yeux aimés se soit terni à jamais et que la voix, si familière et si douce à entendre, se soit tue à jamais.  – MARY SHELLEY, Frankenstein

Les paupières de Naomiie s’entrouvrirent, la lumière venant cueillir dans ses prunelles des éclats azur au travers de ses longs cils noirs et graciles. Elle resta quelques instants ainsi, sans bouger, allongée sur son épaule gauche dans un cocon de plumes blanches qu’elle sentait remuer lentement à chacune de ses respirations. Où était-elle ? Quel jour était-il ? Elle ne trouvait aucun repère temporel dans ses pensées. En fronçant les sourcils légèrement, elle se redressa sur son coude puis se mit à tousser lorsqu’un nuage de poussière blanc lui monta aux narines, la faisant papillonner des cils. Puis, elle ouvrit grand les yeux et observa l’endroit où elle se trouvait. Elle se tenait agenouillée dans un salon sombre, aux fenêtres obstruées à l’extérieur par de larges volets de bois épais ne laissant passer les rayons du soleil que par leurs maigres jointures. La faible lumière qui tombait sur le sol lui permit de reconnaître la forme d’un mobilier familial de bonne qualité qui avait du être magnifique autrefois mais qui avait été abîmé par le passage du temps et l’absence d’habitants plutôt que l’usure.

Les murs étaient tâchés d’humidité et dans chaque recoin des araignées tissaient leurs toiles de leurs longues pattes fines. Dans un angle, une immense cheminée dominait l’espace, et l’on pouvait deviner qu’autrefois les habitants de la demeure y faisaient brûler de grandes flammes chaleureuses, et dont les seuls témoignages à présent étaient les traces noires ternissant ses briques et les cendres grisâtres oubliées dans l’âtre, froides depuis longtemps ; trop longtemps peut-être. Les pieds nus de Naomiie, sur le carrelage, faisaient de petites traces dans la couche de poussière accumulée tandis qu’elle se rapprochait d’un large buffet de bois sombre, où étaient posés des cadres photos aux verres salis. Les mains tremblantes, elle en saisit un entre ses doigts délicatement, puis essuya sa surface d’un revers du pouce. Sous sa fine plaque de verre, lui souriait une famille avec bonheur, deux parents radieux et leur petite fille en robe blanche sagement assise entre eux.

Naomiie resta silencieuse et immobile, les yeux rivés sur ces visages, un sourire vacillant faiblement sur ses lèvres avant qu’un sanglot ne lui échappe. Reposant la photographie sur le meuble, elle se recroquevilla sur elle-même sur le sol poussiéreux, des larmes salées coulant sur ses joues fraîches. Elle se souvenait, à présent. De tout.

Frissonnant sur le sol comme une feuille en automne, elle prit son visage dans ses mains. Depuis combien de temps était-elle partie ? D’ici, de la maison dans laquelle elle avait grandi ? Assez longtemps pour qu’elle ait eu le temps de mûrir de son côté et de laisser l’oubli et la négligence envelopper ce lieu familier. Un volet, à l’étage sûrement, pivota sur ses gonds avec un crissement dramatique avant d’aller frapper la façade avec un bruit sourd, dont les vieilles maisons inhabitées s’emplissent avec le temps. Depuis combien de temps était-elle partie ? D’ici, de la maison dans laquelle elle avait grandi, du monde qu’elle avait vaillamment foulé pendant sa courte vie ?

Retirant ses mains de son visage, Naomiie observa ses paumes lentement, puis la resplendissante paire d’ailes blanches et plumeuses l’entourant, comme le berceau garni de dentelle d’un enfant nouveau-né. Avec douceur, elle passa ses doigts dessus, ces deux nouvelles appendices à son corps qui dans toute leur magnificence céleste traînaient dans la poussière de son passé.

Depuis combien de temps était-elle partie ? Le cœur de Naomiie se serra et ses cils papillonnèrent. Cette journée estivale lui revenait avec une douceur paradoxale. Les jumeaux, la foule, la voiture, l’accident. Aaron. Sa gorge, sèche et serrée, lui fit mal lorsqu’elle ouvrit ses lèvres.

« Je suis revenue de chez les morts… je suis morte et Hadès m’a donné une deuxième chance… »

Tandis que la prise de conscience la frappait pleinement, comme une vague vous prendrait par surprise en vous emportant dans ses bras implacables, une nouvelle douleur s’éveilla en elle en même temps que les évènements précédant son décès lui revenaient avec une précision presque trop fine. Elle était morte mais ses amis, Aaron, Lei, Noah… Ils avaient continué à vivre sans elle. Ils la croyaient morte. Les yeux de Naomiie scintillèrent alors qu’une larme venait se pencher sur le bord de son cil à la pensée des personnes qui lui étaient les plus chères poursuivant leur vie sans elle, atrocement blessés par sa faute…

« Il faut que je les retrouve… Il faut… » Elle se redressa, puis se mit à marcher vers la sortie, ses ailes immenses repliées dans son dos traînant dans la poussière derrière elle. Ses jambes vacillèrent et elle se stoppa dans ses pas.

Pourtant c’était bien sa faute. Elle revoyait ce qui s’était passé comme dans un film accéléré. Elle s’était jetée devant cette voiture. A la vue d’Aaron en danger, elle n’avait pas pu s’en empêcher. Ses jambes s’étaient mues toutes seules. Et elle avait beau s’en vouloir, ils auraient beau lui en vouloir… elle savait qu’elle recommencerait si elle le devait.

Mais tout irait bien à présent… n’est-ce pas ? Elle était revenue à la vie, et Aaron serait là, elle reverrait tout le monde, les choses finiraient par s’arranger… Naomiie avait beau se répéter ces phrases, elles ne faisaient que rebondir sans accroche dans son esprit comme dans une pièce creuse, ne pouvant se détacher d’un sentiment de doute et d’inquiétude grandissant comme une gangrène dans le creux de son ventre. Et elle ne pouvait s’empêcher de penser aux dégâts qu’elle avait dû faire dans leurs vies. Elle pensait à Lei, si sensible, si prompt aux emportements… à peine imaginait-elle la douleur qu’elle pourrait ressentir en perdant l’un d’eux, que son sentiment d’angoisse redoublait. C’était une douleur qui pouvait enlever la raison à quelqu’un. Son ventre se tordit douloureusement lorsqu’elle vit le visage de Noah dans son esprit, son regard si ferme en apparence et pourtant si doux lorsqu’il la regardait. Ses rictus moqueurs qui s’étaient changés en sourires sincères. Les moments passés tous les trois. Le cœur de Naomiie lui faisait mal, et elle se rendit compte à quel point ils leur manquaient. Et elle pensait à Aaron… il se serait torturé l’esprit pendant tout ce temps, prenant tout le tort pour sa mort… Non, elle ne pouvait pas les laisser dans cet état plus longtemps. Elle allait les rejoindre. Et tout allait s’arranger.

Doucement, elle pivota sur elle-même et regarda ce qui était autour d’elle une dernière fois. La maison où elle avait grandi… elle qui pensait l’avoir définitivement laissée dans son passé pour avancer, elle se trompait vraisemblablement. Pourquoi sinon, le portail la ramenant au monde des vivants l’aurait-il menée ici ? Là où elle avait eu les premiers rires et chagrins… là où elle avait été confrontée à la mort et ses ravages pour la première fois. Un lieu si chargé de souvenirs, beaux comme douloureux, qu’elle en avait le cœur lourd. Et ironiquement, en souhaitant continuer à vivre, elle avait quitté sa maison natale lui rappelant trop la mort de ses parents, et c’est en réchappant à la mort qu’elle revenait ici.

Trop de choses la rattachaient encore à cet endroit… Est-ce que l’on pouvait voir là que malgré sa vie qu’elle croyait épanouie, elle n’aurait toujours pas trouvé de lieu aussi significatif dans sa vie que cette maison où elle avait vu ses parents, heureux, pour la dernière fois ?

Elle baissa les yeux et vit quelques paires de chaussures sagement rangées dans l’entrée, rongées par les mites, et ravala son chagrin à grand peine, sentant une bataille qu’elle croyait avoir gagnée depuis longtemps refaire surface avec des échos d’amertume. Peut-être, après tout, n’avait-elle pas surmonté ses pertes. Seule, livrée à elle-même et aux souvenirs, elle avait presque le sentiment que le gouffre béant dans lequel elle avait glissé avant de partir pour Skyworld allait l’engloutir à nouveau. Mais elle ne pouvait pas faillir maintenant. Elle devait revenir annoncer son retour aux autres, réparer ce qu’elle avait brisé en partant, soigner ceux qu’elle avait blessés…

Elle n’avait pas le temps de rester ici pour rouvrir une histoire qu’elle était persuadée avoir close depuis longtemps. Mais à présent elle savait. Elle savait qu’il lui faudrait revenir pour ramasser les morceaux d’elle-même qu’elle y avait laissés.
Naomiie fit deux pas supplémentaires vers la porte et s’arrêta lorsque son regard rencontra le sien, dans le large miroir de l’entrée, où elle aimait s’admirer du haut de ses dix ans. Vêtue d’une robe blanche vaporeuse lui tombant jusqu’aux genoux et épousant sa silhouette, avec ses longues boucles argentées cascadant autour de son joli visage, si pâle en ce jour, jusqu’au bas de son dos, se mêlant aux plumes duveteuses de ses nouvelles ailes attestant du miracle provoqué par les dieux. Naomiie ferma les yeux. Elle allait revenir et tout rentrerait dans l’ordre. Elle était persuadée que tout irait bien. Tout irait bien… n’est-ce pas ?

Un râle s’envola des lèvres de la jeune fille lorsqu’elle entreprit de bouger ses ailes, ou tout du moins de les rétracter, comme elle savait que les anges étaient capables de le faire, mais malgré sa tentative appliquée, elle ne parvint qu’à les refermer contre ses omoplates, l’effort la faisant haleter tant il était pénible. Résignée, elle secoua la tête et regarda droit devant elle. Une nouvelle détermination, peut-être même une forme d’obstination se mit à battre dans ses veines, et lorsqu’elle ouvrit la porte d’entrée à la volée et s’élança à l’extérieur, elle ne se permit aucun regard en arrière.

▽▽▽

Le cœur de Naomiie battait à tout rompre. La température était douce, un léger vent venait jouer avec ses cheveux, mais le soleil était absent du ciel. Il s’était dissimulé derrière une magnifique couverture de nuages, offrant la vue d’un impressionnant camaïeu de gris, allant d’un gris-bleuté léger à un gris sombre presque noir, menaçant, les teintes se superposant dans des volutes crémeux indiquant la pluie à venir. Naomiie avait toujours aimé les cieux contrariés. Elle trouvait qu’ils avaient une histoire à raconter, ils avaient toujours eu le don de lui emplir le cœur d’une douceur indescriptible, un sentiment de chaleur et de bien-être, comme ce sentiment que l’on a quand on est sous sa couverture et que l’on entend des gouttes tomber sur la vitre de sa chambre au-dehors, un jour de repos. Le vent l’avait portée jusqu’aux abords de la forêt, où elle était entrée à pied, ses orteils s’enfonçant dans la terre brune des chemins sylvestres qui l’emmenaient vers un endroit qu’elle considérait comme une seconde maison, mais qui lui paraissait soudain lointain, inatteignable, hors de sa portée. Des pensées ridicules lui traversaient l’esprit. Et si elle était vraiment morte ? Et si elle ne pouvait plus jamais les voir ? Et si elle n’était qu’une ombre, un spectre dans le monde matériel, qui ne pouvait être vu par personne ? Elle secouait toutes ces craintes en continuant sa marche, ne pouvant cependant pas dénouer le nœud qui s’était formé au creux de son ventre. Le chant des corneilles retentissait au-dessus de sa tête comme un chant de bienvenue lugubre. Sa bouche était sèche, et elle se tordait les doigts entre eux. Elle ne réfléchissait pas trop à ce qu’elle allait faire en voyant le premier visage familier qu’elle croiserait. Le sentiment d’urgence qu’elle ressentait la poussait irrésistiblement vers l’avant. Sans réfléchir, elle s’était présentée au pas de la porte des Nevenscheinder, avant même d’aller retrouver son fiancé. Elle ignorait pourquoi, mais son instinct lui dictait que c’était ici qu’elle avait fait le plus de dégâts. Lei et Noah avaient l’air très forts, mais elle savait mieux que quiconque à quel point, au fond, ils pouvaient être fragiles. Elle connaissait Aaron, et aussi terrible que cela puisse être, elle savait qu’il aurait mieux géré sa mort que les jumeaux. Ou alors c’était autre chose qui l’avait poussée là. Peu importe. A présent, elle se trouvait sur le perron de cette si jolie et grande maison, où elle avait construit tant avec deux personnes qu’elle aimait plus que tout. Elle resta là, immobile, à regarder la porte d’entrée, sans rien faire, sans rien dire, dans un silence parfait. On ne pouvait entendre que le vent qui ébouriffait les grandes ramures des arbres, et les cris des corneilles, dans le lointain, comme un augure envoyé par les cieux. Elle n’arrivait pas à faire un pas de plus. A plusieurs reprises, elle ouvrit la bouche comme pour dire quelque chose, mais la referma la seconde suivante. Elle se sentait étrangement vide.

C’est à ce moment là qu’elle l’entendit.

Un bruit de pas, interrompu brusquement derrière elle. Le son de quelque chose de léger qui tombe par terre. Puis un silence plus lourd que le monde. Naomiie souleva légèrement ses ailes à l’aide de ses bras, pour éviter de les blesser sur le sol, leur bout touchant la pierre à ses pieds. Puis, le cœur battant si fort qu’elle n’entendait plus que lui, elle pivota sur elle-même, ses longs cheveux tombant sur son épaule avec douceur tandis que ses grands yeux bleus tombaient sur une silhouette qui était à quelques mètres d’elle. Les mèches blanches qui dansaient devant son visage voilèrent sa vue un instant, avant que le vent ne les laisse retomber dans le creux de son cou. Le temps était comme figé, l’immobilité des deux individus qui se tenaient là était si complète qu’on aurait pu les croire changés en pierre, dans cet échange incrédule de mille émotions portées par leurs regards vrillés l’un dans l’autre. Naomiie ne pouvait rien dire. Elle voyait ce visage, ce visage qu’elle connaissait par cœur, si beau et pourtant si triste, les traits bien plus tirés qu’elle ne les avait connus dans la période précédant sa mort, le regard assombri par des cernes inquiétantes, en cet instant abasourdi. On aurait dit le regard d’un homme qui voyait un fantôme au pied de son lit. La jeune fille pouvait sentir l’arrière de ses yeux la brûler, une boule grandissant dans sa gorge douloureusement tandis qu’elle parcourait le visage du jeune homme de ses yeux et qu’elle prenait conscience des souffrances qu’il avait dû traverser. Son apparence lui rappelait celle qu’il avait eue cette nuit là, quand ils s’étaient rencontrés pour la première fois. Il y avait quelque chose de dur qui transparaissait dans sa manière de se tenir, dans ses yeux écarlates, qui était caractéristique de ce Noah, le jeune vampire brisé, violent, baigné dans sa propre dérision, qui avait déchiré de ses propres mains deux hommes dans une ruelle sale une nuit de pleine lune. Ce Noah que Naomiie avait tout fait pour guérir, et qu’elle revoyait devant elle, comme un écho à sa propre mort ; comme pour lui rappeler qu’elle n’avait pas été là pour laver le sang de ses mains tremblantes, qu’elle n’avait pas été là pour lui caresser le front d’une façon maternelle, qu’elle n’avait pas été là pour le faire rire, presque surpris lui-même d’être là, assis à côté d’elle, en train de l’écouter raconter ses petites histoires de jeune fille insouciante. En mourant, elle l’avait précipité à nouveau dans un mode de vie qu’elle avait elle-même complètement oublié. Et au fond d’elle, elle sentait son cœur se briser en voyant les dégâts qu’elle avait pu lui faire, à lui, qu’elle croyait si indépendant, et qui montrait au monde entier à quel point rien ne l’atteignait jamais. Mais ce n’était probablement pas vrai. Ce n’était peut-être qu’un gros mensonge. Peut-être même aussi gros que le mensonge que se racontait Naomiie quand elle se disait qu’elle pourrait tout arranger en revenant, en essayant d’ignorer ce qu’elle savait pourtant très bien. Personne ne peut oublier ce que nous fait la mort de quelqu’un qui nous est indispensable. Elle en était la preuve. Ses mains se mirent à trembler, et elle fit un pas un avant, un pas à la fois trop rapide et trop lent.

« Noah… »

Sa voix semblait se répéter en échos dans les arbres de la forêt, comme le murmure d’une amoureuse chantonnant, assise dans les fleurs de la grande plaine en été, porté par le vent jusqu’aux oreilles d’un anonyme passant par là. Comme dire l’indicible ? Comment expliquer l’incroyable ? Les mots manquaient à Naomiie pour exprimer ce qui était pourtant la vérité. Elle entrouvrit les lèvres, les yeux sur ceux de Noah, leurs coins embués de larmes qu’elle arrivait à peine à retenir, lorsqu’elle prononça les mots suivants d’une voix serrée par l’émotion, qui se cassa sur la dernière syllabe.

« Je suis vivante. »
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- MEMENTO MORI -
MY DEAR CHILD, REMEMBER THAT DEATH WILL COME FOR YOU.


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Re: it starts and ends with you. ❞ (naonoah) | Jeu 14 Sep 2017, 13:25

{It starts and ends with you.
Noah & Naomiie

« the voice I hear inside my head »
Il lève une main tremblante, incapable de la poser sur la peau laiteuse, de peur qu'elle ne passe au travers du spectre, qu'elle ne lui rappelle ce qu'il avait perdu, ce qui n'était plus.
Il peine à respirer, Noah, quand elle commence à parler. Il craint que son esprit ne dégénère, comme il n'a cessé de le faire depuis le jour fatidique où il a perdu tellement. Il secoue la tête, et prend son crâne entre ses mains. Il ferme les yeux et fais un pas en arrière, il a envie de hurler mais il a peur -peur de l'effrayer elle, même si elle n'est qu'un rêve. Alors il se tait, il ravale ses larmes et il rouvre les yeux, dans l'espoir de ne plus la voir.
Mais elle se tient là, et parvient peut lire cette expression particulière qu'elle a dans les yeux, parce qu'il l'a déjà vue. Il a déjà vue Naomiie avoir peur -mais jamais peur de lui, toujours peur pour lui.

Puis une légère brise se met à souffler, soulevant les longs cheveux blancs qui viennent caresser le doux visage à sa place, remplissant l'air de douces effluves oubliées. « Je suis vivante. » Les mots se répètent dans ta tête, et ils sont si réels qu'il se demande pourquoi est-ce qu'il n'arrive pas à y croire. Pourquoi est ce que cette fois serait différente des autres fois. Pourquoi est-ce qu'il continuait à s'accrocher à l'espoir qu'elle revienne alors qu'il n'y avait aucune raison que le grand Hadès soit clément avec lui.

Noah s'approche et garde le silence. Il attend. Il attend qu'elle disparaisse, ou il attend de se réveiller. Mais rien ne vient, alors il se penche, réduit la distance qu'il y a entre eux, et ferme les yeux. Sa joue frôle la sienne, et le temps semble reprendre son cours, pour la première fois depuis ce qui semblait être une éternité. Il prend ses petites mains gelées dans les siennes, brûlantes et moites, et les porte à ses lèvres pour y déposer un baiser.

« Merci. »

— X —

Il l'avait ensuite reconduite à l'intérieur, en silence, incapable de dire un mot. Et même s'il aurait voulu, qu'aurait-il pu lui dire ? Il ne parvenait pas à trouver les mots adéquats pour exprimer les sentiments qui l'habitaient, alors il s'était contenté de ne rien dire. Il l'avait aidée à passer la porte sans se blesser -elle n'avait aucun contrôle sur les grandes ailes qui traînaient derrière son dos- et l'avait conduite jusqu'au salon, où elle s'était installée dans le canapé.

« Je vais te faire un chocolat, attends moi là. »

Et il s'en va, la laisse seule dans le salon. Il se sert de son pouvoir pour accélérer la cuisson du lait et revient au bout de cinq minutes, avec une grande tasse fumante qu'il dépose sur ses genoux. Et il s'asseoit, par terre, en face d'elle, et tend la main au cas où elle aurait besoin de s'accrocher à quelque chose.
Même s'il n'était pas certain d'être plus solide qu'elle, actuellement.

« Comment tu te sens ? »
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