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 oraison pour vos tombes, (decadence)

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oraison pour vos tombes, (decadence) | Mar 01 Nov 2016, 18:19




oraison pour vos tombes
_HRP, LA SCÈNE EST SANGLANTE.

Il était au monde des langueurs qu'Ashley savait aimer.

Il aimait la langueur des interminables étés, il aimait la langueur déroulée dans les reins des femmes nues ; il aimait celle des vastes fleuves frileux, celle des douleurs traînantes descendant de peaux veules et des aubes grelottantes écumant sur les nuits en berne. Il aimait la langueur des choses au goût très long en bouche : le sang, la chair, les baisers. Il l'avait mangé de baisers.

Ou peut-être l'avait-il mangée. Homme, femme, il ne savait plus, qu'importe ; il l'aimait ! Dieu ! Il l'aimait. Il l'aimait pour ses yeux clairs, pour sa jambe royale et sa bouche très polie. Oui, décidément, il était très poli ; il n'avait pas crié, il avait dressé une main blanche où de grasses veines bondissaient, et elle était retombée dans l'instant. Il avait ouvert une bouche sèche, dégagé des dents de bête sauvage, il avait embrassé tout son cou fiévreux et arraché toute la peau, toutes les artères de chaque repli.

Le soleil avait regagné son ouest fidèle, et le soir tombait roide ; mais il ne voulait pas tranquillement tomber, il se devait de tomber sur Ashley. Des meutes de vieilles lumières scandalaient rageusement entre les édifices endeuillés, comme si elles voulaient décliner en brûlant de sa peau.

Il le tenait dans ses bras comme une amante, il avait glissé le long du mur froid et séculaire et s'était assis sur le trottoir de pavés. Il l'avait sentie venir, plus langoureuse qu'un félin, moussant au bord de ses poumons, amarrée à ses flancs comme un désir sexuel ; la fièvre, la fièvre d'origine, typhoïde et première. Il avait senti l'avidité et la sueur rampante sur la ligne du dos. Il avait senti, il sentit encore, des fringales de brutalité s'échauffer sous sa peau.

La langue bifide s'était perdue entre les lèvres d'une plaie immense et creuse, au-dessus du cœur, et traquait des ivresses qui n'avaient pas de nom. Sa main rachitique fouillait en vautour le ventre déchiqueté, l'autre cherchait dans le visage en lambeaux, dans la bouche arrachée, et les orbites huileuses dardant de faux regards sur le ciel vague et sombre. Des bruits écœurants se levaient dans sa gorge, des chuintements de veines tranchées net, des déglutitions boueuses, des murmures de ravissement ; et le claquement de ses dents contre les esquilles d'os éclatait comme un rire.

Il n'était plus tant guidé par le roulis d'un besoin de mille ans, il ne se menait plus dans des sentiers de faim ; une eau infectée montait dans ses boyaux et les transformait en marais. Il était soudain enragé, et c'était d'une rage obscène, inviolée, une rage qu'il savait. Il savait cette rage aux dents longues, il savait son frisson lorsqu'il lui touchait la peau — c'était une rage qui ne se retenait pas, un appel à la violence, léger comme un secret. Cet appel avait une voix, et il disait son prénom, et lui parlait avec une éloquence d'ami.

Sur sa main s'hérissaient hideusement des veines d'un noir de jais, comme de minuscules serpents, et son cœur se gonflait sous une bruine douloureuse. Il se sentait soudain transi, échiné ; il restait un long moment les bras serrés sous la taille de la pourriture, les lèvres dans son cou. Il se couvrait d'un sang putride, il humait à long traits l'infâme odeur qui calanchait sur les pavés, il en épuisait tous les sucs. Il chuchotait des mots absurdes pour lui-même et pour son cœur décomposé.

Les mains blafardes d'Ashley, sa bouche de cendres assassines, avaient déposé très respectueusement un gigantesque bouquet de roses pourpres sur le sein de la pourriture : voilà comme le bon, le noble, le digne Ashley rendait ses hommages à la vie humaine, voilà comme le très doux et le très prévenant Ashley pouvait l'aimer, de toute son âme l'aimer !
Voilà enfin comme le charitable et bienveillant Ashley avait très proprement explosé d'une main sa cage thoracique, très joyeusement ravagé son visage très tranquille, comme il l'avait très justement décapitée de moitié !

Il se sentait plus mort encore que la pourriture.

Il y avait une crevasse au long cadavérique de la poitrine d'Ashley, elle suintait d'un pus qui n'était pas de son génome et qui ne suturait pas. Une ardeur écumante y déposait des mains de sel, une ardeur chaude et familière comme une vieille amie.
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Re: oraison pour vos tombes, (decadence) | Mar 01 Nov 2016, 22:33

oraison pour vos tombes
Elle écoute bouillir la mort au-delà des vents glacials de l'hiver. Perchée, attentive, le regard figé, et son battant frissonnant - exaltation. Le danger imminent - un prédateur, ses crocs - répugnant. Répugnant, débectant, la nausée immédiate et le goût ensuite, intriguée, attirée par un appel muet, une promesse de mort - immobile. C'est si doux, pour elle, ce parfum morbide, annonçant les cadavres, le moisi. Une caresse contre son palais, elle hume les odeurs malades.

Elle doit se cacher - ils vont la retrouver. Elle n'a pas peur, mais elle ne veut pas y retourner - là où il fait noir, là où elle est seule et où elle ne peut rien détruire. Elle veut hurler - ils vont la retrouver. Elle veut rire - ils vont la retrouver. Ils ne la cherchent pas, ça non, mais peut-être qu'ils devraient. Aujourd'hui, ce n'est pas elle qui tue - aujourd'hui, ce n'est pas elle qui mord. Ce soir elle a décidé d'être proie, elle a décidé d'être chassée - par un chasseur de choix.

Son choix, il s'arrête lorsqu'elle le voit, lui et son festin, le sang au bord des mains et des lèvres.
Ses lèvres.

Elle se les mord. Fébrile, la douce, une comptine qui tourne dans sa tête, une mélodie agaçante - meurs, meurs qu'elle se chante. Meurs, meurs qu'elle se susurre au creux de la poitrine. Aujourd'hui c'est ton heure et elle chante, la joie au cœur et les ongles plantés dans la peau de ses bras.

Son rire hystérique déchire l'espace - plutôt comme un cri, une joie hurlée au fond de sa gorge rouée. Elle applaudit.

── Magnifique !

Les pieds devant, elle tombe, dans un claquement contre le sol, juste derrière lui - sa laideur. La puanteur dans les narines, un goût amer sur la langue. Elle rit. Elle se penche, s'avance - dangereuse, menaçante, pas pour lui mais pour elle. Ce soir, elle veut être proie. Ce soir, elle veut pouvoir fuir et promettre de le faire dévorer par les flammes le lendemain. Ce soir, elle veut être une victime et demain elle sera le bourreau. Aujourd'hui, elle a trouvé le jouet qu'elle cherchait.

La poitrine contre son dos, un murmure au bord des lèvres. Elle rit, d'un rire doux - tendre, ses doigts au creux de ses reins. Elle rit, s'échappe, recule - elle rit.

── T'es si pathétique, pauvre chéri.

Son regard s'aggrave, une grimace plantée sur son visage, le nez plissé et les sourcils relevés. Un vampire - quoi de plus ridicule que d'être dépendant à un spectacle aussi ignoble. Mais ça lui plaît, ça lui plaît, Diable qu'elle aime ça. Et l'idée de se faire dévorer la ravit ; mais aujourd'hui, elle rit. Aujourd'hui, elle joue.

Elle le regarde, elle le détaille - elle passe sa langue contre ses canines et elle rit de nouveau. Allumée par un feu brûlant, des idées cognant contre sa tête. Meurs, meurs qu'elle se promettait, Meurs, meurs qu'elle se persuadait.

── Rassasié, l'animal ? c'est qu'elle était bien maigre, ta douce, ce soir.

Elle rit.



 
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