stressed out (elliawn)

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Hybride Ange Déchu & Fée & Dauphin



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Shawn Lightwood-Valdez
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J'ai traversé le portail depuis le : 19/04/2016 et on me connaît sous le nom de : delgnvflue. Mon nom est : Shawn Lightwood-Valdez. Actuellement je suis : célibataire et homo-demisexuel. Il paraît que je ressemble à : Tachibana Makoto, Free! - Connor Franta (IRL) et à ce propos, j'aimerais remercier : (av) kuru la best.
MessageSujet: stressed out (elliawn)   Ven 22 Avr 2016, 17:09



— elliot & shawn —
my name's blurryface and i care what you think

Tu te bouches les oreilles en secouant la tête vigoureusement. Ça fait mal, ça fait mal. Tu les entends. T'entends toutes ces voix autour de toi, t'as peur. T'as peur que ça recommence, t'as peur qu'ils soient là de nouveau. Ça fait mal, ça fait mal. Tu t'agites, tu te remues. Que faire? Comment faire? T'aimerais avoir un moyen de les repousser, mais tu sais pas quoi faire. Ils te hantent, t'es paralysé, incapable, impuissant. Ça fait mal, ça fait mal. T'entends tous ces mots destructeurs, tu revois tous ces doigts pointés sur toi, tu sens de nouveau les coups sur ton corps fragile, et tu ses les larmes monter. Ne pleure pas. Ça fait mal, ça fait mal. T'en peux plus, tu sers les poings. C'est qu'un cauchemar, c'est sûrement qu'un cauchemar. Pourtant ça à l'air tellement réel. Tous ces gens autour de toi, en cercle, trop stupides pour faire quelque chose. Et toi, par terre, tu souffre. Ça fait mal, ça fait mal. T'es seul dans le noir, t'es perdu, pas foutu de retrouver le chemin. Tu cours sans savoir vers où, tu sautes sans savoir pourquoi. Qu'est-ce que tu fais, Shawn? A quoi ça sert? A rien, tout ce que tu fais est inutile. Ça fait mal, ça fait mal. Tu te sens inutile, vide. Il te manque un truc, mais t'arrives pas à mettre le doigt dessus. Du soutien, des amis. Depuis combien de temps t'étais tout seul? Trop longtemps, beaucoup trop longtemps. Tes larmes tombent sur l'oreiller. C'est qu'une cauchemar, c'est toujours un cauchemar. Ça fait mal, ça fait mal. Tu dois te réveiller, quitter cet endroit, ce trou noir. Où est la sortie? Tu tombes, tu te brises, tu ne te relèves pas. Tu restes sur le sol, et l'obscurité t'absorbe. Mourir, mourir, mourir, mourir. Tu te réveilles.

L'obscurité est toujours là, dans la petite chambre de ton appartement. T'es en sueur, ton coeur bat encore trop vite. C'était qu'un cauchemar, rien qu'un cauchemar. Tu t’assoies en tailleur sur le matelas, essuyant les gouttes perlant sur ton front du revers de ta manche. T'attrapes ton portable sur la table de nuit pour regarder l'heure; 2h30. Tu pensais avoir dormi plus longtemps, si le terme dormi est employable dans ton cas. T'avais eu cette impression de longueur, d'éternité dans ce cauchemar, comme s'il ne se finirait jamais. C'est pas comme si t'avais tellement tort au fond, même éveillé t'es brisé et incapable. Tu te lèves et tu fais les cents pas dans la petite pièce. Tu réfléchis et tu trébuches sur quelques vêtements laissés là aléatoirement sur le sol en parquet, qui craque. Tu continues à tourner en rond. Tu vas plus dormir de toute façon, tu sais très bien que t'arriveras pas à te rendormir, et t'en as pas envie, tu veux pas revoir ses têtes sans visage hurler de rire et ses doigts disproportionnés pointés sur ta carcasse. T'as besoin d'une clope, t'as besoin de boire. T'es tellement dépendant mon pauvre. T'attrapes ton paquet et allume rapidement la tige de tabac. Tu marches à travers le trois pièces, t'ouvres le frigo. Merde, t'as plus rien. T'as vraiment pas de chance. T'as plus qu'une seule solution. Ta cigarette au bec, t'enfiles rapidement un jean et un vieux sweater et tu sors de chez toi. Tu marches assez vite, tu files, tu regardes pas les rares passants présents à cette heure avancée de la nuit.

Tu regardes plus l'heure, t'as pas envie de savoir, pas avant de voir le soleil se lever. Tu traverses Skyworld, tu pénètres dans les ruelles sombres. Le ciel y est gris, comme toujours dans cette partie de la ville. L'atmosphère y est sombre, l'air y est pesant. T'avances les mains dans les poches, ayant jeté ton mégot depuis quelques minutes quelques parts sur les pavés. Tu connais le chemin pour la Taverne, tu l'empruntes souvent ce chemin. T'as la tête baissé comme toujours, la capuche de ton sweater cachant tes cheveux châtains ébouriffés, t'as des poches monstrueuses sous les yeux, t'es pas beau à voir. De toute façon, qui tu pourrais croiser à cette heure là que tu connais? Tu connais presque personne et la probabilité qu'une d'entre elle soit là est infime. Tu pousses la porte et la referme derrière toi. T'avances jusqu'au comptoir, tu demandes un verre de whisky, deux doigts. C'est pas vraiment ton alcool préféré, mais t'en as envie, alors tu te fais plaisir. Tu vas t'asseoir dans une table au coin de la pièce, un peu éloigné du bruit et de l'agitation des autres. Tu sirotes le liquide ambré doucement, fixant la table avec une insistance exagérée. Tu penses. T'as tellement pas le courage de faire quelque chose pour sortir de cette merde que tu bois pour oublier, t'es pathétique. T'as pas la force, t'as pas la foi, t'y arriverais pas dans tous les cas. Tu te dis ça, et tu bois une nouvelle gorgée.

Tu lèves brièvement la tête par dessous ta capuche, voir ce qu'il se passe autour de toi. Tu passes tes yeux un peu partout dans la pièce et quelque chose retient ton attention. Des cheveux, bleus. T'as cette impression de déjà-vu, t'as l'impression de connaitre ces sujets. Bien sûr que tu les connais, Elliot. T'as retenu son prénom, ça fait plusieurs fois que tu le croises. La première fois c'était dans son bureau, y a quelques mois de ça. Tu t'étais fait viré de ton dernier appartement parce que tu payais pas ton loyer, il t'avait aidé à en trouver un nouveau - duquel tu vas probablement aussi te faire expulser, t'as pas assez d'argent pour le gaspiller dans le loyer. Tu sais plus trop ce qu'il faut faire dans ce genre de situation, est-ce que tu devrais aller lui parler? Il est un peu plus loin, au bar, y a pas mal de gens de ce côté là, t'as pas trop envie qu'on te voit comme ça. Tant pis. Tu prends ton verre et te lèves, rejoins le siège libre à côté de la tignasse bleue. « Elliot. » T'es censé dire quelque chose comme « salut » peut-être? T'en sais rien, alors t'as juste dit son nom. Tu bois une nouvelle gorgée, t'essaies de te donner du courage pour parler. « Hrm, tu me reconnais? » T'as peur que non, pourtant il devrait. Tu te poses trop de question, t'as trop peur de tout. Calmes-toi, calmes-toi. Les rires, les rires sont partout. Ça fait mal, ça fait mal. Non, ne pleures pas, tu dois pas pleurer ici. Calmes-toi. « Je pensais pas te voir ici. » Tu serres les dents.

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Elliot-L S. Sky-Meltemson
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J'ai traversé le portail depuis le : 14/06/2013 et on me connaît sous le nom de : Kuru/misha Mon nom est : Elliot-Lynn Sullivan Sky-Meltemson. Actuellement je suis : amoureux en tentative de déni. Il paraît que je ressemble à : Kuroko T. (KnB) + Originaux (zxs1103) + Cody Christian (IRL) et à ce propos, j'aimerais remercier : Kingyo la meilleure (signa) ET REYENN MY LOV IOIZFHZF (cs) ♥
MessageSujet: Re: stressed out (elliawn)   Sam 23 Avr 2016, 01:36



stressed out

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"when will I explose?"

shawn + elliot

Le vibreur du portable sur la table de nuit arrache un double grognement dans ta chambre sombre. Tu remues légèrement en émergeant et tend ta main vers la table de chevet pour allumer la petite lampe; la lumière te fait violence et tu plonges ton visage dans l’oreiller, geste ponctué par le grognement sonore du blond à côté de toi. Le temps de t’habituer à l’éclairage et tu redresses la tête en empoignant ton portable, encore endormi et les yeux plissés. Samuel. Tu lèves les yeux au plafond et te frottes les yeux d’un mouvement de poignet, appuyé sur tes coudes. “need help. rdv ds 15min sr la palce.” Et pas foutu d’écrire un mot correctement. Tu souffles violemment par les narines en tapotant tes lèvres avec le haut de ton portable, et jette un oeil au radio réveil. 2h13. Pas foutu non plus d’envoyer un sms à une heure correcte. « Éteins cette lampe ou je te jure que je t’étrangle. » Tu tournes la tête au grommellement de ton petit ami et esquisse un sourire en t'exécutant, replongeant la chambre dans un noir complet. Mais tu te penches vers lui pour embrasser son épaule avant de glisser hors de la couverture. « Désolé. Sam’ a apparemment besoin de mon aide alors je file. Je te dirais quand je rentre, si ton portable est sur silencieux. » Il te répond par un grognement en se roulant dans ta couette et tu t’éloignes, te servant de la faible lueur de ton portable pour attraper un t-shirt et un jean pour t’habiller dans la salle de bain.

Un quart d’heure plus tard tu avançais sur la place en direction de la tête brune un peu plus loin. Pas de salutation amical, juste un « Qu’est-ce que tu m’veux? » amer. Il ignore ton ton en allumant une clope puis t’en propose une -tu déclines puisque tu ne fumais pas- et souffle la fumé dans ta direction, ce qui n’arrange pas ton humeur. « Rien. Enfin si, la nana de la dernière fois -Jessie, tu t’souviens?- est au bar alors j’vais y aller, mais j’voulais pas y aller tout seul. » Tu serres la mâchoire en fermant un instant les yeux. L’ennui et l'exaspération se lisent clairement dans tes yeux lorsque tu les poses à nouveau sur Samuel, et tu balais la fumé d’un mouvement de la main. « T’es sérieux? J’dormais avec mon mec putain tu saoules. » « Oh, pour une fois que vous dormiez.. » Tu lèves les yeux au ciel en laissant échapper un rire cynique, mais finis par le suivre jusqu’au bar. Puisque t’étais debout, autant y aller ; puis Samuel ne t’aurait pas lâché comme ça.

L’ambiance a rapidement fait de te réveiller complètement, malgré l’odeur de l’alcool un peu trop fort. Ses relents viennent chatouiller ton nez alors que tu t’approches du bar pour commander un blue lagoon, et regardes ton ami aborder son potentiel futur plan cul. A sa place tu te revois à peine quelques semaines avant, à courir les bars pour ne pas finir la nuit seul. A tomber dans les bras du premier venu parce qu’une présence charnelle à tes côtés était indispensable, à fermer les yeux pour imaginer ce que tu voulais. Et maintenant que tu avais Lyrnaël à tes côtés, tu te sentais..vieux. Un peu plus mature. Tu sentais l’approche de tes vingt-et-un ans, mais ce n’était pas pour te déplaire. Parce que, vraiment, tu l’aimais.
Un type s’approche de toi par derrière et commence à te parler. T’écoutes à moitié ce qu’il te dis mais t’as l’impression de l’avoir déjà vu. C’est sans doute vrai; que ce soit avec ton boulot ou tes activités, t’avais l’impression de connaître toute la ville. Il s’avance et tu recules, tu cales deux-trois mots comme quoi t’es déjà avec quelqu’un et qu’il devrait aller chercher un autre cul pour ce soir. Il grogne et tu le fixes; et ton regard de pierre finit par le convaincre de te laisser tranquille.
« Elliot. » Tu tournes la tête, les sourcils froncés en t’apprêtant à recommencer, mais les yeux verts du jeune homme t’arrêtent net. Oh. Et tu t’adoucis, t’appuies sur le comptoir en levant les sourcils, interrogateur. « Hrm, tu me reconnais? » Ouais. Ouais bien sur. Bien sûr que tu le reconnaissais, le gars qui sourit avec la déprime dans les yeux. Celui qui ment, celui qui se blesse. Il pouvait toujours essayer de le cacher, toujours dire que ça allait; tu savais. Mieux que quiconque, tu savais. Ce qu’il ressentait. Ce qu’il cachait. Ce qu’il vivait. Alors tu inspires et t’oublies le reste, alors t’expires et tu le regardes. Et tu sirotes ton Blue Lagoon. « Je pensais pas te voir ici. » « Moi non plus. Je pensais pas me voir ici. » Tu le dévisages un instant avant de détourner les yeux vers la foule. Tu renifles légèrement, la joue posée dans la paume de ta main. « Shawn. Ouais j’me souviens. Tu te plais dans ton appart? » C’est pas comme si tu te souvenais de tout tes clients. Une majeur partie, certes. Mais tu ne l’avais pas croisé qu’une seule fois, et son nom s’était imprimé dans ton esprit. Et quelque part, t’avais l’impression que c’était qu’un gosse -alors qu’il avait un an de plus. Qu’un gosse pourri par la société, un adulte encore coincé dans son enfance parce que, concrètement, y avait rien à l'arrivée. Personne pour l’accueillir. Comment sortir de l’enfance si t’en as même pas eu?
« Normalement je suis pas censé être là. Un abruti -tu balances la tête vers Samuel plus loin- m’a tiré de force alors que j’dormais avec mon mec. Alors je viens moins souvent. » Tu finis ta boisson d’une traite et en commande une seconde. « Et tu fous quoi là toi? » Pas que son état t'inquiétait. Peut-être que si. Si, en fait. Mais quand t’étais dans son état, c’était jamais vraiment pour t’amuser que tu finissais dans des bars comme ceux-là.

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MessageSujet: Re: stressed out (elliawn)   Sam 23 Avr 2016, 02:46



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« Ce que je fous là? » Ta voix tremble légèrement lorsque tu lui dis ça. T'as pas cherché d'excuse, t'es stupide, t'aurais dû. T'es con, t'aurais dû y penser à ça, t'aurais dû le savoir qu'il allait te poser une question comme celle-ci. Qu'est-ce que tu fois faire? Tu réfléchis, vite. Trouves, trouves, trouvé. « J'avais plus rien à boire chez moi et j'ai cassé mon robinet ce matin donc.. too bad. » Tu soupires mentalement. Tu sais pas s'il va y croire à tes mensonges, même toi t'y crois pas quand tu le dis. T'as juste tout ton corps qui tremble quand tu le dis, t'as tes yeux qui se voilent, t'as tes dents qui claque. T'as peur d'être ici, t'as peur qu'il découvre, t'as peur, bon dieu que t'as peur. T'aurais pas dû venir. T'aurais pas dû, mais tu peux pas repartir maintenant, pas comme ça, ça serait bizarre, trop bizarre. Tu bois le reste de ton verre, d'un coup et en demande un autre, un shot de vodka cette fois. Tu lèves de nouveau la tête vers le jeune homme aux cheveux bleus. Tu dois entretenir la conversation. Parles. Pourtant t'as bouche ne s'ouvre pas. Tu baisses la tête de nouveau et bois ton shot d'un coup. Un autre. Un nouveau de ces petits verres rempli arrive devant toi. Courage. « Ah euh, oui l'appart est.. très bien. » T'as le regard vide, les mains qui s'agitent plus que jamais. T'as envie de craquer, l'alcool ça te fait cet effet là. Si t'étais resté à ta petite table dans le coin t'aurais fondu en larmes, mais là tu peux pas, t'as pas le droit. Flash.

Non, pas maintenant. Pas maintenant, Shawn. Tu crispes ton sourire, doucement, respire. Tu serres les poings sur le bar, doucement, respire. Tu papillonnes des yeux, doucement, respire. « Pour te faire sortir du lit de ton mec à.. cette heure là c'est sûrement un bel abruti. » Et tu bois, tu résistes. T'essaies de t'ancrer dans le présent, dans ce moment. T'arrives pas à lever la tête et regarder Elliot en face, t'as trop peur de craquer. T'es qu'une merde, t'es qu'une merde. Non, non pas maintenant. Tu répètes des mots dans ta tête, des mots dont tu te souviens, des mots heureux, des mots joyeux, les mots de ta mère. Rien ne se passe, tu te sens perdre pied. Non, pas maintenant. L'obscurité t'avale une nouvelle fois, t'es comme aveuglé par tes pensées. Tu vois ces doigts de nouveau, t'entends ces rires, tu ressens ces coups. « Non! Non, non, arrête. » T'y arrives pas, t'arrives pas à revenir à la réalité. T'es réveillé, Shawn, sors de tes pensées. C'est pas vrai, c'est pas la réalité. Putain, t'es faible, putain, qu'ils t'ont fait mal, putain, ça fait toujours mal. Tu poses ta tête entre tes mains et tu respires. Tu dois te calmer, calmes-toi maintenant. Tu respires, t'inspires, t'expires. T'as le comptoir sous les yeux, t'entends les bruits autour de toi, t'es à la Taverne, tout va bien. Tu crispes ton sourire un peu plus, toujours en évitant le regard d'Elliot. « Je veux dire... je me parlais tout seul, je devrais pas boire autant, j'étais en train d'y penser. » Est-ce que t'étais au moins crédible en racontant ces conneries?

Reprends-toi, respire. Tu regardes ton verre brièvement. Non, tu viens de lui dire que tu ralentissais sur l'alcool, qu'est-ce qu'il dirait si tu finissais ton verre? T'es trop dépendant du regard des autres. T'as un truc qui te retourne l'estomac, la peur toujours et encore. Respire. Agis normalement. Qu'est-ce que t'aurais fait y a sept ans, quand t'étais encore un adolescent qui croyait que la vie c'était beau, simple, facile? Qu'est-ce que t'aurais fait? Tu crispes ton sourire toujours plus. T'aurais fait une blague. Agis normalement. « Eh Elliot, comment on appelle un cadeau qui s'en va? Une surprise party! » Et tu rigoles, t'es fou, t'es complètement fou. Tu retiens t'es larme, alors tu deviens fou. Tu vis caché, alors tu deviens fou. Tu dis rien, tu gardes tout, mais ça va te péter à la gueule un jour, c'est en train de te péter à la gueule! T'es fou. Flash. T'es un monstre. Flash. Tu craques. Flash. Horreur. Flash. Tu craques. Une larme coule, tu retiens les autres. Non. Tu serres les poings. T'as pas le droit, arrêtes-toi maintenant, stop. Flash. Des rires. Flash. Des coups. Flash. Des visages. Une nouvelle larme. Tu peux plus tout garder, tu dois lui dire. Tu peux pas lui dire. Ton esprit est trop torturé tu ne sais plus quoi. Une nouvelle larme. Tu perds ton faux sourire, brisé. Flash. « J'vais pas bien. » Silence.

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Elliot-L S. Sky-Meltemson
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MessageSujet: Re: stressed out (elliawn)   Sam 23 Avr 2016, 17:31



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« Ce que je fous là? » Tu sens dans sa voix l’effet de l’alcool et des émotions, du trop-pleins qui peine à sortir. Ton visage ne change pas et tu attrapes la boisson que le barman te tend. Sans mot dire tu le regardes, attendant une réponse, attendant qu’il se contrôle et qu’il prenne son calme. « J'avais plus rien à boire chez moi et j'ai cassé mon robinet ce matin donc.. too bad. » Tu laisses échapper un Ha. ironique, mais ne soulève pas le mensonge. Tu l’aurais su, sinon. non? Ce n’était pas comme si tu avais l’avais mis sous surveillance. Mais c’était trop bidon comme excuse, trop peu réflechis. C’était peut-être aussi le fait de côtoyer Lyrnaël au quotidien qui avait aiguiser ta détection des mensonges, après tout. Tu clignes des yeux alors qu’il te regarde, et hausses un sourcils. Quoi? Le silence avait toujours été ton plus proche confident, alors tu n’allais pas engager la conversation. Mais pas non plus t’éloigner -il avait l’air trop mal pour que ton caractère de chien ne l’emporte sur ta bienveillance à son égard. Il baisse la tête attrape son verre. cul-sec. Tu fronces les sourcils. « Ah euh, oui l'appart est.. très bien. » « Ok. » T’avais marmonné une réponse sans conviction, et tu détournes les yeux de son profil pour fixer ses mains, ses mains qui tremblent sans rien accrocher que son verre à nouveau remplis. « Oh. Calme-toi. » Il n’avait pas l’air de t’avoir entendu, trop occupé à penser à des choses qu’il fallait mieux oublier. Et tu poses ton verre sur la table en l’écoutant parler, évoquer Samuel et Lyrnaël sans les connaitre, et y a ses lèvres qui tremblent et ses yeux appeurés. Il te regarde pas. Mais tu sais.

Alors t’approches ta main doucement, hésitant, de son épaule. T’as pas l’habitude d’être bienveillant. T’as pas l’habitude de te soucier des autres et de le montrer. T’as quoi ce soir? C’est qui pour toi? Une rechute de ton passé, un fragment de toi-même que t’as tenté d’oublié sans jamais effacé? parce que c’est là, sur le coin supérieur du tableau que t’arrives pas à atteindre. Et lui, là, il est en plein dedans. « Non! Non, non, arrête. » Tu recules ta main avant même de l’avoir frôlé. C’était peut-être pour toi, t’en savais rien. Pourtant il avait un air lointain, un air perdu dans sa voix et tu savais bien que c’était dans sa tête. C’était pas réel. C’est pas réel. T’ouvres la bouche, tu t’apprêtes à parler, mais y a rien qui sort, et tu sais pas pourquoi. Pourtant tu sais que quand c’était toi à sa place, tu crevais d’envie qu’on te dise que tout irait bien. Tu crevais d’envie de savoir qu’il y aurait des gens pour toi. Tu fermes les yeux, tu les ouvres, son sourire se crispe, tu serres les dents. Excuses. Encore des excuses bidons, des mensonges qui passent pas, des mots en vrac pour teinter ta vérité qui dérange. Tu fermes les yeux et baisses la tête dans tes mains, tu l’écoutes à peine parler avec toutes ces images qui inondent ton esprit, tout ces souvenirs. c’est fini. c’est fini, t’es plus dedans, c’est pas toi qu’est mal c’est lui. arrête d’être égoïste.

T’ouvres les yeux quand il renifle et tu vois une larme rouler sur sa joue. Ton coeur se serres, tu cherches un paquet de mouchoir dans ta poche -rien; tu cherches dans la poche de ton voisin, ignore son ci de protestation doublé par celui de sa copine, et en sors un blanc immaculé- et son sourire s’évanouis. « J'vais pas bien. » Tu t’immobilises. Putain. Putain, ce que t’aurais donné pour les dire, ces mots. Putain ce qu’il a du courage. Le courage de craquer. T’inspires et tu lui soulèves le menton avec un doigt pour essuyer ses larmes, avant de lui fourrer le mouchoir dans la main. Et tu l'attrapes par les cheveux pour caler sa tête contre ta clavicule. « Je sais. Je sais. » T’avais la voix rauque et cassée par la fatigue, mais tu te lèves, pose un billet sur le comptoir et l'entraîne à l’écart. T’avises l’endroit -trop de monde-, l’exterieur -trop de monde encore- et tu finis par te décider pour les toilettes. Tu savais où vous pourriez vous poser sans être emmerder. Alors tu pousses les battants et tu l’entraînes au fond du couloir, après les portes dotés des enseignes. Et tu t'assois, par terre, sur la moquette, là où le silence a sa place, en le traînant au sol avec toi. « Eh, ça va aller. » Tu sais que c’était faux, mais qu’est-ce que tu pouvais dire? T’allais pas lui mentir. Pas à lui. Pas à lui. « Shawn. Parle-moi. Ça va aller, ok? Tu risques rien, t’es avec moi, y a personne qui va te faire du mal. » T’as jamais été doué pour rassurer les autres, et c’est pas comme si t’avais été entouré d’amour maternel toute ta vie. Mais tu l’avais vu dans le regard des gens, dans les gestes de Nathanaël, alors t’espérais savoir. Parce qu’il en avais besoin et c’était tout ce que tu pouvais faire.


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MessageSujet: Re: stressed out (elliawn)   Dim 24 Avr 2016, 02:06



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T'en reviens pas. T'as pas craqué, c'est pas toi, tu te reconnais pas. T'as pas pu faire ça, t'as pas pu craquer devant quelqu'un. Et pourtant, si, tu l'as fait. T'as quelques larmes qui se trimbalent le long de tes joues et t'as même plus le courage de les essuyer. Comment t'as fait pour dire ça? L'alcool? Le trop plein? Les visions? T'en sais rien, t'en sais rien mais tu regrettes déjà. Incapable. Tu sens un doigt, passer sur ton menton. Tu lèves la tête doucement. Non, non, faut pas qu'il te voit. T'es déjà trop faible, t'as pas le droit. Il va se moquer, rire, te frapper peut-être, ce que t'es con. Il essuie tes larmes. Tes yeux s'ouvrent en grand. Qu'est-ce qu'il fait? Pourquoi il fait ça? Tu trembles, t'as encore plus peur qu'avant, personne n'avait jamais ça. Qu'est-ce que c'était? Une technique pour t'amadouer? T'es trop sur la défensive, t'es dans ta putain de paranoïa, rien de plus. Mais t'arrives pas à t'en sortir, dire ça, prononcer ces mots, ça t'avais fait du bien, mais ça t'avais aussi fait te rendre compte que t'es dix pieds sous terre. Ça fait mal de savoir ça, d'y être confronté. Tes yeux tombent sur le mouchoir. Il te tend un mouchoir. Tu renifles en le prenant, tu sèches tes larmes, tu te mouches. « Merci. » C'était maladroit, t'avais pas l'habitude. Tu sens sa main dans les cheveux, tu te laisses faire jusqu'à ce que ta tête touche son épaule. Tu te sens en sécurité comme ceci, tu fermes les yeux quelques instants. T'es naïf, t'es con de faire confiance si rapidement sous prétexte qu'il prenne un tant soit peu soin de toi, il pourrait te briser de nouveau. Mais quelque chose te disait que ce ne serait pas le cas, une intuition, un pressentiment.

Tu rouvres les yeux, tu suis Elliot, traînant un peu des pieds, pas trop sûr de toi. T'as la vision qui se trouble parfois, mais tout va bien tout va bien. T'atterris au fond d'un couloir, les toilettes peut-être et tu laisses le bleu te tirer au sol à sa suite. Tu t'assois là, tu cales ta tête contre le mur et regarde la lampe, les yeux vides. « Eh, ça va aller. » Ecoute-le, tu dois l'écouter. S'ancrer dans la réalité, ne pas repenser au passé. Tu laisses retomber ta tête et regarde devant toi. Tes larmes ne coulent plus, t'as même plus la force pour pleurer. Ces mots, ces mots qui tu as prononcés plus tôt t'ont vidé, ont aspirés ton énergie et ta force de lutter contre quoique ce soit. T'as laissé tes pensées partir où elles voulaient, t'as laissé tes yeux se vider de leur liquide lacrymal, t'as laissé tes mains s'ouvrir de nouveau. « Shawn. Parle-moi. Ça va aller, ok? Tu risques rien, t’es avec moi, y a personne qui va te faire du mal. » Ecoute-le, tu dois l'écouter. Parle-lui, tu risques rien, il le dit. Personne ne va te faire du mal. Boum. Ton coeur bat fort. Tu peux pas t'ouvrir, t'as pas le droit, tu peux pas refaire saigner les plaies que tu peines tant à effacer. Boum. Encore plus fort. Tu les refermes pas tes plaies, tu mets des pansements dessus, mais ça sert à rien, dessous elles sont toujours ouvertes, jamais elles ne se cicatrisent. Boum. Toujours plus fort. T'as besoin de parler, tu le sais, au fond tu le sens. Est-ce que tu vas y arriver est le plus gros problème dans tout ça? C'est putain de trop dur. Boum, boum, boum. T'exploses.


Ouvres-là. Parle. Parle. Parle. Tu te le répètes, t'essaies de te motiver, mais à chaque fois que t'ouvres la bouche tu la refermes dans les secondes qui suivent. C'est trouble autour de toi, puis clair, puis trouble de nouveau, tout se déforme, s'alterne, se remet en place. T'es pas bien. T'es pas bien. Dis-le, répète-le. « J'vais pas bien. » Tu lui as déjà dit, mais tu sais pas quoi lui dire d'autre, t'arrives pas à lui dire autre chose. Tu serres de nouveau les points, ta tête tombe lâchement. Parle. Parle. Parle. Tu clignes des yeux. « Je... Mon robinet est pas cassé. » Ça à pas l'air de grand chose comme ça, mais c'est un grand pas vers l'acceptation, un grand pas dans le fait d'admettre ce que tu vis, ce qu'il se passe dans ta tête. T'as avoué ton mensonge, t'as l'impression que tout s'écroule petit à petit, toute cette carapace que tu solidifies depuis de longues années maintenant. Ça fait longtemps, trop longtemps que t'es comme ça. Parle. Parle. Parle. Tu te frottes le bras, t'as encore mal. Les coups sont lointains, le bleu probablement presque invisible, mais dans ta mémoire c'est encore frais. Sept ans. Sept années complètes que tu ne vis plus, et y a quatre ans tu t'abandonnais totalement à la nuit, à l'obscurité. T'es un enfant immortel, un gamin pas fini, un môme à jamais coincé dans les méandres de son passé. « Je vis plus Elliot, j'pourrais aussi bien être mort que ça serait la même chose. » Tu montres du doigt ta tête, ton cerveau précisément. « Ils ont tout cassé, ils ont tout pris, y a plus rien là-dedans, plus que des souvenirs douloureux que je chasse constamment. Mais j'y arrive plus, de moins en moins. » Tu parles, doucement tu te dévoiles. Tu t'ouvres, tu trembles, t'as l'impression que ton cœur saigne des larmes et que tes yeux pleurent du sang.

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MessageSujet: Re: stressed out (elliawn)   Mar 19 Juil 2016, 21:46



stressed out

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Il a l’air brisé, trop fragile, et t’oses à peine imaginer c’qu’il a du endurer, c’qu’il a du traverser pour en arriver là, à être ce mec perdu au bord des larmes, ce mec avec ces yeux vides et c’sourire terne. Y a pas moyen de l’comparer à toi parce que tu sais qu’il a pas vécu c’que t’as vu -personne le sait, personne ne peut à l’identique-, et tu sais pas si c’est mieux, si c’est pire. Tu sais juste qu’il est pas là par hasard, qu’il fait pas semblant, que s’il a ce sourire un peu tordu c’est qu’il essai, qu’il essai, mais qu’il a du mal. Tu le regardes du coin de l’oeil, attentif et patient, t’attends le temps qu’il faudra pour qu’il parle, qu’il s’ouvre; il vient toujours un moment où c’est trop gros, un moment où c’est trop tard, et t’espères juste qu’il n’arrivera pas à ce dernier moment. Qu’il se libère, qu’il se dévoile, te laisse l’aider avant que tout ne dérapes et qu’on l’arrache aux mains d’la vie.
« J'vais pas bien. » Ton regard se fait plus doux, on coeur saute un battement, parce que c’était toujours un début, c’était toujours bien d’avoir le courage d’avouer. Sûrement plus dur que de supporter en silence, ça demandait tellement d’effort et pourtant, ça soulageait tellement. Parce qu’il confirmait, parce qu’il appuyait ses dires; parce qu’il voulait que tu l’crois, il voulait que tu sois sûr de c’que t’avais entendu. C’était pas des paroles en l’air, c’était pas des mots dit à la va-vite entre deux verres. t’as envie d’effleurer du bout des doigts ses mains fermées, envie d’lui dire qu’il a pas à se crisper, qu’il a pas à souffrir parce que tout ira bien, parce que rien ne lui ferra plus souffrir. u savais qu’c’était faux et qu’tu pouvais pas lui faire une promesse aussi ignoble, alors tu t’contentes d’appuyer encore ton regard sur son visage baissé. « Je... Mon robinet est pas cassé. » Tu retiens un ricanement et t’contentes d’un vague sourire compatissant. t’attends la suite, parce qu’il a toujours une suite.
« Je vis plus Elliot, j'pourrais aussi bien être mort que ça serait la même chose. Ils ont tout cassé, ils ont tout pris, y a plus rien là-dedans, plus que des souvenirs douloureux que je chasse constamment. Mais j'y arrive plus, de moins en moins. » T’inspires, t’expires, tu poses ta main sur la sienne et force ton regard dans le sien. Et t’as l’impression de t’y voir, avant. Quand tu te fixais dans le miroir, quand tu frottais tes mains impeccables sous l’eau glacées, quand tes joues étaient trempées sans que tu t’en rendes compte. Tu revoyais le gamin à qui on avait volé l’enfance, le gamin qui s’était tout arraché et qui n’avait nul part où aller, à part une maison trop vide, une maison qui empesait la mort et la culpabilité. Et tu t’revois des années après, assis sur ton sofa à contempler c’que t’as: une colocataire pas si insupportable qui a enduré ta depression, une demi-soeur avec son amour inconditionnel, un petit ami qui te menace quand tu te réveilles la nuit. Un loft, un travail, une vie, quelque chose de bien et d’concrêt, et tu t’dis qu’il le mérite ce gamin, tu dis qu’il la mérite cette vie qui l’attend patiemment au bout du chemin boueux.
« Eh, eh, regardes moi. » De l’autre main tu lui relèves la tête, t’essaies d’avoir l’air le plus calme possible, le plus sincère possible. « T’es pas mort et tu vas pas mourir bientôt. Tu vis et tu dois continuer, parce que j’ai testé et j’t’assure que c’est pas tip top. Et tu veux savoir? J’regrette. Pas d’être mort, parce que c’que je suis me convient parfaitement. Mais d’avoir voulu, d’l’avoir fais. » Du bout des doigts t’essuies ses larmes avant de lâcher sa tête, sa main, et te retenir droit. « Y a rien d’humiliant à être brisé, on a tous une part de nous fragile. Ça montre qu’on a un coeur, qu’on est vivant. Tout ce qu’il faut c’est se relever. Ils t’ont p’têt cassé, mais tu peux toujours te relever. » Tu t’avances p’têt un peu, après tout tu les connais pas, ces ils. Tu sais pas c’qu’il lui ont fait, c’qu’ils lui ont dit, c’qu’ils lui ont montré. « J’m’avance p’têt un peu, alors explique moi. Si tu penses en être capable, raconte moi. Y a personne qui t’jugeras ok? »


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MessageSujet: Re: stressed out (elliawn)   Dim 24 Juil 2016, 09:18



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La tête baissée et les pensées vagabondes, tu laisses Elliot mettre ta main dans la sienne sans rien dire. T’es pas là, tu vis la scène à travers une vitre, un miroir, ou simplement à travers tes souvenirs. T’étais pas encore bien revenu au moment présent; majoritairement si mais tu ne t’en rendais pas tellement compte. Le contact avec le fils d’Hermès t’empêchait de ressombrer dans le tourbillon de ta mémoire qui t’accable, il était comme un ancre, un pilier dans ta faible réalité. « Eh, eh, regardes moi. » A l’aide sa seconde main, ton chef remonte vers le sien, et tu fixes d’un regard fuyant le mur derrière lui. T’oses pas le regarder, t’as trop honte, t’as trop peur, et t’as un mélange de tout qui t’empêche d’avoir cette force pourtant si commune et simple qu’est affronter l’iris de son interlocuteur. « T’es pas mort et tu vas pas mourir bientôt. Tu vis et tu dois continuer, parce que j’ai testé et j’t’assure que c’est pas tip top. Et tu veux savoir? J’regrette. Pas d’être mort, parce que c’que je suis me convient parfaitement. Mais d’avoir voulu, d’l’avoir fais. » Ses mots te percent et te transpercent comme de multiples lames aiguisées. Elles ne te font pas mal, mais elles te réveillent, t’éveillent, ramène ton esprit dans ce corps qui ne semble même plus être le tien. Tes lèvres s’étirent en un semblant de sourire lorsque ses doigts viennent balayer les larmes qui parlaient sous tes yeux.

« Y a rien d’humiliant à être brisé, on a tous une part de nous fragile. Ça montre qu’on a un coeur, qu’on est vivant. Tout ce qu’il faut c’est se relever. Ils t’ont p’têt cassé, mais tu peux toujours te relever. » T’hoches la tête, mué dans le silence. T’es pas habitué à ce qu’on te dise ça. T’as cette vieille impression de chaleur au fond de ton estomac - est-ce ça la joie, le bonheur, la reconnaissance? Tu savais pas ce que c’était, mais bon sang que ça faisait du bien, bon sang que c’était une incroyable impression, une fantastique sensation, une étonnante réalité qui vient renforcer la tienne. « J’m’avance p’têt un peu, alors explique moi. Si tu penses en être capable, raconte moi. Y a personne qui t’jugeras ok? » Une nouvelle fois ta tête effectue un mouvement vertical. Personne te jugeras Shawn, personne. T’en pleurerais de bonheur si t’avais pas déjà versé toutes tes larmes en tristesse. « Je.. Je veux bien essayer. » Tu promettais rien, c’était encore assez nouveau pour toi l’attention que ton benjamin de quelques années te portait, c’est un truc que t’avais jamais eu ça. « Je suis pas sûr de pouvoir me relever, tu sais. Après tout, ça fait quatre ans que je suis à terre. Sept, si on compte les années où j’étais à genoux. » On a vu plus joyeux comme métaphore, mais elles n’étaient pas approprié à la situation bien malheureusement.


Que t’aurais aimé juste t’asseoir là avec Elliot pour autre chose que ça, t’aurais aimé juste discuter de choses inutiles, de choses sans importance et sans aucun sens, en riant et souriant, en parlant fort et en se prenant pas la tête; mais ça semblait être une autre vie, qui n’est pas la tienne - peut-être n’est-il pas trop tard? « Au contraire, c’est la chose la plus humiliante que j’ai jamais eu à me trimbaler au quotidien. C’est collé sur ma peau, sur mes vêtements, c’est collé dans ma tête. Partout, je peux pas m’en débarrasser - être brisé je veux dire. » Tu te haïssais à t’entendre parler. Tu te trouvais trop pitoyable, trop plaintif, trop mal dans ta peau, tu te détestais. C’était pas un truc que tu cherchais, la pitié et la condescendance, pourtant c’est tout ce que t’arrivais à obtenir des autres - la plupart du temps. « C’est difficile de se relever, trop difficile, j’y arrives pas, j’y arrivais jamais. » Tes paroles sonnent fatales, sonnent finales, t’as l’air dépité alors qu’au fond tu ne t’en préoccupes plut tant que ça de te relever; peut-être est-ce là la source même du problème? Tu sais plus quoi dire, tu sais pas quoi ajouter, tu réponds juste à ce qu’il t’a dit bêtement parce que t’as pas assez de force pour raconter ton histoire. T’as du liquide néfaste mélangé à ton sang et tu peines encore à faire des raisonnements ordonnés alors laissons tomber un récit. Il y a encore quelque minutes t’étais ce mec fou au comptoir d’un bar, et maintenant t’es le mec neutre assis devant les toilettes du dit bar.

« Alors, t’es déjà mort? Comment c’est…? Est-ce que ça fait mal? » Tu te sentais con à poser toutes ces questions. Elles te semblaient à moitié appropriées, voir pas du tout, tu les avaient sorties spontanément, sans réfléchir, les alignant comme tu le pouvais. « Je suis désolé, ça dois pas être agréable de répondre à ces questions, le fait pas si tu veux pas. » Tu te rattrapes comme tu peux, tu patauges. Tu sais plus quoi dire, t’oses pas commencer à lui parler de toi, t’aimes pas ça, tu le fais jamais, tu l’as jamais fait même. Mais sa présence te rassure, sa main dans la tienne te met en confiance et voilà bien longtemps que tu n’avais plus fait confiance à une personne. Alors tu enlèves ta main de la sienne, t’utilises les tiennes pour remonter ton pantalon côté jambe droite jusqu’au genoux, et là tu pointes différentes marques; des bleus, qui sont toujours là, à jamais marqués. « C’est eux. Ils. Ils ont fait ça. » Tu redescends le vêtement jusqu’à ta cheville comme il est normalement et détourne le regard de nouveau. T’as honte de ces restes de marques violacées. T’as honte d’eux, t’as honte d’ils, alors que tu n’es pas fautif. Tu te sens affreux, alors tu fixes tes iris dans ceux d’Elliot, tu retiens tes larmes qui remontent; « Ils étaient trois garçons. » Et tu soupires.

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MessageSujet: Re: stressed out (elliawn)   Sam 01 Juil 2017, 20:07



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Y a cette lueur dans ces yeux qui t’rassure un peu, ce p’tit truc d’espoir et d’reconnaissance qui t’dit qu’il y a p’têt un espoir qu’il sorte du chemin qu’t’as emprunté. C’est pas que tu veux pas qu’il finisse comme toi -tu le souhaite à personne c’est vrai mais t’as pas fini dans la merde- mais y a tellement de facteurs, tellements d’acteur sans quoi tu t’serais jamais accroché à la vie. On sait pas si Shawn se trouvera une Leonor; on sait pas s’il se trouvera un Lyrnael - même Ginger t’a tiré d’ta dépression, à sa manière. Une Alaska. Un foyer.
Mais t’espères il aura pas a tout connaître. Parce qu’il a p’têt pas la même carrure, le même espri, et l’envie d’changer.
Entre envie d’mourir et envie d’changer, la différence est trop fine pour les aveugles de l'espérance.

« Je.. Je veux bien essayer. Je suis pas sûr de pouvoir me relever, tu sais. Après tout, ça fait quatre ans que je suis à terre. Sept, si on compte les années où j’étais à genoux.. » T’hoches doucement la tête sans rien dire, tu reprends sa main dans la tienne avec douceur et tu la tiens, juste entre tes doigts, sans rien d’autre que ça ira comme message silencieux.   « Au contraire, c’est la chose la plus humiliante que j’ai jamais eu à me trimbaler au quotidien. C’est collé sur ma peau, sur mes vêtements, c’est collé dans ma tête. Partout, je peux pas m’en débarrasser - être brisé je veux dire. C’est difficile de se relever, trop difficile, j’y arrives pas, j’y arrivais jamais. » Tu sers sa main et lui lances un regard, un de ces regards méfiant, blessé, encourageant et exaspéré. Ceux qui veulent dire arrête ta connerie, soit pas pessimiste. Ceux que t’aurais aimé recevoir, ceux qui auraient aidés sans t’blesser plus que tu l’étais.
Et t’sais qu’le pessimiste c’est l’premier truc a bannir.
Parce que sans essayer d’se sauver.
On y arrivera jamais.

« Soit pas défaitiste. T’es la première personne à convaincre que t’as une vie et qu’tu peux t’en sortir. Et tu vas t’en sortir. Si t’y crois pas toi-même personne peut t’aider. » Et p’têt que t’aurais dû choisir des mots plus doux mais à quoi ça sert de brosser dans le sens du poil une bête au bord du gouffre? Elle ne ferait que continuer d’avancer vers le vide. « Alors, t’es déjà mort? Comment c’est…? Est-ce que ça fait mal? » silence « Je suis désolé, ça dois pas être agréable de répondre à ces questions, le fait pas si tu veux pas. » Tu baisses la tête sans rien dire quelques secondes, tu réfléchis à quoi dire. C’était pas facile d’en parler même après cinq ans, pas facile de s’en souvenir. « J’imagine que ça dépend des gens. Ca dépend des morts. C’était rapide et brutal, dans mes souvenirs. » Le train n’avait pas eu le temps de s’arrêter, tu t’étais avancé trop tard. « Ca fait mal sur le coup. Après c’est le néant. Il n’y a rien derrière. » Il y avait sûrement Hadès et les Enfers, en fait. Mais tu t’en souviens plus, tout était trop sombre jusqu’à ton réveil dans les plaines enneigées.
La main de Shawn glisse d’la tienne et tu baisses rapidement les yeux avant d’les remonter quand il rebrousse son pantalon. Y a les bleus sur la chair et les cicatrices trop blanches qui t’tasses les tripes, les blessures qu’ont pas encore guéris et celles plus profondes qui guérissent jamais celles qui restent gravés dans les souvenirs et la terreur. « C’est eux. Ils. Ils ont fait ça. » Tu lèves les yeux pendant qu’il baisse le tissu. « Ils étaient trois garçons. » Tes yeux retournent vers le jean et tu distingues les blessures à travers; pas réellement, mais quand tu sais qu’elles sont là, tu peux pas t’empêcher de t’dire, où d’autre? Une demi-jambe, ça suffit pas aux gens comme ça. « Où d’autre?. » Tu lèves les yeux pour les planter dans les siens, pour pas qu’il évite, pas qu’il s’échappe. « Les fait pas croire qu’ils ont raison. Crois jamais qu’ils ont raison. » Tu rajustes ta position et baisse à nouveau les yeux vers la jambe blessée, les sourcils froncés par l'inquiétude. « Faut faire soigner ta jambe. T’as assez de cicatrices. »
Plus les cicatrices sont présentes et plus le souvenir est douloureux.
Plus il refait surface souvent.
Tes cicatrices étaient jamais parties même après ta mort, et tu vois encore les yeux d’ton père devant les traces indélébiles sur ta poitrine


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MessageSujet: Re: stressed out (elliawn)   Lun 03 Juil 2017, 20:47



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Où d’autre?

Où d'autre? Où d'autre? Les mots résonnent au fond de ton crâne. C'est vrai ça, où d'autre, Shawn? T'as tes iris qui croisent celles d'Elliot et t'arrives plus à te détacher d'elles. C'était sûrement le but, c'était sûrement pour capter ton attention, Shawn. Tu pouvais pas t'échaper, tu pouvais plus t'échaper, esquiver.

Les fait pas croire qu’ils ont raison. Crois jamais qu’ils ont raison.
Mais ils ont raison, non?

Tu t'en étais toujours convaincu ; que t'étais en tord, que c'était toi le fautif, celui qui devait changer, qu'ils t'avaient frapper pour une bonne raison. Tu devais pas être normal, pas être comme il le fallait, pas assez bon pour ce monde - tu les as écoutés, tu t'es enfermé dans un désir de changement qui n'étais peut-être pas le bon choix. Il était déjà trop tard pour questionner tes actions, t'avais trop de bazar dans ta boite cranienne.

Faut faire soigner ta jambe. T’as assez de cicatrices.

T'as le regard qui tombe d'un coup sur ton tibia, sur le champ de bataille qui y est gravé. Tu pouvais pas les regarder sans y repenser, sans revivre le moment qui t'avais si profondément touché. Un coup dans le ventre, un coup dans la jambe, des rires. Tu touches le sol dans un fracras, Shawn, te demandant si ton squelette est encore intact.
T'es comme dans un rêve éveillé depuis quelques années ; un cauchemar, plutôt, prisonnier. Tu te prends la tête à deux mains. Tu sais pas quoi faire, tu sais même plus qui tu es. Shawn, Shawn, Shawn. Tu répètes ton nom dans ta tête, comme pour te rappeler que t'es encore vivant.

Tu crois que ça changera quelque chose? Avec ou sans cicatrice, qu'est-ce que ça change, au final?

T'étais dans cet endroit bizarre où t'es à mi entre le déni et mi entre la réalisation de ce qu'il se passait. Tu savais vraiment plus comment réagir, comment agir, comment vivre. T'en as marre, t'as mal. T'es perdu, Shawn, tout tourne autour de toi. T'as la gorge sèche, le sang chaud rempli d'alcool que tu n'aurais pas dû prendre ; mais était-il temps de définir ce que tu devais et ne devais pas faire? T'as plus la notion de limite.
Tu te lèves un peu, tu recouvres ta jambe de ton pantalon. Tu titubes dans le petit hall des toilettes, sans réel but. Tu sais pas ce que tu dois faire, maintenant - remercier Elliot? partir? te rasseoir? dire quelque chose? Tu sais plus, tu sais plus, tu sais plus, Shawn.
T'as le ventre qui se tord. T'as faim, t'as mal, t'as soif, t'as la mort au crâne et la peur au ventre.

J'ai envie de vomir.

Tu sors ça de nulle part. T'as des envies comme ça, et évacuer en est une. Ta vision toujours trouble, tu t'approches des toilettes, tu te prépares, au cas où. T'as la tête contre la cuvette, t'as l'air si mal. Tu détestes avoir l'air si faible devant les autres, si impuissant et incapable. Qui es-tu, qui es-tu devenu?
T'as pas la réponse à cette question. Tu te l'es posée encore et encore, et t'as jamais trouvé la réponse. T'as abandonné, Shawn. Game over.

Merci, Elliot. T'es vraiment un gars bien. Comment on enlève des cicatrices, dis moi? J'crois que c'est une bonne idée. Ahah. J'ai l'impression d'être super intéressant quand j'parle, ça aide l'alcool, dis donc., et sans aucune splendeur, tu finis par vomir.

 

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