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 ••• falling pizza ; Raphaël

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Mythologique Barghest

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H. Prudence O'Donnell
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••• falling pizza ; Raphaël | Dim 21 Fév 2016, 17:03


falling pizza

Encore une fois, le réveil sonne dans le vide, plus personne dans les draps depuis des heures. Cela faisait plus d'une nuit que je restais assise dans le canapé, à regarder par la fenêtre, à espérer de n'entendre qu'un bruit, celui des gouttes qui tombaient de mon plafond au seau que j'avais posé en dessous. Enfermée dans mon propre appartement. Je ne dormais plus. Mon regard était encore plus faible que la veille et mes cernes encore plus dessinées. Je n'y arrivais plus. J'avais même arrêté le café pour l'occasion, espérant peut-être m'endormir, à un moment ou un autre. Mais dès que je fermais les yeux, l'appartement était saccagé, les meubles griffés, détruits. Je ne dormais pas. Parce que tu ne me laissais plus en paix. Parce que tu étais sûrement vexé de rester cloîtrer chez nous. Ben tiens. Manquait plus que t'ais une personnalité de merde.

Il y avait cette convocation qui traînait sur la table. Plusieurs. Une à l'hôpital, une au commissariat. La seconde n'avait même pas été ouverte. C'était sûrement encore un de ces flics débiles qui aurait besoin d'un témoignage pour tous ces meurtres qui survenaient la nuit. Ils se disaient que la victime était quelqu'un de mon entourage, que je pourrais leur donner une quelconque information. Le seul qui avait vu juste, c'était lui. Ce maudit inspecteur dans la brume qui a froncé les sourcils rien qu'en croisant mon regard. Je serre les dents. La première convocation en revanche était pour aujourd'hui. Et si mon état s'aggravait sans que cela me préoccupe, j'étais nettement plus inquiète pour les conséquences que cela pouvait avoir sur elle. Il était temps de sortir.

Lorsque j'arrive dans l'établissement, je patiente à peine dix minutes avant d'être reçue. Le service était nettement meilleur qu'en Angleterre où la seule fois où je suis allée à l'hôpital, j'ai du patienter au moins deux heures et demi avant qu'un médecin daigne remarquer ma présence. C'était comme ça qu'on traitait les soldats. Même avec la peau arrachée, même défiguré, ils étaient moins importants que tous ces grands nobles qui étaient restés dans leur demeure pendant que nous sacrifions nos vies. Ils m'avaient toujours répugnés. Les échographies et les tests indiquaient que la créature qui se terrait dans mon ventre était certainement une fille. Mais je savais déjà, ça. D'ailleurs, ça ne m'intéressait même pas de le savoir.

En fait, les médecins ne se sont pas vraiment intéressés au bébé. Ils en avaient plutôt après mon état. Bien sûr, ils remarquaient que je ne prenais pas soin de moi. Mais je n'y pouvais rien. Je ne pouvais pas faire autrement. Je ne savais plus. J'avais oublié comment faire. J'essaie de m'évader de la conversation, notant qu'il me faudrait sûrement l'aide de quelqu'un qui entendrait ma demande. Je soupire alors, me rhabillant et quittant la pièce sans les saluer. Un soupire m'échappe. C'était si important pour un enfant, que la mère soit en bonne santé ? Je gonfle une joue, puis l'autre, avant qu'un choc contre mon épaule me fasse perdre l'équilibre.

Je tombe, un genou à terre, me rattrapant d'une main, la tête baissée. Merde. Je me retourne vivement, regardant qui était l'imbécile qui osait courir dans un hôpital à l'étage des maternités. Sauf qu'il est déjà loin. Peut-être était-il pressé ? Je serre les mâchoires, grognant. J'étais incapable de me relever seule. Et à cette même pensée, une main se tend vers moi. Je baisse les yeux. Je n'aimais pas avoir besoin d'aide. Mais là, je devais avouer, j'avais vraiment besoin d'aide.

Je l'attrape alors, tentant de me relever, difficilement. La fatigue, le bébé et maintenant une chute. Mon genou me faisait horriblement mal. Heureusement, ta voix était toujours là pour me rassurer. Je vais bien, Maman. Et toi ? Un maigre sourire se dessine sur mes lèvres et je relève les yeux vers le sauveur.

« Merci.. »

Le mot m'avait presque brûlé les lèvres. Je n'aimais ni avoir besoin d'aide, ni me sentir redevable et encore moins devoir être reconnaissante. J'ai du mal à tenir debout. Je le regarde, insistante, gardant sa main dans la mienne. Je regarde autour de lui. Était-il accompagné ? Sinon que faisait-il là ? Était-il médecin ? sans blouse ? Je penche la tête.

« Je ne veux pas être indiscrète mais.. Vous attendez quelqu'un ? »

Sinon que ferait-il aux maternités ?



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Raphaël I. M. Elosiam
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Re: ••• falling pizza ; Raphaël | Mar 08 Mar 2016, 20:56

La vie contenait autant de compromis qu’un cerisier en fleur avait de pétales. Chaque décision que l’on devait prendre débouchait d’une réflexion sur le pour et le contre de nos actions. Et il y avait parfois des circonstances qui nous poussaient à endurer des choix contradictoires avec notre nature profonde à chaque instant. C’était cela que d’être un vampire et ne pas aimer se repaître de la souffrance des autres. Devoir s’alimenter en sang dans ces conditions relevait parfois d’un vrai défi. Je ne “chassais” pas comme certains. Je détestais avoir recours à la force juste pour ça. Lorsque nous étions jeune, ma mère effaçait l’esprit des gens auprès de qui elle s’alimentait, ainsi elle n’avait pas à les faire taire. Mais ça restait compliqué à notre époque. Heureusement, aujourd’hui, il y avait les dons de sang. S’il m’arrivait parfois de “boire à la source” chez des personnes qui me donnaient leur accord, je préférais sur le principe m’alimenter par des poches de sang. Ma nature ne me répugnait pas, loin de là, mais c’était plutôt l’idée que les gens se faisaient de nous devant ce genre de scène qui m’ennuyait. La vie d’un vampire comme moi était remplie de compromis.

C’était ce qui m’amenait aujourd’hui à l’hôpital : les dons de sang. En échange de donations, l’établissement acceptait de se séparer des poches dont ils n’avaient pas besoin sur l’instant. Bien sûr, d’un point de vue éthique, cette technique d’approvisionnement avait ses limites, mais… Comme je le disais, il fallait faire des compromis. Ainsi je me rendais à l’étage où ils conservaient les dons de sang afin d’obtenir une petite quantité de poches de sang total. C’était de sang total dont nous avions besoin, et de nos jours ils étaient très peu utilisés. Ils avaient plutôt recours à la transfusion de plasma ou d’hématies -les globules rouges-, ou de plaquettes en fonction des besoins. Les hôpitaux acceptaient donc plus facilement de se séparer des poches de sang total en surplus, qui n’étaient utilisées qu’en cas d’extrême nécessité.

Je dus passer par le service des maternités pour atteindre ma destination. Je transportais dans ma main droite une glacière, qui servirait à maintenir au froid les poches dont j’avais besoin. Cette pratique pourrait paraître repoussante pour certains, mais était-ce pire que de vider des innocents de leur sang ? J’en doute. L’échange fut assez rapide et cordial. L’opinion que les autres avaient des vampires s’améliorait avec difficulté. C’était toujours embarrassant pour moi comme ambiance. Je ressortis donc après quelques mots de banalités échangés avec le médecin. Je pénétrai à nouveau dans la zone de maternité, l’esprit quelque peu occupé. Cependant un mouvement sur ma gauche attira mon attention. Une jeune femme venait de se faire bousculer par un visiteur trop empressé et incivile. Je voulus retenir le coupable mais il passa trop vite et trop loin de moi. Décidément, le temps semblait effacer les règles de bonne conduite de nos jours. Je tournai la tête vers la silhouette qui avait posé un genou au sol. Inutile d’être un fin observateur pour remarquer le renflement de son ventre. Dans son état, elle allait avoir du mal à se relever, je parlais par expérience. Je m’approchai donc de la femme à l’étonnante chevelure rose et lui tendis une main pour l’aider à se remettre debout.

- Tout va bien Madame ? demandai-je, tant pour elle que pour l’enfant qu’elle portait.

Elle sembla hésiter avant d’accepter mon aide et de me remercier. ça me rappelait Sophie qui s’énervait parfois d’avoir besoin d’aide dans ce genre de situation. La fierté… ma défunte femme en avait une bien étoffée également. Je ne rompis pas le contact entre nos paumes, de peur qu’elle chancelât et chutât à nouveau. Elle le ferait d’elle même lorsqu’elle le jugera nécessaire. Elle scruta les alentours, et par mimétisme j’en fis de même, me demandant sur l’instant ce qu’elle cherchait. Mais sa question éclaira ma lanterne.

- Non, je n’attends personne, même s’il m’arrive de passer ici par simple caprice. Je ne suis que de passage. Cependant je n’allais pas vous laisser en difficulté. Et vous, vous n’êtes pas accompagnée ?

Je n’avais vu personne s’inquiéter pour elle lorsqu’elle était tombée. Personne pour se lever et l’aider. Elle devait sans doute passer l’écographie du 5e mois, qui faisait partie des 3 obligatoires durant le suivi de la grossesse. Le père de l’enfant ne s’était-il donc pas déplacé pour y assister ? Ce n’était pas mes affaires, de toute façon, mais ça me peinait pour la mère. Je n’avais jamais loupé une écographie, malgré la situation précaire dans laquelle nous nous trouvions avec Sophie, forcés de se faire discret pour que personne ne nous reconnût. Enfin, je supposais qu’il y avait une raison à tout cela.

- Souhaitez-vous vous asseoir ? Vous avez l’air épuisée.

Les cernes sous ses yeux m’avait frappé. Elle n’avait pas le même regard que ma femme au même mois de grossesse. Sophie était… plus épanouie. Et même plus que ça, mon sens de l’observation me renseignait sur son état de santé apparent, qui n’était pas des plus satisfaisants. Je m’abstins de tout commentaire, car ce n’était point mes affaires, cependant une question subsistait dans mon esprit : pourquoi ?




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Re: ••• falling pizza ; Raphaël | Jeu 17 Mar 2016, 18:01


falling pizza

Son regard avait l'air doux, quand je m'y perdais. Toute sa présence s'était figée sur moi comme si mon existence avait alors une importance centrale, à ce moment précis. Peut-être était-ce le cas ? Un maigre sourire au coin de mes lèvres, une toux rauque au fond de la gorge, je me relève avec son aide. J'aurais pu répondre que tout allait bien que je n'aurais pas réellement menti. Tout dépendait de la notion de santé que nous avions. Et malheureusement -ou heureusement, vu sous un autre angle-, j'imaginais que cela faisait bien une centaine d'années que je n'avais plus été en ce qu'on appelait communément une bonne santé. Je n'en vivais pas plus mal. Pourtant, depuis que j'étais arrivée, je culpabilisais de tout ça. L'alcool, la fumée et le manque de sommeil. Le café et la violence. Je ne pouvais pas continuer comme ça avec un bébé dans le ventre. Mais cela faisait trop longtemps que ces habitudes me collaient à la peau et je n'étais pas arrivée à m'en débarrasser. Tout ça à cause de ta voix qui me résonnait dans la tête. Sans ça, jamais je n'aurais eu envie d'arrêter.

Je lui souris pourtant, vaguement. J'avais oublié qu'il était d'usage d'être accompagné d'un homme dans ce genre d'endroits. Je fais un signe négatif de la tête, le regard dans le vide, las. Il avait raison, au fond, c'était peut-être inhabituel. Pourtant, il était le premier homme qui ne soit pas médecin que j'avais vu dans ces couloirs depuis que j'étais enceinte. L'esquisse de sourire vient décorer mon visage avant de retomber dans son expression de fatigue et de déchéance habituelles.

« Non, j'étais seule avant que vous n'arriviez.. »

Le terme qu'il avait employé était étrange. Qu'appelait-il des caprices ? La vie m'avait appris à toujours me méfier de mon prochain, peu importe son apparence. Et s'il avait l'air de quelqu'un de serviable, je me questionnais sur ce mot, cet unique mot qu'il avait employé. Est-ce qu'il mangeait des bébés ? Ou les volait ? Était-il un de ces psychopathes qui revendaient des enfants ? On avait eu un soucis comme ça, un jour, il y a fort longtemps. Une prostituée avait eu un enfant, à York. Elle a voulu le cacher pendant longtemps mais un an après la naissance, la petite a été revendue à une autre maison. Le type en question était un dégénéré complet et c'est mon unité qui avait été chargée de l'escorter jusqu'à la cour où il fut pendu. A première vue, il avait l'air de quelqu'un de simple, pourtant.

Je plissais les yeux, sceptique. Si de telles personnes existaient sur Terre, je me demandais s'il en existait ici aussi. Je notais dans un coin de ma tête de le questionner à propos de ses fameux caprices. Sauf qu'il renchérissait. Ma mine n'avait rien de beau à voir, visiblement.

« Rassurez-vous, ça ne doit pas être plus grave que d'habitude. »

Je reste debout, un souffle sifflant entre mes lèvres abîmées. N'importe qui qui posait le regard sur ma silhouette devinait toujours à quel point j'étais en mauvaise santé. C'en était presque vexant, au fond. Moi qui quelques années auparavant brillait dans les télévisions en noir et blanc, je faisais pâle figure à côté de celle que j'étais. Je passe une main dans mes cheveux, pensive. Jamais je ne voudrais retourner à cette époque, pourtant. J'en aurais presque ri, si tout ça avait été véritablement terminé.

« D'ailleurs mon état n'est pas si important. En revanche, je suis curieuse. Que vouliez-vous dire en parlant de vos caprices ? »



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Raphaël I. M. Elosiam
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Re: ••• falling pizza ; Raphaël | Dim 20 Mar 2016, 23:03

Je pris le temps d’observer plus en détail la future mère. Bien sûr, ce qui m’avait frappé en premier était sa chevelure d’un rose pâle, comme les pétales d’une fleur de cerisier. Bien évidemment c’était loin d’être si surprenant, sur l’île, une telle couleur. Sanctuary comportait une impressionnante diversité de couleurs de cheveux et d’iris, ce qui formait dans les rues un véritable patchwork arc-en-ciel presque irréel. Et ma “nièce” Séréna portait également cette couleur, quoique d’une teinte plus vive. Cependant, cela restait une coloration naturelle peu répandue, même ici, ce pourquoi elle avait attiré mon attention dès le premier coup d’oeil. A présent suffisamment proche d’elle, je pus distinguer avec précision l’éclat de ses prunelles, d’un vert clair tirant sur le bleu. Ce regard vert d’eau laissait transparaître une lueur étrange, semblable à une certaine lassitude. Cet éclat dans ces yeux me rappelait ceux que j’apercevais parfois dans celui de certains de mes congénères, du moins les rares qui vivaient sur Terre. Cela témoignait d’une certaine expérience de la vie. Combien d’épreuves difficile avait dû-t-elle traverser ? Je ne serais pas surpris qu’elle fût bien plus âgée qu’elle ne le paraissait ; les vampires et les mythologiques n’étaient pas si rares sur l’île.

Un pâle sourire se dessina sur ses lèvres fines et craquelées. Je me demandais ce qui pouvait bien l’empêcher de prendre soin d’elle pour en arriver à ce point. Ou, d’un autre point de vue, ce qui la poussait à s’ignorer, voire à s’infliger cet état. Des questions qui jamais ne franchiraient la barrière de mes lèvres, par soucis de discrétion, car ce n’était pas mes affaires et je doutais qu’elle y répondît, de toute manière. A sa place, je ne me confierais pas non plus à un parfait inconnu, surtout sur un tel sujet. Ce sourire suffit à ranimer pour un court instant l’éclat de son visage. Puis la lumière s’évanouit, aussi vite qu’elle était apparue. Elle hocha négativement la tête avant de me répondre. Non accompagnée, hein ? ça me faisait de la peine pour elle. Il y avait certainement une bonne raison pour expliquer sa solitude en un tel lieu. De toute façon, je n’avais pas à m’en mêler. Je sentis son regard inquisiteur sur moi, avec la sensation d’être sondé avec intensité. Cette analyse me mit mal à l’aise, et je passai une main dans mes cheveux. Nul doute qu’elle était d’un naturel méfiant, pourtant je me demandais ce qui provoquait une telle réaction chez elle. Je ne pensais pas pouvoir susciter une telle attitude. Ma soeur me disait même que je me montrais trop gentil. La jeune femme passa outre, du moins pour l’instant, et m’assura que ce n’était pas plus grave que d’habitude. Etrange pour une future mère… Et puis elle revint aussitôt sur l’origine de son malaise. Je compris alors ce qui l’avait intriguée.

- J’ai vraiment dit “caprices” ? Pardonnez-moi, ce n’était pas vraiment le terme que j’avais en tête sur l’instant. Enfin, maintenant que j’y suis, je me dois effectivement d’être plus clair.

Mon buste se décala de trois quart pour me permettre d’embrasser le lieu du regard. Les femmes au ventre plus ou moins arrondis attendaient assise, souvent accompagnée de leur compagnon, quelques unes par une femme, sans doute une parente. Je me revoyais il y a seize ans fouler les pieds d’une pièce similaire, sur Terre, avec discrétion. Les choses étaient si compliquées à l’époque, la crainte d’être découverts et l’angoisse du futur incertain… Mais j’en gardais néanmoins de bons souvenirs.

- Cet endroit me rappelle des souvenirs agréables, alors… Parfois je cède à la tentation de le traverser. pour mieux m’imerger, certainement. Cependant ça a aussi tendance à me rendre nostalgique. Cela doit expliquer pourquoi ma langue a fourché. Mon subconscient estime sans doute que venir dans un lieu où je n’ai pas ma place, pour simplement se souvenir d’un passé lointain, n’est qu’un caprice.

Le pensais-je vraiment ? Sans doute. Après tout, je n’avais aucune raison de passer ici. Je pouvais très bien emprunter un chemin plus cours en traversant le couloir des chambres. Mais il fallait croire que j’avais un côté capricieux. Ou plutôt entêté. Mon regard revint sur la jeune femme. J’espérais que cette explication lui conviendrait -il ne s’agissait après tout que de la stricte vérité- et qu’elle dissiperait le malaise qui s’était installé. Mes iris bleu-vert parcoururent rapidement sa silhouette avant de se teinter d’une certaine inquiétude, mêlé à la désapprobation. S’ingligeait-elle réellement elle-même cette souffrance physiologique ? Si oui, pourquoi ? Je ne cessais de me poser une question, mais je n’oserais pas la prononcer à voix haute.

- Vous en êtes à votre cinquième mois, si je ne me trompes pas. Êtes-vous sûre de ne pas vouloir vous asseoir ? Votre corps semble épuisé.

Elle risquait de me trouver trop insistant. Mais c’était plus fort que moi, il fallait toujours que je me préoccupe de la santé des autres, même de parfaits inconnus, comme si répandre un peu de bien-être autour de moi suffirait à chasser ma souffrance intérieure. C’était peut-être ça, un besoin inassouvi de faire le bien pour tenter en vain d’apaiser mon coeur.




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Re: ••• falling pizza ; Raphaël | Mar 22 Mar 2016, 16:30


falling pizza

Son regard était devenu insistant. Une fois fixé sur mes lèvres et l'autre fois fixé sur mes yeux. Comme s'il analysait mon anatomie. Je faisais ça, moi aussi, lorsque je rencontrais des gens. Je me méfiais. Mais son allure n'avait pas l'air si méfiante que ça. Non, lui il semblait plus curieux que véritablement sur ses gardes. Au bout de ses lèvres débordaient toutes ses interrogations silencieuses, étouffées au fond de sa gorge. Lorsqu'il s'explique, j'avais déjà décroché de la discussion. Le regard ailleurs, inattentive. C'était impoli, peut-être. Mais je n'avais jamais vraiment été éduquée et les manières ne m'avaient d'ailleurs jamais intéressées. Faire semblant d'être captivée par les paroles d'un inconnu ne me donnait pas tellement envie, au fond. S'il avait une bonne raison d'être là, je n'avais donc plus rien à lui reprocher. Discuter n'était pas mon atout le plus précieux, en vérité. La parole et les grands discours étaient pour les gens grands et pleins de carrure. Moi, je préférais me battre. Je préférais être libre et donc perdre tout espoir en les mots qui n'avaient fait que me desservir jusqu'à présent. Si les mots pouvaient être beaux, ils pouvaient aussi être tranchants. Je n'avais aucun moyen de savoir si ses paroles étaient des mensonges ou la vérité. A dire vrai, ça m'était plus ou moins égal. Je n'y pouvais rien quoiqu'il arrive.

Il avait une attention particulière envers moi que je ne comprenais pas. J'avais toujours sauver des vies pour me donner bonne conscience parce que j'estimais être un monstre. J'avais tenté de faire la justice pour me convaincre d'être une bonne personne et pour montrer au monde que je n'étais pas rien qu'une meurtrière. Mais à vouloir être une justicière, on finit par détruire des vies qui elles non plus n'avaient rien demandé. Au nom d'une reine, d'un roi, d'un seigneur, d'une patrie. Au nom de qui ou de quoi je vous le demande. Ces noms tâchés de sang, je ne les laverai pas. Personne ne le peut. Mais lui, pourquoi le faisait-il ? Voulait-il se persuader de ne pas être un monstre, lui aussi ? Son visage semblait si paisible pourtant.

Au fond, je suis une ingénue. Je me plais à imaginer un monde où le crime n'existerait pas. Un monde où les grands noms ne seraient rien que des noms, un monde où le sang versé serait lavé par les larmes et pas les armes. C'est cette pensée, permanente, qui me torturait, chaque jour. Qui me donnait cette mine si pitoyable. Car le monde ne changera pas. Et je le salis, moi aussi.

« Ne vous inquiétez pas.. »

Ses manières étaient insistantes. Comme s'il avait peur que je m'écroule. Mes jambes avaient l'air si faibles que cela ? Je ne me sentais terriblement mal en point, pourtant. Le quotidien avait toujours été ainsi, une mine de déterrée et les jambes fragiles. Mais je m'y tenais debout, sans aucun soucis. J'étais beaucoup plus forte que ça. Je le savais bien. Je connais mes limites et celles-ci n'avaient jamais été même effleurées durant les cent dernières années. Ce n'était pas un bébé qui allait me faire plier le genou. Tu n'étais et n'as jamais été mon ennemie, de toutes façons. Comme si un poids en plus ou en moins pouvait faire la différence. Au point où j'en étais..

« Souriez donc, mon ami, la vie pour moi n'est pas aussi terrible que vous semblez l'imaginer. »  

Je me dirigeais vers la sortie, d'un pas lent mais posé. De sous mes longs cils noirs, mon regard s'était figé sur mes pieds. Je fus extirpée de mes pensées lorsqu'un médecin accourut derrière moi, appelant mon nom. Madame O'Donnell qu'il avait dit. Ça sonnait plutôt bien, finalement. A l'époque, je tenais cette appellation en horreur. Ça me rappelait mes années militaires, lorsque les soldats se moquaient de mon statut de femme. Ils avaient tous fini par disparaître, de toutes façons.. Et leurs moqueries avaient même fini par me manquer. Le médecin, essoufflé, s'arrête devant moi, un sourire au coin des lèvres. Il me demande confirmation quant au père de l'enfant, que j'avais signalé comme étant un humain, mais il semble perplexe.

C'est un dragon. Cheveux blonds qui gisait sous terre avait donc été un dragon ? Comment avait-il pu se faire arracher la gorge aussi facilement ? Sans se défendre ? Je serrais les dents. N'avait-il pas pu se défendre, plutôt que de me sourire ? Je fronçais les sourcils. Il devait y avoir erreur. Pourtant, le médecin avait l'air décidé.

« Je n'étais pas au courant.. »

Je me retourne alors, le dos courbé, les poings serrés. J'avais horreur de parler de lui. Du père de l'enfant. Et les médecins avaient un peu trop tendance à me rappeler qu'il avait existé, un jour. Qu'on ne tombait pas enceinte du jour au lendemain sans avoir eu un amant, un compagnon. Une étoile disparue à jamais.



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Re: ••• falling pizza ; Raphaël | Dim 29 Mai 2016, 19:35

Elle devait me trouver bien étrange mon intérêt pour son bien-être, alors que nous ne nous connaissions pas avant cette rencontre. Peut-être même envahissant, qui sait. Je savais décrypter les intentions des gens à leur comportement mais je ne lisais pas dans leurs pensées pour autant. Beaucoup devaient me trouver trop gentil, naïf. Mais qu’importait ? Leur opinion ne regardait qu’eux à partir du moment où ils ne le partageaient pas. Et personne ne punirait la liberté de penser de nos jours. Ainsi cette future mère avait bien le droit de me trouver trop insistant, moi qui était un parfait inconnu. Il se déroula un instant pendant lequel l’un toisait l’autre, cherchant à le définir ou à deviner ses intentions. Et puis elle brisa le silence qui tentait de se faire maître. Ne pas m’inquiéter… oui, je devrais sans doute éviter pour n’importe qui. Mais, une femme enceinte n’était jamais n’importe qui à mes yeux. Pouvoir les aider, c’était… comme un moyen d’aider Sophie à travers elles, à défaut d’avoir pu être là ce jour fatidique, alors qu’elle n’avait jamais autant eu besoin de moi. Naïf ou stupide sans doute, mais chacun avait sa propre manière d’apaiser ou d’oublier sa souffrance.

- Je l’espère sincèrement pour vous, répondis-je en souriant à sa deuxième réplique. Pardonnez-moi si je vous ai offensée, je ne voulais pas vous faire passer pour moins forte que vous n’êtes.

Malgré son apparence, il y avait cette assurance qui se dégageait d’elle, signe qu’elle faisait confiance en ses capacités à surmonter ce genre de coups de fatigue. Peut-être qu’elle avait traversé des épreuves cent fois plus éprouvantes. Je faisais confiance en son jugement sur ce point. Elle prit la direction de la sortie. Puisqu’il s’agissait également de mon chemin, je pris la liberté de marcher à ses côtés, quand bien même nous nous séparerions peu de temps après. Cependant un médecin arriva avant que nous ayons pu atteindre l’entrée. Il la prit à part, et je m’écartai respectueusement de plusieurs mètres afin de garantir le secret professionnel. Ce qu'il lui communiqua parut la bouleverser. Du moins je le compris ainsi lorsqu’elle tourna le dos au médecin. Le dos courbé, les poings serrés, elle semblait avoir du mal à avaler l’issu de leur entrevue. Je m’approchai d’elle lentement.

- Venez prendre un peu l’air, ça devrait vous faire du bien.

Je lui désignai la porte d’entrée. La nouvelle du médecin, quelle qu’elle fut, semblait lui rester en travers de la gorge. Son corps parlait pour elle  ; poings serrés, mâchoires crispées, épaules voûtées. Je ne posai aucune question,e contentant de lui offrir une porte de sortie. Je lui ouvris la porte et la laissai passer devant moi. Je me laissai distancer de quelques mètres pour qu’elle gardât un peu d’espace vital. Puis je la rejoignis au bout d’une minute de solitude.

- Ça va mieux ? m’enquis-je sans aller plus loin.

Je n’osais pas lui proposer de s’assoir sur le banc le plus proche, de peur de l’offenser. De toute façon, si elle en ressentait le besoin elle le ferait d’elle même. Je lui désignai la fontaine à eau la plus proche.

- Un verre d’eau peut-être ?

Je réalisais qu’elle me trouvait peut-être trop envahissant pour elle, une parfaite inconnue, à tout le temps lui proposer de quoi faire passer une mauvaise nouvelle -enfin je ne savais pas si c’en était une, mais elle n’avait pas l’air de bien le prendre. Je soupirai, me trouvant un peu stupide d’agir ainsi. Puis je lui souris, l’air gêné.

- Pardonnez-moi, je dois vous agacer avec mes bonnes attentions. C’est plus fort que moi.

Elle ne serait pas la première qui s’énerverait à cause de mes manières. De toute façon, je pouvais le comprendre et ne lui tiendrait pas rigueur si elle s’énervait à cause de ça. J’espérais surtout ne pas la blesser, à la faire paraître pour plus fragile qu’elle ne l’était, certainement.




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J'ai traversé le portail depuis le : 04/07/2015 et on me connaît sous le nom de : Pizza. Mon nom est : Hysteria Prudence O'Donnell. Actuellement je suis : enceinte. Il paraît que je ressemble à : Lightning Farron (FFXIII) & Olivia Wilde (irl) et à ce propos, j'aimerais remercier : Tia my lov ♥ (signa)
Re: ••• falling pizza ; Raphaël | Ven 24 Juin 2016, 15:46


falling pizza

Il y avait des jours ainsi, où malgré tous nos efforts, on finissait nécessairement par se reprendre un piano sur la tête ou par glisser sur une peau de banane. Il y avait des jours ainsi, où même en essayant de prendre appui contre un mur, on se rendait compte qu'il venait d'être repeint. La main glisse, le pied perd son appui et le corps tombe, emportant l'esprit avec. Je n'avais pas glissé à cause d'un mur repeint et je ne m'étais pas prise un piano sur la tête. Mais j'avais bien l'impression d'avoir un nuage noir au-dessus de moi, comme une malédiction. C'était tout ce qu'il fallait pour faire payer mon ignorance. C'était ironique, au fond. Assez pour m'arracher un maigre sourire lorsqu'il me propose de prendre l'air. Je suis son conseil, plissant le nez. Comme un instinct fondu au fond de mon ventre, je lève le nez vers le ciel et plisse les yeux. Il allait pleuvoir, malgré tout ce que pouvait annoncer le ciel bleu et dégagé d'une quelconque masse nuageuse. Je redresse la tête, le regard lâche et les lèvres entre-ouvertes comme pour reprendre mon souffle. Je passe une main dans mes cheveux et me retourne pour le regarder, lui, et son regard pétillant. Je souris. Puis me referme. Je fais un mouvement négatif de la tête.


Était-il véritablement inquiet ? Je hausse les épaules, paralysée dans mon mutisme. En fait, qu'il l'ait vraiment été ou pas ne changeait pas que ce qu'il faisait avait un impact sur moi. Comme une sorte d'émotion fébrile au bord de mon cœur qui avait cessé de battre pour quoi que ce soit. Une émotion fébrile au bout de mes doigts tremblants. Je n'avais ni froid, ni peur. Un courant électrique passant dans mes bras, dans mes mains et jusqu'au bout de mes ongles cassés. Je papillonne des yeux et carre les épaules, juste de quoi me sentir consistante. Mes mains viennent attraper mes coudes et je me renferme. Comme une enfant.


« Ne vous en faites pas pour si peu.. »


Un sourire illumine à nouveau mes traits, quelques secondes avant de s'éteindre. Il fane. Mon souffle froid au bout de mes lèvres et mon regard planté dans le sien. Une seconde de plus et je me sentais tomber. Je relève les yeux. Les nuages approchaient, d'un gris clair à peine menaçant. Une grimace vient déformer mes lèvres et je replonge mon regard sur sa silhouette. C'était puéril, sûrement, mais je me demandais vraiment s'il était sincère. Est-ce que cette lueur douce au fond de ses iris brillants m'était-elle vraiment destinée ? De sous mes longs cils noirs, je le détaille, sans complexes, comme s'il avait toujours été proche. Et je me rapproche, d'un pas seulement, comme pour me rappeler de ses traits. De son odeur, peut-être.


Quelque chose m'intriguait chez lui. Peut-être qu'il puait un peu trop la bonne humeur pour être sincère, mais je ne décelais aucune mauvaise intention dans ses mots ou dans ses yeux. Il me déstabilisait. J'avais été habituée à tuer des enfoirés, des idiots ou des vendus. Quand je tuais un homme respectable, je m'efforçais d'effacer son souvenir, de l'oublier de toutes mes forces et de ne plus jamais y repenser. Je commençais à comprendre qu'il y avait beaucoup plus de bonnes personnes que je voulais bien le croire.


« Ce n'est pas vraiment vos bonnes attentions qui m'agacent. En fait vous ne m'agacez pas. Mais j'avoue avoir du mal à comprendre la raison de votre insistance. »



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Re: ••• falling pizza ; Raphaël | Mar 12 Juil 2016, 10:56

Quelle tristesse qu’une jeune femme d’apparence comme elle se retrouvât seule pour sa grossesse. J’espérais que le peur de l’enfant ne l’avait pas abandonnée, et pourtant, cela signifierait alors qu’il lui était arrivé un malheur. Du moins y’avait-il peu d’autres possibilités pour expliquer la situation actuelle de mon interlocutrice. Elle était visiblement de ces gens qui refusaient de susciter de l’inquiétude ou de la pitié chez les autres, et préféraient garder pour eux leurs malheurs et prétendre aller pour le mieux. Il est vrai que se sentir autant au centre de l’attention pouvait gêner, au point de paraître fragile. Chacun agissait différemment pour se protéger. Et le renfermement soudain de la future mère ne me froissa d’aucune manière. J’avais toujours été très compréhensif et ouvert d’esprit. Trop, me disait parfois ma soeur.

Je suivis son regard vers le ciel. Les nuages clairs se rapprochaient, menaçant le beau temps. Bientôt, la pluie s’abattrait et nous serions forcés de nous abriter, soit dans l’hospice, soit chez nous. Je sentis le poids de son regard sur moi. Mes yeux glissèrent de nouveau sur elle. Elle m’observait, d’une intensité telle qui suscita un certain embarras. Juste retour des choses si je l’avais moi aussi gênée avec mes manières. Il faudrait que je songe un jour à prendre un peu sur moi et cesser de vouloir aider ceux qui m’entouraient, d’autant plus qu’ils ne le souhaitaient pas forcément. Sa question me laissa un moment muet, ne sachant quoi répondre. Non pas que je ne trouvais rien à lui dire, mais je me demandais comment le formuler, et si je le pouvais seulement. Je m’étais montré “étrange” en même temps ; cela méritait quelques explications. Mes yeux se baissèrent sur le verre d’eau que je tenais toujours. Un sourire triste et gêné à la fois étira mes lèvres.

- J’imagine oui. Vous n’êtes pas la première et ne serez sans doute pas la dernière.

Un discours futile qui ne servait qu’à me laisser le temps et retarder l’échéance. Mon regard se perdit un instant dans la contemplation de la fontaine, non loin. L’eau qui surgissait des jets d’eau me faisait penser au temps qui s’écoulaient. Ceci me ramena inévitablement 16 ans en arrière. Je fermai les yeux en soupirant et inclinai légèrement la tête vers mon buste, avant de la regarder à nouveau dans les yeux.

- Je suppose que c’est votre condition. Je suis d’un naturel serviable, un peu comme un preux chevalier, lâchai-je avec un rire léger. Mais je me suis toujours montré plus avenant avec les femmes enceintes.

Je revoyais Sophie avec son ventre arrondis et ces étoiles éblouissantes dans les yeux, et ce malgré l’anxiété que notre union clandestine ne soit dévoilée. Nous étions heureux, même si tout aurait pu être mieux si seulement il n’y avait pas eu ce conflit éternel entre nos deux peuples. M'apercevant de mon silence, je relevai les yeux vers le visage de l’inconnue.

- Pardonnez-moi. C’est juste que… mon regard fixa un point invisible à droite de l’épaule de la future mère. J’ai toujours adoré les enfants, et les femmes enceintes me rappellent l’époque où ma femme était enceinte. Je suppose que c’est pour ça que je me montre aussi insistant quant à leur état de santé ; c’est comme si je m’occupais d’elle encore aujourd’hui.

Le ton mélancolique de ma voix était assez prononcé pour laisser deviner qu’elle n’était plus de ce monde. Un voile étouffa un instant l’étincelle de mon regard. Même seize ans après, la douleur était toujours là, presque aussi forte, et le vide dans mon coeur toujours aussi profond. Ma poitrine s’abaissa lentement à mesure que je soupirai. Puis je repris contact avec la réalité, et mes yeux papillonnèrent, comme si je m’éveillais d’un sommeil songeur.

- Ah, excusez-moi je m’égare. Je pris une inspiration profonde avant de retrouver un semblant de sourire. Je ne vais pas vous ennuyer plus longtemps avec ça, vous avez certainement votre lot de problèmes.

Je souriais, pourtant le voile de mélancolie dans mon regard ne s’était pas entièrement levé. Telle était mon humeur depuis seize ans, oscillante, se balançant entre la nécessité de continuer à vivre en souriant, et la nostalgie d’un bonheur passé dont je rêvais presque toutes les nuits.




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Re: ••• falling pizza ; Raphaël | Mar 19 Juil 2016, 18:13


falling pizza

──Chevalier. Elle sourit, d'un sourire presque triste - pensif. Elle ne savait plus quoi penser de ce mot qui avait teinté ses mains de sang, détruit sa fierté pour en faire devenir un cauchemar - elle était une tueuse. Tout ça parce qu'elle était Chevalier. Peut-être était-ce le terme Preux qui lui avait simplement manqué. Elle sauta sur le mot, comme pour l'oublier, passa à l'autre et fini de hausser les épaules pour effacer les souvenirs qui embrumaient son esprit fermé. Elle n'avait jamais eu envie de parler du passé, encore moins si celui-ci faisait la une des journaux ; elle refusait de voir ce qu'elle avait été - ce qu'elle est toujours. Elle avait peur d'admettre qu'à l'intérieur d'elle, l'enfant n'était pas un monstre mais véritablement un enfant, elle avait peur de l'aimer ; elle avait peur car elle avait toujours détruit ce qu'elle aimait. Elle ne voulait pas détruire la seule chose qui lui restait.

──Mais elle le faisait. Par son manque d'attention, son manque d'hygiène de vie, son manque de vie tout court. Elle était une catastrophe en tant que mère, peut-être le remarquait-il. Elle se demandait un instant s'il la jugeait, sur sa condition, sa manière d'être, de faire. Peut-être la trouvait-il simplement pauvre d'esprit, limitée pour laisser son enfant pourrir ainsi. Pourtant, lorsqu'elle fermait les yeux, elle savait qu'elle était plus forte que ça. Elle était un dragon ; un barghest ; elle était deux êtres qui avaient connu les pires guerres et ravagé les champs de bataille. Elle était forte. Elle en prenait conscience.

──Un maigre sourire se dessina sur ses lèvres, presque imperceptible. Son regard s'était perdu, accordant plus d'attention à ses paroles qu'à son visage. Elle haussa les épaules lorsqu'il parla de sa femme. Elle fronça les sourcils, le regarda enfin. Elle avait planté ses yeux dans les siens, intriguée tout à coup par l'homme qui lui faisait face.

« Vous avez perdu votre femme ? »

──Il avait parlé au passé, comme un peu triste ou juste mélancolique ; il ne pouvait pas être ravagé et aimant à ce point, si ? Elle serra les poings, frappée tout à coup par l'injustice du monde, qui prenait le souffle des belles personnes et laissait les monstres en vie, courir dans les rues malfamées. Elle serrait les dents. Parce qu'elle détestait ce qu'elle constatait. La justice qu'elle tentait de faire régner n'était qu'une chimère. Et elle mourrait sans avoir pu goûter à la joie de se sentir pleinement impartiale. Elle était pitoyable. Mais quelque chose d'encore plus terrible la percutait alors.

« Où sont vos enfants ? ou votre enfant ? »

──Elle avait parlé d'une voix ferme mais sans violence. Elle aurait aimé qu'il réponde des tas de choses ; ils sont à l'école, ils jouent à la maison, n'importe quoi. Elle aurait aimé ne pas se sentir responsable du malheur de quiconque. Mais elle l'avait rencontrée, et elle se sentait mortellement coupable d'être dans un état si pitoyable quand d'autres souffraient davantage.



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Raphaël I. M. Elosiam
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Re: ••• falling pizza ; Raphaël | Dim 30 Oct 2016, 17:44

Parfois je m’imaginais ce qu’aurait pu être ma vie si ce drame n’avait pas eu lieu. L’éducation de nos enfants, les dîners en famille, les fêtes d’anniversaires… en supposant que nous aurions eu une vie normale avec ce mariage caché et ces enfants protégés de la connaissance de tous. Ce n’était pas bien, pour moi, mais je ne pouvais empêcher ces pensées de m’envahir. Voir cette jeune femme enceinte apportait inévitablement ces rêves qui resteraient toujours hypothétiques. Je ne faisais rien pour les éviter. Comme si mon subconscient se nourrissait inlassablement de ces chimères.

L’observation assidue de mon interlocutrice me rendit soudain mal à l’aise. Je me rendais compte seulement maintenant que j’avais beaucoup parlé. Trop, peut-être. C’était édifiant comme la langue pouvait se délier facilement devant un parfait étranger, alors qu’elle se paralysait en face d’une personne qui nous était chère. Je m’attendais presque à ce qu’elle me demandât pourquoi je lui racontais ça, à elle, une simple étrangère. Et j’avoue ne pas savoir quoi lui répondre si ça arrivait. Mais il n’en fut rien. Au lieu de cela, elle posa une question somme toute innocente, qui m’arracha un sourire triste. Un voile furtif de mélancolie et de souffrance obscurcit une fraction de seconde mon regard bleu-vert.

- Oui, elle est décédée il y a longtemps. Pourtant, son souvenir est partout autour de moi. Elle vit sans doute encore en moi, dans un sens.

Nourrir son souvenir participait peut-être à la faire vivre, même après son trépas. Ne dit-on pas qu’une personne aimée continu d’exister dans notre coeur, quoi qu’il arrive ? Ma nature poétique et romantique voulait bien le croire en tout cas. Mickaël l’aurait certainement affirmé, s’il était encore là. Lui aussi, mon jumeau, il vivrait toujours en moi. Même s’il avait emporté une partie de moi dans sa tombe.

La question suivante de la jeune femme, je pouvais également m’y attendre. Mais elle me tira subitement de mes rêveries, à tel point que j’en fus premièrement surpris. Il faut dire que je n’avais jamais l’occasion de parler enfants, d’habitude. J’aurais aimé lui répondre que mes enfants étaient restés à la maison. Elle aurait certainement préféré entendre ça aussi. Malheureusement, je n’étais pas un menteur. Je pouvais ne pas dire les choses, mais à présent, je me sentais en devoir d’être honnête, surtout après avoir lancé le sujet. Et de toute façon, mon regard en ce moment même apportait presque à lui seul toute la triste vérité.

- Ils sont… Ma femme est morte avant d’avoir pu les mettre au monde, lui appris-je d’une voix fébrile.

J’avais toujours cette sensation désagréable quand je repensais à ce jour fatidique. Comme si un détail important m’avait échappé. Mais plus j’y pensais, moins j’y voyais clair, et de toute façon, cette période était toujours restée floue dans mon esprit. J’avais été tellement dévasté d’avoir perdu deux âmes… non, quatre en une seule journée. Car je savais qu’elle portait des jumeaux, même si nous ignorions leur sexe -à notre demande, l’échographiste l’avait gardé pour lui.

- Enfin, je ne vais pas passer des heures à vous conter mes malheurs, ce doit être bien déprimant à force, je m’en excuse.

Je soupirais, encore contrit par ma facilité déconcertante à me confier à cette femme qui n’avait rien demandé et qui devait penser d’abord à elle-même avant de servir de soutien à des inconnus. En parlant d’inconnu, je me rendis compte que je n’avais même pas cherché à savoir qui elle était. Et je ne m’étais pas non plus présenté. A mon époque, on dévoilait toujours son nom avant d’engager la conversation avec une noble dame. Il me fallait rectifier cela.

- Pardonnez mon impolitesse, je vous parle depuis tout à l'heure alors que je ne me suis même pas présenté. Je m’appelle Raphaël. Raphaël Elosiam. Et à qui ai-je l’honneur ?

Peut-être me réponderait-elle que de nos jours, il n’était pas forcément nécessaire de s’échanger nos identités pour converser librement. J’avais encore tant d’habitude du dix-neuvième qui m’étaient restées...




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