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 •01►Une Dernière Fois◄[PV:Hadès]•

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•01►Une Dernière Fois◄[PV:Hadès]• | Mar 17 Nov 2015, 21:56


Elle ne compte plus les années...
Perséphone se meurt lentement, sa mère s'inquiète. Elle souffre en silence derrière des petits sourires rassurants qui ne trompent pas la chair dont elle est la chair. Aussi divine soit-elle. Mais Perséphone n'a jamais voulu écouter. Perséphone pendant des dizaines d'années, peut-être centaines, a espéré revoir son bonheur se reconstruire. Elle a cru en lui, elle a cru en eux. Elle y a cru pour eux deux. Mais Perséphone s'essouffle, elle est lasse de cette vie à demi où tout n'est que mensonges et faux semblants. Les fruits et les couleurs sont fades. Ces sourires sont faux. Ces soupirs trop présents. Perséphone agonise, elle s'épuise d'espérer autant. Elle n'arrive pas à oublier... Son coeur est si lourd. Son coeur souffre, son coeur crie et implore qu'on le libère de ce fardeau. Perséphone n'arrive pas à l'oublier. Elle n'arrive pas à se détacher de  l'amour qu'elle porte à Hadès. Elle en souffre chaque jour qui passe. Chaque heure, chaque seconde... Ses bras quémandent sa chaleur, ses lèvres implorent ses baisers et  ses mains se damneraient pour retourner vagabonder dans sa chevelure sombre. Oui, Perséphone l'aime et une fois encore sa mère lui dit qu'il est temps d'en finir. Qu'il est temps d'arrêter d'y retourner.


Il sera donc question d'un dernier et unique repas.
Perséphone, belle divinité printanière, tu as le coeur aux bords des lèvres. Et les larmes au bord des yeux. Tu observes dans le miroir ce visage que tu ne te reconnais pas. Il est tiré, il est marqué, usé, fatigué. Tu soupires et recoiffes tes boucles sur le côté d'une barrette de platine entièrement gravée surmontée d'une rose à la couleur pastel. Un peu de rose sur tes lèvres, un peu de parfum sucré à ton cou. Tu es prête, dans ta robe de mousseline blanche et de dentelle rose assortie à la fleur de tes cheveux d'or. Tu es ravissante. Lorsqu'on possède une beauté de déesse, les artifices sont obsolètes. Tu n'y vas pas pour qu'il te trouve jolie aujourd'hui, non bien sûr. Mais tu l'espères en secret, même si tu ne veux, tu ne peux, te l'avouer.

Tes chaussures à talons claquent le sol de ce manoir.
Dont tu connais les couloirs comme jamais. Lorsque tu passes à côté du jardin, il te vient une idée. Tu demandes à ce qu'on y installe votre table. Une table simple aux dimensions modestes, un repas sain aux saveurs légères. Tu sens déjà que tu ne pourras rien avaler. Les démons s'affairent et s'entrechoquent en silence dans le palais. Il ne faut pas qu'il soit remarqué. Tu viens voir ce majordome oublié du temps et tu lui laisses ce simple papier :

« Hadès, c'est aujourd'hui.
Nous ne mangeons pas dans la salle de repas.
Je suis bien dans cet endroit que j'aime tant.
Je t'attends, s'il te plait.
Perséphone.
»

C'est un peu démodé, de ne laisser qu'un simple papier.
Mais c'est le genre de pratiques qui te plaisent énormément. Cela te laisse le temps de souffler, de te préparer. Oh Douce Perséphone, tu n'es pas rassurée. Ton cœur s'affole rien que d'y penser. Tu fais les cent pas dans ce jardin aux fleurs en cristal. Tu observes avec nostalgie ce petit dôme aux murs étincelants. L'endroit fut créé à ton arrivée, petit pour donner l'impression d'y être en sécurité. Tu l'aimes ce jardin, ce palais, et cet homme. Hadès, le dieu des Enfers.




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Re: •01►Une Dernière Fois◄[PV:Hadès]• | Lun 15 Fév 2016, 00:15



Une dernière fois

PV Perséphone








Les lettres se dessinaient en variations d'arabesques et autres fioritures, formant une écriture élégante semblant appartenir à un autre temps. Sur le papier la caresse de la plume était légère, mais le sillon sombre qu'elle laissait à son passage suivait une direction très précise. La main qui la tenait appartenait à une personne qui savait ce qu'elle voulait, et faisait tout pour l'avoir ; une personne douée d'une grande volonté, ainsi que de la force nécessaire pour dissuader quiconque d'aller à son encontre. Cette main appartenait à un roi.
Hadès, dieu des Enfers et roi des morts. La moindre de ses paroles faisait office de loi en ces terres stériles. Bien sûr, il avait parfaitement conscience de son rôle et des responsabilités l'accompagnant, ainsi ne commettait-il jamais l'erreur de les prendre à la légère. Son assiduité était sans pareil. Tout comme, il n'avait jamais fauté en se basant uniquement sur ses sentiments pour prendre une décision. Les siennes étaient toujours mûrement réfléchies, d'où leur sagesse digne d'un monarque aussi âgé que lui.

Du moins, de nos jours, c'était le cas. Mais les terriens eux-mêmes savaient quel genre d'individu le fils de Chronos avait été, et ceux qui le côtoyaient un minimum savaient qu'il n'était pas devenu l'archétype du bon roi adulé par tous ses sujets. Il était un personnage froid, capable de torturer sans ressentir quoi que ce soit.

Hadès. Ce nom n’évoquait pas seulement un sombre seigneur régnant d'une main de fer sur une contrée impitoyable ; il faisait aussi penser à un personnage d'un égoïsme sans limites, qui n'avait pas hésité à kidnapper sa future épouse au sacrifice de son propre honneur - ou du moins, le peu qu'il en avait à l'époque. Lui était-il arrivé de regretter cette décision ? A vrai dire, cela ne lui avait jamais traversé l'esprit. Le brun ne saurait regretter d'avoir tout mis en oeuvre pour s'approprier l'objet de ses désirs, quand bien même sa chère sœur Déméter n'avait jamais su lui pardonner. Cependant, il lui arrivait tout de même de penser qu'il avait sans doute eu d'autres alternatives à l'époque ; il ne les avait tout bonnement pas considérées, trop pressé qu'il était d'amener à ses côtés une merveilleuse fleur nommée Perséphone.

Le papier buvait l'encre comme le souverain buvait à la fontaine des ses iris azurées. Elle avait beau ne plus habiter avec lui dans le palais, s'être mise hors de sa portée, jamais il n'avait pu oublier son regard aussi scintillant qu'un paisible cours d'eau sous un soleil estival. Elle le hantait, et le souvenir de sa chaleur emplissait d'une glaciale solitude tout ce qu'elle avait effleuré durant sa vie aux Enfers. Y compris sa peau, son âme, et son cœur. Or Hadès n'avait rien connu d'autre que cette désagréable sensation avant de rencontrer Perséphone, avant de ressentir cette fièvre qu'elle savait si bien provoquer en lui. Alors aussi divin puisse-t-il être, il ne se doutait aucunement que son départ le heurterait tant. Qu'elle lui manquerait plus que de raison.

Désormais, il s'imposait de ne rien savoir. Mais son inconscient le trahissait : chaque fois qu'il voyait une fleur éclore, qu'un rayon de printemps venait consoler sa peau de marbre par une caresse, il pensait à elle. Et dès qu'à lui se présentait une blonde aux yeux bleus, avec un visage harmonieux et des formes généreuses, il devait résister à la tentation de laisser ses bras si maigres supporter son chagrin trop lourd.
Elles n'arrivaient pas à le conforter pleinement, bien sûr. Ces conquêtes avaient beau ressembler à la femme qu'il désirait, elles n'avaient pas sa taille semblant faite pour accueillir ses mains, son sourire promettant que le monde valait la peine d'être vu, ses boucles soyeuses semblant demander qu'on y promène nos doigts.

Perséphone, déesse du printemps, était parfaite à ses yeux – pour lui.
Pourtant, Hadès l'avait laissée partir.

La plume ralentit jusqu'à devenir immobile, tout comme le temps s'était arrêté pour lui. Le papier noircit, tandis que lui se noyait sous ses pensées d'elle. Son regard se vide, son âme s'absente. Où allait-elle ? Cette pauvre solitaire n'avait nul part où se réfugier. Seule une personne savait l'accueillir, or cette place lui avait été retirée. Le roi des Enfers n'avait aucun droit sur Perséphone, ni même le droit de se tenir à ses côtés. Il les a perdus, le jour où elle a déposé les grains de grenade au creux de sa main.
Le jour où elle est partie, sous ses yeux impassibles.
Le jour où il l'a laissée s'envoler, loin de cette prison trop laide pour une si belle déesse.

Aujourd'hui pourtant, ses pieds menus qu'il pourrait embrasser jusqu'à ne plus sentir ses lèvres, allaient de nouveau fouler le sol de son palais. Ses talons allaient résonner contre les murs d’obsidienne, rythmant par là même les battements de son cœur.
Aujourd'hui, ils allaient se revoir.
Hadès n’oubliait jamais leurs rendez-vous. Il lui arrivait parfois de feindre l'indifférence, d'arriver en retard à dessein ; mais c'était pour mieux se tromper lui-même. Pour se forcer à croire que cela n'avait aucune importance. Ce n'était qu'un repas, comme il en avait pris et en prendrait encore des milliers. Mensonges. En sa présence, rien n'était pareil. Le décor, les effluves, les goûts, rien n'aurait d'importance pour lui. Seule compterait la beauté aux boucles d'or qui serait assise en face de lui. Ah, la torture commençait déjà. Cette fois-ci encore, le chthonien allait se perdre dans les souvenirs des jours qu'elle avait embelli de sa présence, des nuits chaleureuses durant lesquelles il l'avait serrée contre lui.

Une série de bruits sourds le tira de ses réminiscences. Il réalisa qu'une tâche sombre s'était formée sur le parchemin, souleva sa plume, puis invita son majordome à entrer dans la pièce. Hadès savait le reconnaître : au fil des siècles, il avait appris la musique que ce vieux démon faisait lorsqu'il toquait à sa porte.

Il se retira après lui avoir remis un simple bout de papier. L'enfant du Temps parcourut les quatre lignes inscrites, rédigées par une main féminine qu'il connaissait jusqu'au bout des ongles, et immédiatement se leva. Pas besoin d'y réfléchir, son corps répondait tout seul à l'appel de Perséphone – et savait déjà où elle l'attendait, même si elle n'avait donné aucune indication claire.
Quand il poussa la porte du jardin, Hadès sentit immédiatement la différence. Il n'avait aucun lien avec les plantes, mais crut pourtant les entendre chanter en l'honneur de son retour. Elles aussi se languissaient de leur Reine. Il resta un instant immobile, à contempler ces fleurs qui poussaient au fin fond du royaume des morts. Puis il se recentra en fermant les yeux, et s'engagea dans l'étroite allée.

Avant de la chercher, il l'avait trouvée. Elle était époustouflante, dans sa robe blanche qui épousait avec innocence les courbes de son corps parfait. Hadès se perdit dans sa contemplation silencieuse, juqu'à sentir naître en lui un désir douloureux. Quel délice ce serait de prendre la place de ce tissu, lorsqu'elle le ferait glisser sur sa peau laiteuse. De caresser la moindre parcelle de son être. Mais ce plaisir était défendu.
Le seigneur éloigna de son esprit toute impureté. Qu'importe la forme que cela pouvait prendre, il refusait de la salir.

« Bonjour, Perséphone. »
Son prénom lui arracha les lèvres lorsqu'il le prononça. Pourtant, son visage resta aussi vide qu'à l'accoutumée.  
Hadès approcha lentement, en faisant glisser son regard de la fille de Déméter vers la table dressée avec soin. C'était moins pour admirer la composition florale trônant dessus que pour ne plus avoir à soutenir son regard. Rien n'était plus douloureux pour lui, depuis qu'elle était partie. Il savait qu'à travers ses saphirs, il pourrait apercevoir son âme. Cependant, l'olympien à la chevelure ébène avait aussi conscience qu'il ne saurait la lire. Il n'avait jamais appris à comprendre les autres, leurs réflexions ou leurs émotions. Perséphone ne faisait pas exception. Et ça, il avait du mal à l'admettre. Il aurait souhaité l'apprendre par cœur.

En parfait gentleman, Hadès tira une chaise et d'un grâcieux signe de la main, invita la divinité du printemps à prendre place. Puis il s'assit en face d'elle, le dos parfaitement droit, les coudes posés sur la table et les doigts entrelacés au-dessus de son assiette. L'espace d'un seconde il osa lever les yeux vers son visage angélique, avant de fixer à nouveau le bouquet placé entre eux.
« Comment vas-tu, depuis notre dernier repas ? »
Avait-il seulement remarqué sa pâleur, cette ombre nouvelle sur et sous ses yeux, ses os qui ressortaient plus qu'avant ? Oui et non. Il sentait qu'elle avait changé. Mais pour qu'il réalise à quel point la douce se fanait, il faudrait que son ancien amant la regarde vraiment. Prenne le temps de l'observer, sans superposer aux images fugaces qu'il captait des souvenirs d'une Perséphone dans toute sa splendeur.
Et si tu ouvrais un peu les yeux ? Regardes ce que tu as fait d'elle, de vous ; contemple ton oeuvre. Elle dépérissait, Hadès. Et toi, tu l'ignorais.
Pouvais-tu encore dire que tu l'aimais ? Personne ne te croirait.





(c)Kazu de C.G


 
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