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 {William&Roxas} You're the shoulder to cry on

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{William&Roxas} You're the shoulder to cry on | Mar 10 Nov 2015, 22:30


You're the shoulder to cry on
(Here) ▽And I... I promise on all existence. If it breathes then it is our witness. We have unfinished business.
You and I.
Jusqu'à ce que la mort vous sépare. N'est-ce pas ? Et pourtant, rien n'a changé, rien de son amour a changé pour toi. Même la mort ne pouvait le séparer de toi. Mais désormais, tu n'étais plus, tu ne pouvais plus lui dire ne serait-ce qu'une parole et il en serait guéri. Le voilà, entouré d'âmes compatissantes, toutes vêtues de ces habits sombres dont tu détestais la couleur. Bien évidemment, pour ce jour là,  il ne voulait te voir habillée d'une robe aussi obscure que la couleur qu'avait pris son coeur.

Tu portais cette robe blanche qui rappelait ta candeur et ta douceur, robe qu'Alice t'avait offerte avec tout l'amour du monde. Il se tenait là, le regard vide, vide de sa lumière, vide de toute vie, vide de tout ce qui pouvait l'animer. Il ne répondait plus à quiconque sauf à William et à Alice. Ce jour-là, pour te ramener, ils avaient dû s'y mettre à deux. Il ne voulait pas te lâcher, il avait peur que cette fois-ci, ce soit ton corps qui disparaisse. Depuis, plus personne ne parlait, du moins, il n'y avait plus de conversation, plus de discussion enjouée autour de la table à manger. Alice avait délicatement glissé sa main dans la sienne sans le regarder directement dans les yeux. William avait, quant à lui, déposé sa main sur son épaule en signe de compassion et tous deux l'avaient guidé jusqu'à ton berceau. Tu étais là, comme si on t'avait porté et déposé dans ce lit couvert de fleurs de lys. Comme si tu attendais qu'on vienne te border pour que tu puisses t'endormir. Tu ressemblais étrangement aux belles princesses de ces contes de fées qui n'attendaient que le baiser de leur prince charmant pour se réveiller.

— Tu ne te réveilleras pas.

Alice avait levé les yeux vers Roxas dont les cheveux n'avaient toujours pas repris leur couleur originelle. William ne fit aucun commentaire et avait quitté ton visage des yeux. Roxas te contemplait à présent, tu semblais paisible, tu n'étais plus torturée par ce qui fût à l'origine de ta fatalité. De nombreuses personnes étaient présentes, certains pleuraient, certains retenaient leurs larmes, d'autres s'enlaçaient. A tour de rôle, chacun te faisait leurs adieux à leur façon : certains touchaient ton cercueil, de rares personnes prirent le risque de te caresser les cheveux, d'autres n'osaient pas même te toucher. Il ne voulait pas y aller, il ne voulait pas être confronter de nouveau à la réalité. Il y a encore deux jours, il te tenait dans ses bras, tu lui avais murmuré un « je t'aime » accompagné d'un baiser sur la joue avant qu'il quitte ta chambre d'hôpital.

Finalement il s'était dirigé vers ton berceau, il était le dernier à faire ses adieux. Tous les regards s'étaient posés sur lui mais le monde n'existait plus sans toi. Il se pencha et murmura des mots à peine audibles.

— Jamais la mort ne me séparera de toi.

Il se rapprocha de toi, peu importe ce qu'en pensait les autres, il déposa un baiser qui serait sans doute le dernier, priant au fond de soi que tu ouvres les yeux, que tu l'entoures de tes bras lui disant que tout allait bien. Mais tu ne bougeas pas d'un cil. La déception malgré son visage vide de toute émotion se voyait dans ses yeux. Les larmes ne coulaient plus tant elles avaient tant couler en l'espace de quarante-huit heures.

*    *
  *

Après une cérémonie assez courte, voilà venu le moment de faire un discours. Roxas était normalement assez à l'aise à l'oral et devant tout un public. Aujourd'hui il n'en avait pas la moindre envie, les mots ne sortaient plus de sa bouche, comme s'ils s'étaient retrouvés coincés au fond de sa gorge et ne voulaient plus du tout en sortir. Le papier qu'il avait préparer pour toi était froissé au fond de sa poche, cinq lignes peu visibles avaient été griffonnées et on pouvait remarquer qu'il était encore humide. Humide des larmes d'hier soir.

Finalement il prit son courage à deux mains et se leva. Il se dirigea vers le pupitre, tapa trois fois dedans pour s'assurer qu'il marchait et se racla bruyamment la gorge. Son visage exposé à la lumière montrait clairement des traces de fatigues par ces cernes violettes en dessous de ses yeux. Yeux rouges comme s'il avait passé la nuit entière à pleurer. Il ouvrit de manière un peu maladroite son papier et soupira voyant que plus rien n'était lisible. Il lança un regard empli de détresse vers Alice et William assis tous deux l'un à côté de l'autre et qui l'observaient. Ce fut le hochement de tête d'Alice qui lui redonna un peu d'encouragement et prit enfin la parole après avoir froisser son papier et l'avoir fourré dans la poche de son smoking.

— Hikari était une personne formidable. Je vous épargne toute ma description d'elle car j'en aurai encore pour quelques heures... Elle... Elle était vraiment quelqu'un qui m'a apporté une raison de vivre. C'est par elle que j'ai pu enfin comprendre ce que signifiait"vivre".... Je.. J'imagine qu'elle a apporté au moins une fois chez vous tous, qui êtes assis là, une once de joie à un moment. Elle aimait bien faire ça, s’immiscer dans la vie des gens haha.. Comme dans la mienne. Je pense qu'elle a gravé notre mémoire à tous... On dit souvent vous savez, jusqu'à ce que la mort vous sépare... Sachez que même la mort n'estompera jamais l'amour que je lui porte... Bien merci.


Il ne savait pas d'où sortait cette force, mais il avait besoin de crier au monde son amour pour toi, il avait besoin que l'entende, où que tu sois. Mais les larmes commençaient déjà à resurgir. Il se sentait idiot de s'être laissé aller de la sorte. Il quitta la scène, le regard baissé, se retenant de pleurer encore une fois.

*    *
  *

— J'ai l'air d'un con.

Il ne restait plus personne à présent et il s'était indirectement adressé à William et à Alice qui étaient encore restés à ses côtés. Le voilà devant ta tombe où était gravé ton nom en toutes lettres : « Hikari Cassandra Relyse ». Combien de fois allait-il répéter ton nom en espérant te revoir réapparaître. Il n'avait pas réussi à mettre la première pelle sur ton cercueil, il en fut incapable. Enterrer la femme qu'on aime, alors qu'on était toujours torturé par sa mort l'empêchait de faire cela. C'était comme accepter le fait que tu ne reviendras jamais. Il fallait se rendre à l'évidence, tu ne reviendras jamais.

— Si vous voulez partir allez-y, je pense rester encore...un peu. Il me faut du temps pour...faire mon deuil.

▲ I'm so sick of love songs so tired of tears
(c) AMIANTE






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Re: {William&Roxas} You're the shoulder to cry on | Dim 06 Déc 2015, 16:29


You're the shoulder to cry on
(always) ▽ I'm there for you.




Au manoir Relyse, on vivait au rythme du soleil comme si c'était la seule façon pour nous de trouver un peu de lumière dans l'obscurité qui régnait depuis qu'elle n'était plus de ce monde. Deux jours seulement s'étaient écoulés depuis ce fameux événement qui avait plongé nos existence dans ce tunnel au bout duquel on ne semblait plus être en mesure de voir la lumière, et cela semblait déjà faire des années qu'elle avait disparu. Même le soutien qu'on se donnait mutuellement ne semblait être en mesure de suffir à combler le vide qu'elle laissait derrière elle.

Hikari était partie en emportant un morceau de chacun d'entre nous. Roxas. Alice. Moi.

J'avais vu le jour se lever. Assis sur le rebord de mon lit -celui de ma chambre, qui était restée identique à ce que j'avais laissé derrière moi en m'enfuyant- je contemplais depuis une demi-heure le soleil qui s'élevait dans le sienne, éclairant la pièce d'une lumière froide qui nous rappelait à quel point nous étions seuls. Il y eut du mouvement sur le matelas derrière moi, et sans me retourner, j'ai soupiré :

▬ Princesse, c'est l'heure.

Je savais qu'elle était réveillée depuis aussi longtemps que moi ; seulement elle avait préféré ne pas bouger. Elle avait fait ça avant-hier, et hier aussi. Une soirée, deux jours, et trois nuits ; c'était le temps qui s'était écoulé depuis qu'Hikari était morte. Et toutes les heures depuis cet événement, Alice et moi ne nous étions pas quittés. Elle s'est mise à genoux sur le lit, juste à côté de moi, et a observé le jardin par la fenêtre, comme je le faisais depuis que j'avais ouvert les yeux.

▬ J'ai rêvé d'elle cette nuit. a-t-elle finalement.
▬ Ouais ? Elle a hoché la tête et j'ai tendu une main vers elle, qu'elle a attrapé presque immédiatement. Elle t'a dit quelque chose ?
▬ Elle m'a demandé de ne plus être triste.


Peut-être que c'était vrai. Peut-être qu'elle était venue voir Alice la nuit dernière.
Après tout il avait plu pendant deux jours entiers, et aujourd'hui il ne semblait y avoir aucun nuage dans le ciel.
Peut-être qu'elle voulait que le ciel soit bleu, pour égayer un peu cette triste journée.
Après tout, aujourd'hui on enterrait Hikari.
Jusqu'au bout, on s'est silencieusement juré de ne pas le dire à voix haute. Parce que c'était comme si on rendait ça réel.

* * *

Il n'y avait jamais eu aurant de monde à la fois au manoir, et pourtant il paraissait plus vide qu'il ne l'avait jamais été jusqu'alors. Chacun était venu pour la voir une dernière fois, magnifique dans un cercueil de verre dans lequel on avait déposé des fleurs à n'en plus finir, qui l'entouraient comme si elle s'était seulement endormie sur un carré d'herbe fleuri. Il y en avait de toutes les sortes et de toutes les couleurs; et puis elle était là, au centre, magnifique dans sa robe blanche, qu'Alice avait choisir sans l'ombre d'une hésitation comme si elle avait été préparée pour ce jour. Mais personne n'était prêt à vivre ça. Pas aujourd'hui, pas demain, ni l'année prochaine. On aurait dû vivre ça dans un siècle. Mais pas maintenant.
Chacun était venu lui rendre hommage à sa façon. Je n'ai pas fait attention à ce que faisaient les autres, trop occupé à essayer de trouver comment j'allais moi-même le faire. Alice portait une robe blanche, et ses longs cheveux blonds -j'avais encore du mal à m'y faire- étaient retenus dans un chignon tressé serti d'une énorme fleur rose qu'elle avait cueilli dans le jardin -on était sortis faire une petite balade avant la cérémonie. Je me suis fait la remarque que, habillée ainsi, elle me rappelait vaguement Hikari, et alors je me suis demandé si elle l'avait fait exprès. Nous n'étions pas les seuls à nous être vêtus de blanc, et d'une certaine manière c'était comme une évidence : Hikari aurait voulu que l'on égaye ses funérailles.

J'ai senti Alice s'agiter à côté de moi. Elle a lâché mon bras -sur lequel elle était accrochée depuis que nous étions là- et s'est avancée en direction du cercueil. Personne n'a osé s'approcher, ni se mettre derrière elle, et je n'ai pas clairement entendu ce qu'elle lui a dit. Alice s'est mise à rire, mais même si elle était dos à moi j'ai deviné que les larmes ne cessaient de couler sur son doux visage. Elle a retiré la fleur qu'elle portait dans les cheveux, et l'a déposée dans le cercueil, parmi les autres. Elle ne s'est pas immédiatement retournée, et a préfére rejoindre les autres -ceux qui avaient déjà rendu leur hommage à Hikari. J'ai d'abord voulu la rejoindre, mais j'ai réalisé qu'il ne restait plus que deux personnes avant que l'on ne retire le cercueil, alors je me suis avancé à mon tour, incapable de savoir ce que je ferai en arrivant.

Puis devant elle, ça a coulé de source. Elle avait l'air presque vivante, et semblait pouvoir se réveiller à tout moment pour nous sourire et nous dire que tout allait bien. Chaque fois qu'elle le disait, il était impossible de ne pas la croire, tant elle en était convaincue. Peu de gens pouvaient prétendre avoir ce genre d'influence sur les autres, et même c'était une force que je lui enviais, il semblait qu'elle ne lui allait qu'à elle. Je ne sais pas combien de temps je suis resté à la regarder, mais une fois que je suis revenu à moi, je n'ai su prononcer qu'une chose :

▬ Merci.

Pour tout ce qu'elle avait fait, dit, donné pour nous. C'était la moindre des choses que de la remercier, et même si elle méritait amplement plus, c'était tout ce que je pouvais lui donner. Le reste, elle voulait sûrement que je le garde pour les autres, et ce qu'elle avait changé en moi au cours du temps que j'avais passé en sa compagnie était plus que je ne pouvais demander. J'ai rejoint Alice, toujours positionnée en retrait par rapport au cercueil, juste à côté d'un Roxas bouleversé, dont tout le monde attendait l'hommage. Alice a enroulé son bras autour du sien et a tendu la main vers moi, pour finalement nous tirer tous les trois jusqu'au cercueil, comme si Roxas était incapable de le faire seul. Ce n'est qu'après que nous nous sommes reculés, quand le monde a commencé à s'effacer autour de lui, et qu'il a amorcé ses adieux à la femme de sa vie.

* * *

Je me demande ce qu'aurait pensé Hikari de sa cérémonie d'enterrement. Tout respirait tellement la tristesse que j'avais du mal à penser qu'elle ait pu apprécier ses funérailles. Finalement, c'était une bonne chose qu'elle n'ait pas eu à y assister. Le discours de Roxas avait ému l'assemblée, mais il était si dévasté que je n'ai pu m'empêcher de me mettre à sa place, avant de renoncer à essayer d'évaluer ne serait-ce qu'un quart de sa peine. Une fois son discours terminé, il n'avait adressé la parole à personne, et ce jusqu'à ce qu'on enterre le cercueil, juste à côté de là où étaient déjà enterrés ses parents. Il ne resta bientôt plus que nous trois, et le majordome, qui demanda à rentrer avant nous. Edgar aussi avait énormément pleuré, et même s'il s'efforçait de garder le professionnalisme qui faisait de lui ce qu'il était, il était facile de constater qu'il était aussi mal en point que nous tous. Alice et moi avons ensuite trouvé Roxas dans la même position que nous l'avions laissé : face à la tombe de sa fiancée, les yeux baissés vers la stèle où étaient gravées les lettres de son prénom. C'est lui qui a fini par briser le silence qui régnait entre nous.

▬ J'ai l'air d'un con.

Alice a regardé le dos de Roxas un long moment avant de se tourner vers moi. Ses yeux me demandaient quoi faire, et j'ai haussé les épaules pour lui répondre que je n'en avais aucune idée. Au fond, il n'attendait pas de réponse de notre part, parce que c'était comme s'il se parlait à lui-même.

▬ Si vous voulez partir allez-y, je pense rester encore...un peu. Il me faut du temps pour...faire mon deuil.

C'était sa façon de nous dire qu'il avait besoin d'être seul. Alors nous sommes tous les deux partis après lui avoir respectivement donné une tape sur l'épaule et un baiser sur la joue, puis on ne l'a plus revu pendant trois jours.

* * *

Je savais qu'il était là-bas, mais à vrai dire j'étais trop occupé à faire moi-même mon deuil que je n'ai pas pris l'initiative d'aller le voir. Dans le manoir, on disparaissait et réapparaissait sans arrêt, et il semblait qu'il était maintenant de mon devoir de veiller sur Alice, maintenant qu'elle avait perdu le principal pilier de sa vie. Le soir de l'enterrement d'Hikari, elle avait insisté pour dormir seule et ce n'est que lorsque je l'ai retrouvée dans le jardin en pleine nuit que j'avais constaté qu'elle avait encore tendance à se surestimer. Avant de m'occuper de Roxas, je voulais m'assurer qu'Alice ne faisait pas de bêtises de son côté. Petit à petit, elle se raccrochait à moi comme elle avait pu le faire à Hikari, et au fur et à mesure du temps j'avais appris à me refaire confiance, tandis qu'elle faisait de même. Trois jours plus tard, pendant qu'on se réchauffait devant un feu de cheminée que j'avais allumé alors qu'il pleuvait des cordes dehors -c'était comme si le temps avait repris son cours après avoir fait une exception le jour où l'on faisait nos adieux à notre ange gardien- Alice avait fini par me demander si j'avais l'intention d'aller voir Roxas.

▬ J'ai l'impression qu'il a besoin d'être seul.

Peut-être que non, finalement. Le dire à voix haute me faisait réaliser que je m'étais peut-être trompé. Un silence est à nouveau tombé, interrompu seulement par les crépitements du bois qui craquelait  à cause de la température. J'ai claqué des doigts et balancé une petite flamme qui a ricoché contre le marbre pour aller rejoindre les autres, ce qui a eu pour effet d'embraser un peu plus les bûches qu'on avait maladroitement installées dans la journée. Alice a posé sa tête sur mon épaule et a fermé les yeux.

▬ Si ça peut te rassurer, je bougerai pas de la maison.

* * *

Le sol du cimetière était franchement boueux, mais avec toute la pluie qui était tombée ces trois derniers jours, c'était plutôt prévisible. Le taxi m'a déposé à l'entrée et j'ai remercié mon sens de l'anticipation pour m'avoir poussé à prendre un grand parapluie, que j'ai ouvert immédiatement après avoir réglé ma course. Le temps n'incitait pas aux sorties, c'est pourquoi je ne me suis pas étonné de ne voir quasiment personne dans les rues. Le cimetière était encore plus vide que d'habitude, mais je savais que Roxas y était. Il ne pouvait être nulle-part ailleurs. Mes pas ont tracé le seul chemin que je connaissais, jusqu'à ce que je voie la chevelure blonde de Roxas à travers le rideau de pluie qui se dressait devant moi. Je me suis avancé, lentement, et l'ai retrouvé assis en tailleur, en face de la pierre tombale, tout à fait dos à moi. Il n'a pas semblé m'entendre arriver, et j'ai tendu le parapluie pour qu'il le protège également.

▬ Tu vas choper un truc, tu pourrais faire l'effort de te couvrir au moins.

Aucun mouvement de la part du demi-démon. J'ai fait un pas en avant pour me retrouver à côté de lui et plus derrière, mais n'ai pas baissé les yeux vers lui, de peur de trouver à nouveau le regard vitreux et sans vie auquel il semblait s'être accoutumé. J'ai tendu une paume vers le ciel et une flamme est apparue dans le creux de ma main. Je l'ai jetée à mes pieds et elle a enflammé le petit carré d'herbe près de lui.

▬ Je suis désolé, mec.

Il fallait qu'il me parle, et je ne savais pas comment aborder le sujet autrement.
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Re: {William&Roxas} You're the shoulder to cry on | Mar 08 Déc 2015, 22:03


You're the shoulder to cry on
(Here) ▽And I... I promise on all existence. If it breathes then it is our witness. We have unfinished business.
You and I.
Combien de temps n'avait-il pas dormi ? Depuis combien de temps attendait-il à ton chevet dans l'espoir que tu te réveilleras ? Savais-tu à quel point son amour envers toi dépassait l'inimaginable ? On n'en voyait pas la limite, pas le bout ni l'horizon.
Désormais il pleuvait sur ta sépulture, là où il se trouvait, endormi contre toute attente. Si tu savais. Si tu savais toutes ces heures où il était resté là, attendre le lever de soleil de son coeur qui ne se lèverait sans doute plus jamais. Finalement, il s'était réveillé peu de temps après s'être assoupi, après avoir encore une nouvelle fois rêvé de toi. Tu le hantais sans le vouloir, ta présence dans ses rêves lui conférait un bonheur éphémère que la réalité rattrapait bien trop vite, blessant son coeur une nouvelle fois. Il caressa le marbre de ta tombe, le regard vide, les yeux rouges, les cernes de trois jours se voyaient sur son visage, détruit par ta perte.

▬ Tu vas choper un truc, tu pourrais faire l'effort de te couvrir au moins.

Pour la première fois, on vint le voir. Il n'avait besoin de personne pendant ces trois jours, il ne voulait voir personne. Il revenait chaque jour te voir, dans l'espoir de te revoir. Roxas ne bougea pas d'un pouce lorsque son ami se posta à ses côtés. Il sentit soudainement une chaleur l'envahir, un frisson traversa son corps et le fit se redresser bien qu'il était encore assis. William posa ensuite sa main sur son épaule et d'une voix quelque peu réconforte il sortit un « Je suis désolé, mec. » qui lui fit comprendre dans un certain sens que c'était réel. William était venu le chercher, c'était ce que tu voulais après tout. Tu ne voulais pas le voir se morfondre chaque jour sur ton sort. Tu ne voulais pas cela. Non. Finalement, il dut se résigner à se rendre à l'évidence. Tu ne reviendras jamais.  

Il se leva, se redressa sur ses deux pieds, manquant de tomber tant ses jambes étaient engourdies. Sans quitter ta tombe du regard, il soupira, les larmes aux yeux mais aucune d'entre elles ne prit le risque de couler.

▬ Je... Je continue de rêver qu'elle viendrait à moi.. Et qu'on vivrait des années ensemble.

Il sourit, lui sourit puis te sourit, toi endormie dans ta tombe. Voilà trois jours que les larmes se retiennent. Le troisième jour ce fut celui de trop. Ce jour là, ce troisième jour, il devait faire le point.

▬ Mais il y a des rêves qui ne peuvent être réels. J’ai fait un rêve où ma vie serait différente, si différente de cet enfer que je suis en train de vivre. Une vie si différente de celle de maintenant.

Il leva les yeux puis enfin se tourna vers ta tombe, posa une main sur ses lèvres tout en fermant les yeux et déposa ses doigts sur le marbre avant d'énoncer en lâchant un petit rire étouffé teinté d'ironie :

▬ Et désormais, la vie a tué le rêve que j’ai fait…

Roxas fit volte-face, comme si tu faisais partie de son passé désormais. Il se rendit compte qu'il avait laissé des personnes derrière lui, des êtres chers qui pensaient nuit et jour à lui. Des gens qui s'inquiétaient de son état. Ses meilleurs amis. William et Alice. Alice, ta chère Alice. Tu lui as fait promettre qu'il la protégerait au péril de sa vie. Tu lui as fait promettre de protéger William au péril de sa vie.

▬ J'ai l'air con. T'inquiète, mec. Ca va. J'avais juste besoin d'être seul un moment. Toi ça va ? Et à la maison ? Egdar ?.. Et Alice.. Elle m'en veut toujours tu crois ?

Il lui adressa le premier sourire depuis quelques jours. Roxas commençait à culpabiliser vis à vis d'eux, ceux qu'il avait laissé égoïstement à cause de son chagrin.
Tu fus surprise de voir à quel point il était pâle. Il s'enrhumait, il en tombait malade. Cela faisait combien d'heure qu'il n'avait pas mangé quelque chose ? Il semblait sur le point de flancher. Vraisemblablement, sa douleur l'empêcher d'avaler quoi que ce soit.
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Re: {William&Roxas} You're the shoulder to cry on | Lun 08 Fév 2016, 01:29


You're the shoulder to cry on
(always) ▽ I'm there for you.




J'ai presque lâché un soupir de soulagement lorsqu'il s'est levé. Il a flanché sur ses jambes et j'ai eu le réflexe de me pencher pour l'aider à tenir debout, mais il a récupéré son équilibre suffisamment vite pour ne pas s'écrouler, et a semblé réfléchir un peu avant de finalement m'adresser la parole. C'est normal avais-je envie de lui dire, mais il n'avait pas encore fini de parler. Je ne savais pas quoi lui dire, quelque chose dans son comportement me faisait comprendre qu'il s'adressait plus à lui-même qu'à moi. Alors je l'ai laissé parler, puis je l'ai écouté. J'ai été incapable de lui répondre car moi-même je ne pouvais pas imaginer à quel point il devait avoir mal.
J'avais perdu Hikari, moi aussi. Mais lui, il avait perdu bien que plus ça.

▬ Edgar est encore un peu bouleversé. On déjeune et on dîne avec lui en ce moment, je pense qu'on a tous besoin de se soutenir. J'ai marqué une pause mais voyant qu'il ne réagissait pas, j'ai continué. Quant à Alice, je ne crois pas qu'elle t'en veuille... peut-être au début, mais plus maintenant.

Les mots de la fille de Zeus avaient frappé là où ça faisait le plus mal, et même moi j'avais eu du mal à comprendre d'où lui était venu la conclusion que Roxas était fautif. J'avais réussi à prendre la situation avec un peu plus de recul qu'eux, mais même avec ça je sentais que si le poids de la responsabilité ne me maintenait pas aussi fermement ancré à l'instant présent, je finirais par me laisser aller au désespoir. C'était difficile de laisser partir.

▬ Tu fais peine à voir. Depuis quand est-ce que tu n'as pas mangé ?

Dès l'instant où la question a franchi mes lèvres, j'ai immédiatement trouvé la réponse. Évidemment qu'il n'avait rien avalé depuis qu'elle était morte. Même le soir de l'enterrement, on ne l'avait pas vu à table.

▬ C'est dur pour tout le monde, Roxas.

Je ne savais que dire de plus qui ne serait ps blessant. J'avais peur que Roxas sombre dans un état proche de la folie si je le brusquais de trop. Après tout ses cheveux avaient gardé la teinte blonde qui correspondait à sa partie démon, et je savais pour avoir combattu à ses côtés -un jour où il avait pratiquement frôlé la mort- que cette facette de son être n'était pas la plus stable.

▬ Et pour toi en particulier. Je ne prétends pas me mettre à ta place mais...

Je pense qu'au fond, Roxas lui-même était conscient de ce que j'avais à lui dire. Mais c'était d'autant plus difficile de le dire à voix haute parce que cela sous-entendrait que les choses que l'on vivait étaient réelles alors qu'on espérait tous une seule chose : nous réveiller de ce cauchemar collectif qui aspirait le goût de la vie, et faisait des êtres comme Roxas des ombres sans lumière.

▬ Je ne crois pas qu'Elle approuverait l'idée que tu te laisses mourir.
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