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 Une aventure. Une chasse. Une cachette. » Evaphaël ♥

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Une aventure. Une chasse. Une cachette. » Evaphaël ♥ | Mar 13 Jan 2015, 16:40

Haine ou colère ?
feat. Raphaël I. M. Elosiam
Bien sûr, la gentille petite elfe vas se foutre dans la merde comme à tous les coups. Rufus, le désespéré.

« Ne te souviens-tu pas pourquoi est-ce qu'il t'avait dire de ne pas te rendre jusqu'ici ? » « Oui, je me souviens très bien, mais j'ai fait un rêve la nuit passée et je ne peux pas l'ignorer. » Tu es déjà dans les montagnes enneigés qui abritent le village des fées, tu dois te rendre dans l'un d'entre eux. Ta dernière visite remontait à beaucoup d'années déjà, mais tu avais rêvé de cet homme la nuit précédente, tu avais rêvé à cet homme quand Désirée avait été abattue froidement, tu avais rêvé à cet homme lorsque la guerre avait éclaté dans le village des elfes. Il fallait maintenant que tu le vois, que tu le regardes en face pour lui dire que tu as maintenant compris ce qu'il avait essayé de t'apprendre tandis que tu n'étais pas plus haute que trois pommes. Il avait eu raison, il avait été d'un infini sagesse vis-à-vis de ta petite personne aux oreilles pointues. Tu repoussas les bras des arbres qui griffaient ton visage, mais ce n'était pas cela qui allait t'empêcher d'avancer et de te rendre jusqu'à ce village qui avait fait la guerre au tien. Rien ne pouvait t'interdire d'y aller. Tu marchais malgré les branches et racines qui se prenaient dans tes jambes à travers la neige : elle était épaisse et très profonde, tu le découvrais à chaque fois où tu enfonçais ton pied dans cette dernière.

Tes bottes étaient pleines d'eaux et de neige qui n'avait pas encore totalement fondue, mais tu continuas jusqu'à ce que tu aperçoives le village qui t'intéressait. Et dire que tu avais traversé tout ce chemin alors que tu n'avais qu'une dizaine d'années voir même un peu moins. Tu étais une espère de boule de courage à cette époque là et cela n'avait pas tant changé.

▬ Qui est là ?

Tu te plaquas à plat ventre contre le sol en fermant les yeux, il fallait absolument que le regard de la personne dégage de sur toi si tu voulais te rendre à l'endroit où tu devais aller. Tu ouvris les paupières et vit quelqu'un qui approchait dans ta direction. Ok. Tu fis bouger les branches d'un arbre un peu plus loin et la personne regarda dans cette direction, tu bougeas quelques buissons dans la même direction et lorsqu'il fut en dessous d'un arbre - qui tenait beaucoup de neige à son sommet - tu fis tomber ladite neige sur lui. Il hurla pour qu'on le sorte de là et plusieurs personnes arrivèrent à ses côtés afin de le sortir de là. Ils réussiraient, mais tu avais le temps de t'enfuir entre temps. Merveilleux.

Tu te relevas d'un bon et t'élança dans la direction opposé des gens, tu attrapas le capuchon de ton manteau et le plaqua contre tes cheveux blonds dorées. La maison était la troisième sur la gauche, tu courus aussi rapidement que tu le pus à travers la neige, mais surtout sans te casser la gueule. Une maison. Deux maisons. Trois maisons. N'était-elle pas plutôt beige lorsque tu y étais venus la première fois ? Probablement une nouvelle peinture. En fait, tu ne te souvenais plus de sa couleur, mais tu avais une fixation sur le chiffre trois lorsque tu étais jeune. Alors, la troisième était la bonne. Tu grimpas sans difficulté sur l'arbre qui était le plus près de ladite maison, il se rendait à une fenêtre du deuxième étage : est-ce que c'était par là que tu étais entrée la première fois ? Probablement. Tu poussas la lourde fenêtre qui n'était pas barrée, parce que tu avais réussis à rester en équilibre sur les branches jusqu'à sauter sur le toit de la maison. Tu entras par cette dernière et te retrouva dans une chambre que tu ne reconnu pas. Qu'est-ce que tu foutais là ? Ce n'était pas ton genre de faire ces choses-là, tu aurais pu entrer par la porte comme n'importe quel invitée, n'est-ce pas ? Oui, d'accord. C'était mal élevé.

Tu te délaissas de tes bottes et de ton manteau afin de ne pas trempé le sol sous la fenêtre - même si tu venais de foutre le bordel sur le bureau qui était en dessous de ladite fenêtre. Tu fronças doucement les sourcils et aperçus une seconde porte dans le fond de la pièce, tu l'ouvris : une salle de bain. Génial. Tu entras et y déposas tes bottes et ton manteau dans la baignoire. Réellement, tu espérais que la personne qui vivait là ne t'avais pas entendu entrer par la fenêtre. Dehors, il y avait une brouhaha. Des gens qui criaient, des gens qui parlaient fort. Il y avait donc un intrus dans le village. Malheureusement, cet intrus, c'était toi. Tu revins dans la chambre et t'étendis sur le matelas du lit en fermant les yeux. Tu étais crevé, tu n'avais plus envie de revoir le jeune homme. En fait, tu espérais qu'il n'avait pas déménagé et que c'était encore lui qui possédait cette maison. Sinon, tu aurais la honte de ta vie et ......... tu avais vraiment fait un truc dangereux. Si ce n'était pas lui, ils te détruiraient, ils t’écartèleraient. Tu ne voulais même pas savoir ce qui se passerait si quelqu'un découvrait ta présence. La porte s'ouvrit et tu eus suffisamment de temps pour te rouler en bas du lit, pendant que la personne marchait en direction de la fenêtre que tu n'avais pas totalement fermé, tu te faufilas dans le plus complet des silences sous le lit.

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Re: Une aventure. Une chasse. Une cachette. » Evaphaël ♥ | Dim 08 Fév 2015, 17:20

Le manteau de neige crissait à chacun de mes pas. En cette fin de journée d’hiver, les gros flocons tombaient à un rythme régulier si bien qu’il avait fallu peu de temps pour que le sol fût entièrement recouvert. Mon manteau d’ordinaire beige avait lui aussi revêtu la couleur de l’élément, tout comme mon chapeau. Je n’étais pas frileux, mais avec la nuit qui approchait, et le vent farceur qui se levait, j’appréciais mon manteau et mon écharpe. Je n’étais pas avec Spirit, pour une fois ; celui-ci avait préféré rester au chaud dans sa stalle, et je le comprenais parfaitement. Les villages féériques, situés au cœur de la montagne, ne pouvaient échapper aux chutes de neige hivernales bien évidemment, et si cela faisait quinze ans qu’il habitait avec moi, mon affilié avait toujours préféré le climat des Plaines. Personnellement, j’aimais bien cette saison, je la trouvais apaisante, allez savoir pourquoi. Sans doute les cris de joie des enfants qui découvraient la neige, ou bien Noël qui curieusement était aussi fêté sur l’île. Mais ici, ce n’était pas une fête chrétienne, elle n’avait pas lieu d’être. Non, c’était une fête de famille, ou pour ceux qui n’en avait pas ou plus, une fête entre amis. Pour ma part, je l’avais passée sur Terre, avec mes parents et ma sœur. Ils me manquaient, certes, mais l’île m’apportait une certaine sérénité, malgré le conflit qui déchirait toujours elfes et fées. Il n’y avait pas eu d’attaque majeure ces derniers temps. Et je priais les dieux pour que ça durât le plus longtemps possible.

Après une demi-heure de marche tranquille, j’arrivai dans ma propriété. Je fis un détour par les écuries pour donner une friandise à Spirit ; j’avais fait quelques courses en sortant de mon éditeur. Pendant l’entretien, j’avais réussi à le convaincre de ne pas changer la fin de mon manuscrit. Il était plus focalisé sur les chiffres que son prédécesseur, et il avait tendance à solliciter des modifications pour que certains détails fussent bénéfiques pour l’attrait des œuvres. Mais je n’écrivais que par plaisir et je n’appréciais pas qu’on m’imposât, même gentiment, de revenir sur mes écrits. Enfin, bien sûr, puisque je dépendais d’eux, il fallait bien parfois s’incliner… La porte des écuries grinça lorsque je l’ouvris. Il allait falloir régler ce souci, mais ça ne faisait pas partie de mes priorités. Je refermai vite le battant derrière moi, avant de secouer un peu mon manteau pour le dégager des flocons. Spirit m’accueillit avec un hennissement enthousiaste en passant la tête hors de son box.

- Tu ressembles à un homme de neige.
- Cesses donc de te moquer, veux-tu ? Sinon, pas de friandise. Et puis on dit « bonhomme de neige ».

L’étalon approcha ses naseaux de ma besace pour renifler ce que je lui avais rapporté du marché. Je protestai en riant, repoussant sa lourde tête. Ce à quoi il répliqua en me mâchouillant les mèches qui dépassaient de mon chapeau. Il n’en manquait pas une. Je lui tendis quelques boules de nourritures dans la paume de ma main, qu’il engloutit bien vite. J’entrai un instant dans sa stalle pour vérifier si tout était en ordre ; foin, sel, eau, couverture. Puis avec une dernière caresse, je le quittai pour retourner chez moi. En sortant, j’aperçus au loin des lumières s’agiter sur la place du village. Tiens donc, que se passait-il encore ? Sans doute un enfant qui s’était encore perdu… J’entrai sans tarder pour me soustraire au froid mordant. Je me délestai tour à tour de manteau, écharpe et chapeau avant d’allumer un feu de cheminée. Mais sans doute l’humidité avait-elle prise les buches, car il fallut un certain temps pour que les braises prirent en ampleur. Période pendant laquelle le silence régna en maître. Ce qui me permit d’entendre ce bruit. Très léger, une sorte de frottement contre les lattes de bois au-dessus de ma tête.  Je levai les yeux et tendis l’oreille, mais à ce moment précis les flammes crépitèrent dans l’âtre et je dus abandonner. Cependant, j’avais l’intime conviction que je n’avais pas rêvé. Je n’avais pas d’animal de compagnie, et aux dernières nouvelles, pas d’invité non plus. Et en quinze ans, je peux vous assurer que vous connaissez par cœur chaque son de votre demeure. Et celui-ci était tout sauf habituel.

Je laissai là le feu, une fois certain qu’il tiendrait, et montai à l’étage pour voir de quoi il s’agissait. Etait-ce un animal qui était entré ? il me semblait avoir fermé la fenêtre de ma chambre, mais peut-être avais-je omis de le verrouiller… mais un animal ne pouvait avoir l’idée de pénétrer par-là, dans ce cas. Avant d’arriver dans la chambre, un détail attira mon attention dans la salle de bain. Quelques gouttelettes d’eau, comme de la neige fondue, formaient une petite flaque… Intrigué, je me penchai pour le détailler. Soupçonneux, je tirai les rideaux de la baignoire… et découvrir avec surprise un manteau et une paire de bottes. Je ramassai ces dernières en haussant un sourcil. C’était certain, à présent ; quelqu’un s’était invité chez moi. Une femme, vu la pointure des chaussures. De plus en plus curieux… je reposai les effets dans la baignoire pour rejoindre ma chambre. En effet, la fenêtre était légèrement entrebâillée… j’étais persuadé de l’avoir fermée le matin même. Mais je n’avais pas verrouillé le loquet, la tête prise par mon planning certainement. Je fermai donc complètement la fenêtre, jetant au passage un regard à travers les carreaux. Je voyais des habitants discuter avec véhémence juste derrière mon portail. D’autres couraient dans tous les sens. Hum, ce n’était pas un enfant perdu finalement… mais bel et bien un intrus dans le village. Et à en juger par l’agitation, c’était le genre d’intrus non recevables. Je me retournai, saisi d’une étrange sensation, comme si je n’étais pas seul… Et puis mes yeux se posèrent sur le dessus de lit. Où une forme se dessinait légèrement. Quelqu’un s’était tenu là quelques instants plus tôt. Et cette personne, cette femme, devait être toujours là. Je croisai les bras et m’appuyai contre mon bureau, un sourire amusé aux lèvres, en fixant les pieds du lit devant moi.

- Je peux vous assurer qu’il n’y a pas de monstre sous le lit, j’ai déjà vérifié.

Une petite plaisanterie détendait toujours l’atmosphère. Je voulais faire comprendre à l’étrangère que je n’avais nulle intention de demander réparation pour cette intrusion. Ce n’était pas la première fois, et d’ailleurs, le souvenir d’une jeune elfe aux longs cheveux d’or et aux yeux bleus se présenta à moi. Mais c’était il y a longtemps, et je lui avais bien fait comprendre qu’il ne fallait plus repasser par les montagnes.

- Je sais également que si vous aviez voulu vous en prendre à moi, ou me voler, ce serait déjà fait.  Donc je n’ai pas de raison non plus de m’en prendre à vous. Et ce n’est pas mon style de dénoncer quelconque individu indésirable, elfe ou non.

Je ne savais pas si le message était suffisamment clair. En tout cas j’avais pris le ton le plus amical qui fût, pour rassurer cette personne recherchée par les miens. Et il m'apparaissait soudain logique que ce fut une elfe. J’ajoutai tout de même :

- J'ignore les raisons qui vous ont poussé à venir jusqu'ici, mais je vous assure que vous n’avez rien à craindre. Vous pouvez sortir de votre cachette.




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Re: Une aventure. Une chasse. Une cachette. » Evaphaël ♥ | Lun 09 Fév 2015, 17:41


Si les fées réservaient le même sort aux elfes que les elfes aux fées, tu savais que tu allais mourir si tu n'étais pas dans la bonne maison. Tu avais pensé être discrète, mais semblerait que non. Tu entendais des pas dans les escaliers, ils s'approchaient dangereusement de l'endroit où tu étais planqué. Tu te demandas pourquoi tu t'étais caché au juste, si cette maison n'était pas la bonne tu te ferais tuer en te cachant ou non. L'ironie : tu espérais réussir à sortir d'un village contre qui il te faudrait te battre en entier pour survivre. Qu'est-ce qu'il t'avait pris au juste d'aller te balader par là ? Un petit manque d'adrénaline dans ta vie, ma Eva ? Tu entendais les habitants qui s'exclamaient, qui criaient et qui faisaient un boucan d'enfer. Puis, tu vis des pieds qui passèrent devant toi. Clic. Le silence s'abattit soudainement dans la chambre. Tu avais oublié de fermer la fenêtre, comment avais-tu pu faire une bêtise de ce type ? Maladroite, mais c'était un défaut de naissance, donc pas ta faute et impossible de le retourner à l'expéditeur.

Tu observais toujours les pieds, mais ceux-ci s'immobilisèrent face à toi. Tu te dis que tu aurais peut-être eu peur s'il était humainement possible d'avoir des yeux au bout des orteils, mais tes palpitations ne cessèrent pas pour autant. Ton regard était rivé sur le nouvel arrivant dans la pièce, ton cœur manqua même un battement tandis que sa voix perçait le silence :

▬ Je peux vous assurer qu'il n'y a pas de monstre sous le lit, j'ai déjà vérifié. »

Tous les muscles de ton corps se détendirent alors que ton cerveau analysait cette phrase, cette voix. Tu savais que c'était lui, même après toutes ses années. C'était il y a longtemps, mais tu n'avais jamais vraiment cessé de penser à cet homme qui t'avait sauvé d'une mort certaine. Un sourire apparut sur tes lèvres rosées alors que tu bougeas très légèrement, l'angoisse avait dissipé cette douleur dans ton dos, mais le lit appuyait dessus : tu n'étais plus assez petite pour te cacher la-dessous.

▬ Je sais également que si vous aviez voulu vous en prendre à moi, ou me voler, ce serait déjà fait. Donc je n'ai pas de raison non plus de m'en prendre à vous. Et ce n'est pas mon style de dénoncer quelconque individu indésirable, elfe ou non. »

Il avait raison, tu n'avais aucune raison de te cacher. Tu te demandas s'il t'engueulerait en te voyant à nouveau dans les montagnes, encore plus profondément que la première fois où il t'avait découvert. Tu hésitas encore avant de sortir, sauf que c'était puéril puisque tu serais obligé de sortir tôt ou tard. Tu commençais à étouffer un peu, mais tu ne bougeas pas, attendant encore un peu. Tu étais revenu ici pour lui parler et maintenant et t'y était, tu refusais de sortir de sous le lit. Gamine, vas.

▬ J'ignore les raisons qui vous ont poussé à venir jusqu'ici, mais je vous assure que vous n'avez rien à craindre. Vous pouvez sortir de votre cachette. »

Tu te trouvas ridicule un peu. Beaucoup, même. Tu n'allais quand même pas sortir par devant où il pourrait t'assommer alors que tu tenterais de te lever. Tu allas donc à reculons afin qu'il y ait au moins un lit entre vous deux. Ton dos se courba un peu trop en sortant de sous le lit, ta colonne élançait au complet : aucune vertèbres n'avaient été épargnées. Le lit de l'homme fée était haut et il réussissait toujours à te camoufler à la vue de raphaël, mais plus pour longtemps. Tu soulevas la couverture qui tombait dans ton dos, puis agrippa le bord du lit avec tes deux mains. Tu pointas doucement ton visage hors du lit avec un petit sourire en coin, il se tenait là, accoté contre son bureau avec un sourire aux lèvres. Tu le relevas doucement en passant tes mains sur tes vêtements afin de retirer la poussière qui s'y était accumulé.

▬ Je sais que vous m'aviez demandé de ne plus revenir, mais j'avais besoin de vous dire que j'ai maintenant compris ce que vous m'avez dit quand j'étais petite. Normalement, personne ne devait me voir, ça ne s'est pas exactement passé comme je le désirais. »

Tu avais dit ton monologue à une vitesse hallucinante afin de ne pas te faire couper la parole. Tu te souvenais exactement les paroles qu'il avait prononcées, comme si cet événement c'était passé la veille : « Tu sais, jeune Eva, il faut apprendre à pardonner pour pouvoir vivre en paix avec soi-même. Pardonner à ceux qui nous ont fait du tort, mais surtout à se pardonner, ce qui est nettement plus difficile. Et ce que je n'ai pas encore réussi à faire. » Il l'avait recueillis dans sa maison alors que tu te baladait dans la montagne comme si rien, petite curieuse que tu étais. Tu ne savais plus quoi dire, il n'avait pas changé, alors que toi, tu avais tellement grandit. Tu avais fait beaucoup de grabuge à l'extérieur, mais en même temps, ce n'était pas réellement ta faute.

▬ J'ai appris à discuter, à pardonner, mais ce n'est pas simple. Vous aviez raison. » dis-tu simplement avant de t'asseoir sur le lit, sans aucune gêne, comme si tu venais ici très souvent et qu'il était un bon ami.
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Re: Une aventure. Une chasse. Une cachette. » Evaphaël ♥ | Sam 28 Fév 2015, 00:13

J’avais pris le ton le plus rassurant possible, le plus amical, et pourtant la personne qui se cachait sous mon sommier mit un certain temps avant de réagir. Je pouvais comprendre sa réticence à se dévoiler ; il s ‘agissait certainement d’un ou d’une elfe, avec toute cette agitation à l’extérieure. Telle une souris piégée dans la cage d’un chat, elle ne devait pas savoir quoi faire ni quoi penser. Ce n’était pas comme si je manquais de temps, alors je restai silencieux et immobile, attendant qu’il ou elle se décidât à montrer le bout de son nez. Je n’étais pas pressé et la patience était l’une de mes plus grandes qualité. Fort heureusement je n’eus pas à patienter trop longtemps. Je sentis un mouvement sous le matelas. La personne qui s’y cachait semblait s’être décidée. Toutefois elle prit toutes ses précautions pour émerger car elle ne sortit pas par devant mais par derrière. Je pouvais comprendre son choix ; j’aurais sans doute fait la même chose à sa place. Prudence est mère de sûreté, comme le disait si bien ce proverbe.

Je fus très surpris en reconnaissant ce jeune visage. Il avait certes changé en l’espace de presque dix ans, mais j’avais une bonne mémoire et je reconnaissais ses traits. Il s’agissait de la jeune Eva, une elfe qui s’était aventuré un peu trop profondément dans les montagnes il y avait de ça neuf ans. Je l’avais récupérée et ramené chez moi, avant de ruser pour lui permettre de rejoindre son village. J’avais eu une longue discussion avec elle, je m’en souvenais bien à présent. Elle était sans doute trop jeune à l’époque pour avoir compris tout ce que je lui avais dit ce soir-là… Mais que venait-elle faire ici ? Je l’avais pourtant mis en garde, juste avant de nous quitter… Les montagnes n’étaient pas un endroit sûr, pour elle, avec ce conflit qui déchirait nos deux races.

- Eva ? fis-je en décroisant les bras, après un moment de stupéfaction. Si je m’attendais à ça !

Le petit sourire en coin qu’elle affichait m’était suffisant pour deviner qu’elle s’attendait, elle, à ce genre de réaction de ma part. Elle avait produit son petit effet, elle pouvait être fière d’elle. Je lui souris rapidement. J’étais sincèrement heureux de la revoir, même si longtemps après, elle, devenue une jeune femme, tandis que je n’avais pas changé d’un pouce –la merveille de l’immortalité. Néanmoins persistait en moi la curiosité quant à sa venue ici.

- Que tu aies pris le risque de revenir… ce doit être pour une raison importante.

Une question implicite qui trouva vite sa réponse. Elle me répondit tout en évacuant la poussière ramassée sous le lit, si vite que j’eux du mal à saisir tous les mots. C’était donc ça ? j’étais flatté qu’elle eusse ressenti le besoin de venir me le dire en personne… néanmoins l’entreprise était extrêmement risquée. J’aurais été très peiné d’apprendre qu’il lui fût arrivé malheur en cherchant à me dire ce qu’elle avait sur le cœur. Avec ma tendance à tout prendre sur moi, je m’en serais voulu encore une fois…

- Les choses ne se passent pas toujours comme on le souhaite, mais l’important c’est que nous arrivions à passer outre et à atteindre nos objectifs. Je suis content que tu aies compris le sens de mes paroles, quelque peu énigmatiques à l’époque. Mais, cela signifie aussi que tu as dû traverser de dures épreuves…

J’aurais sans doute préféré qu’elle n’eût jamais besoin de découvrir le sens de mes paroles. En même temps, je savais très bien que nous devions tous passer par là un jour ou l’autre. Je posai sur elle ce regard doux et compatissant. Mais je n’en dis pas plus pour la laisser s’exprimer à souhait. Ce qu’elle fit peu de temps à près, avant de s’asseoir sur mon matelas. Oh, je ne m’offusquerais pas pour si peu. Si elle se sentait chez elle ici, à dire vrai, tant mieux. Elle y trouverait toujours un refuge dans l’adversité, autant que faire se peut. Je pris place à côté d’elle et croisai les doigts sur mes genoux.

- Ce n’est jamais simple. Certains y parviennent, d’autres non. L’important c’est d’essayer. Tout le monde n’est pas capable d’arriver jusqu’au bout.

Il s’était écoulé de nombreuses années depuis notre première –et dernière – rencontre. Cependant, dès le début j’avais décelé un grand cœur chez cette jeune fille. Je me trompais rarement à ce sujet, aussi je ne doutais pas qu’elle arrivât un jour à ses fins. Je sentais également qu’elle en avait gros sur le cœur, cependant je n’étais pas le genre d’homme à presser son entourage.

- As-tu faim, ou soif ? Viens te réchauffer près du feu, en bas. Par ce froid, il sera plus agréable de converser devant la cheminée avec une tisane bien chaude, tu ne penses pas ? Ensuite tu pourras me raconter tout ce que tu voudras.

Je me levai et lui tendis la main en souriant, avant d’ajouter avec un clin d’œil :

- Et j’en profiterai pour faire sécher ton manteau et ta paire de bottes.




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<blockquote> | Sam 04 Avr 2015, 21:15



 RAPHAËL & EUTERPE-YELENA
 « UNE AVENTURE UNE CHASSE UNE CACHETTE »
S'il savait à quel point tu avais souhaité que ce soit réellement lui, qu'il n'ait pas déménagé depuis toutes ses années. En vrai, tu avais eu de la chance. Tu étais émergé doucement et dans le plus grand des silences de ta cachette, il te surpris en se rappelant de ton prénom : il était immortel et avait une mémoire infini ? Cool. Tu avais le sourire aux lèvres, même alors que toutes les fées du village te cherchait. Tu te mis à réfléchir, peut-être aurais-tu dut brandir un drapeau blanc à ton arrivée. Non, cela n'aurait probablement rien changé au fait que les fées n'aiment pas les elfes, cela ne semble pas vouloir aller de l'avant, ils n'ont pas évolué d'un pouce en plusieurs années, alors pourquoi cela changerait-il maintenant ? L'adolescente que tu étais se sentait un peu exaspéré, mais en regardant raphaël, tu redécouvris le réconfort d'un ami, d'un allié chez ceux qui te menaçaient. D'un coup, tu réalisas à quel point tu pouvais lui apporter des problèmes, avec ta seule présence dans sa maison. Puis tu regrettas d'être là.


« RAPHAËL ▬
Les choses ne se passent pas toujours comme on le souhaite, mais l'important c'est que nous arrivions à passer outre et à atteindre nos objectifs. Je suis content que tu aies compris le sens de mes paroles, quelque peu énigmatiques à l'époque. Mais, cela signifie aussi que tu as dû traverser de dures épreuves... »


Personne ne t'avais donné le choix, personne n'avait demandé ton avis avant de l'exécuter, ni même par la suite. Il s'était passé beaucoup de choses en dix ans, beaucoup trop à ton goût, mais tu étais toujours là et tu continuais d'avancer malgré tout. Tu avais appris à pardonner à ceux qui t'avaient offensé, à ceux qui t'avaient blessé, à ceux qui t'avais piétiné. Tu étais heureuse maintenant, tu n'avais plus rien sur le cœur - ou presque - qui menaçait de le faire céder. Il te regarda, puis fit naître un sourire sur tes lèvres. Décidément, il avait le « tour » de te faire sentir bien alors que des gens voulaient ta peau, juste à l'extérieur. Tu espéras en silence qu'il ne fouille pas toutes les maisons pour s'assurer qu'une elfe ne s'était pas faufilé à l'intérieur, sans quoi tu serais morte et lui aussi.


« RAPHAËL ▬
Ce n'est jamais simple. Certains y parviennent, d'autres non. L'important c'est d'essayer. Tout le monde n'est pas capable d'arriver jusqu'au bout. »


Eva, tu ne trouvais rien à ajouter, alors tu laissas un silence s'installer dans la pièce. Silence qui te prouva que les fées s'étaient éloigné de la maison de celui qui t'avais « secouru », leurs voix semblaient si lointaines que tu n'y portas pas plus d'attention qu'il ne le fallait. Tu n'arriverais peut-être pas toujours à pardonner, petite, mais tu essayerais toujours de faire ton maximum dans ce sens. Donne à quelqu'un et la vie te le rendra. C'était une nouvelle manière de penser que tu avais adopté depuis plusieurs années, parce que tu avais ton caractère, mais que tu savais être douce malgré tout. Tu n'avais jamais eu de problème à donner à ton prochain sans attendre en retour, mais maintenant que tu prenais en expérience et en année de vie, cette phrase prenait tout un autre sens.


« RAPHAËL ▬
As-tu faim, ou soif ? Viens te réchauffer près du feu, en bas. Par ce froid, il sera plus agréable de converser devant la cheminée avec une tisane bien chaude, tu ne penses pas ? Ensuite tu pourras me raconter tout ce que tu voudras. »


Il l'avait su rien qu'en te regardant que quelque chose n'allait pas, enfin, ou bien il savait que tu ressentais le besoin de parler de ce qui s'était passé depuis tout ce temps. Tu ne savais pas vraiment, puis il tendit la main dans ta direction en offrant de sécher tes bottes et ton manteau qui devaient maintenant être réellement trempé. La neige avait commencé à fondre un peu, rendant les paysages assez mouillés, du coup, tu avais dû marcher dans la « sloche » et tes bottes n'avaient pas toléré. Il tendait la main dans ta direction, mais tu hésitas une seconde en te rendant compte que tu ne pouvais pas simplement apparaitre chez les gens pour les mettre en danger - une deuxième fois.


« EUTERPE-YELENA ▬
Je ne me sens pas très à l'aise d'un coup, si les fées décidaient de fouiller chez vous alors que nous sommes en bas devant le feu. Je crois que je ne me remettrais pas d'une autre tuerie, surtout pas si elle est causée par moi. J'aurais aimé rester davantage, mais je ne voudrais pas vous mettre en danger, surtout alors que vous êtes aussi gentil avec moi - et probablement avec tous les autres - je ne peux pas me le permettre ... »


Tu te levas en jetant un coup d’œil à l'homme, les fées en armure étaient derrière la maison et observaient sans doute les traces que tu avais laissée dans la neige : traces qui s'étaient surement camouflées par elle-même vu combien elle était mouillée et glissante. Tu t'éloignas de la fenêtre en tournant le regard en direction de l'homme, qui allait finir au bûché si la situation ne changeait pas d'ici quelques minutes.


« EUTERPE-YELENA ▬
Vous croyez qu'ils ont pu me repérer ? Je ne voudrais pas ... »


Tu réussis à t'adosser au mur et ferma les yeux afin de te calmer, tu ne devais pas t'emporter, tu ne devais pas t'énerver, tu ne devais pas laisser tes sentiments prendre le dessus. Raphaël était un homme merveilleux, si vous surviviez tous les deux, tu allais promettre à ce dernier de ne jamais revenir et cette fois, tu le ferais pour vrai. Plus jamais tu ne le mettrais en danger pour une petite discussion : bien que ce que tu étais venue chercher était bien plus important qu'une simple conversation. Tu avais besoin que quelqu'un confirme que ce que tu avais fait était correct, qu'il est normal de s'emporter, de faire des ravages. Tu avais besoin qu'on juge ton comportement comme bon.


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Re: Une aventure. Une chasse. Une cachette. » Evaphaël ♥ | Lun 06 Avr 2015, 18:09

Au sourire qu’elle m’accorda, je sus que j’avais vu juste, que mes paroles étaient fondées. Bien que son entreprise fût très risquée, j’admirais le courage et la détermination dont elle avait fait preuve pour venir jusqu’ici. Et tout ça, pour me dire qu’elle avait compris ce que je lui avais raconté dix ans auparavant. Je pouvais néanmoins lire l’inquiétude dans son regard. Elle devait certainement se demander si elle avait une erreur en venant ici. Je ne le pensais, à dire vrai. Une décision du cœur pour moi n’était pas une erreur, quand bien même elle nous conduisait sur des sentiers sombres et sinueux. Faire fi des dangers pour venir jusqu’ici avait peut-être un part d’inconscience, certes, mais elle avait peur, je le sentais. Et avoir peur, c’était avoir conscience du danger. Donc pour moi cela relevait plus de la bravoure. Je lui offris de se ressourcer au rez-de-chaussée, mais elle hésita. L’indécision lui tiraillait le cœur. Elle se leva pour jeter un œil par la fenêtre, puis me confia ses craintes. Je laissai ma main reposer le long de mon corps en la fixant.

- Ne t’inquiète pas, Eva. Déjà, sache que ta présence ne me dérange en aucune façon. Certes, il serait fâcheux qu’on te trouve ici, mais, vois-tu, cette maison recèle de nombreux secrets, dont des cachettes. Si jamais le doute les pousse jusqu’ici, je m’arrangerai pour que personne ne détecte ta présence.

Je fis en pose en m’approchant de la fenêtre, lui faisant signe de s’écarter. Normalement, à cette distance, et ainsi distraits par leurs recherches, les fées en armure ne devraient pas la repérer derrière la vitre, néanmoins je préférais ne prendre aucun risque.

- Ils ont repéré tes traces, sans doute, quoi qu’elles doivent être en partie effacées par la neige qui continue de tomber. Cela ne veut pas dire qu’il se doute de qui tu es, je veux dire, une elfe. Ce n’est pas parce que quelqu’un s’introduit en douce que c’est forcément un ennemi. Mais les gens de ce village sont devenus légèrement paranoïaques depuis… eh bien, depuis l’histoire de cette maison.

Oui, c’était depuis la sournoise attaque des elfes, un siècle et demi auparavant, qui avait coûté la vie à tant de fées, y compris la plupart des membres de ma famille. C’était un épisode sombre et douloureux, sanglant et brutal, mais pourtant je ne parvenais pas à les haïr. Je n’acceptais pas une telle violence, je ne la comprenais pas, je regrettais très fortement la mort de mes oncles et tantes, mais je ne souhaitais pas pour autant la mort des responsables. Ils avaient été endoctrinés depuis la nuit des temps. C’est vrai, au final, de quand datait ce conflit vide de sens ? Je leur en voulais, certes, mais pas à tous. Uniquement aux responsables, et ceux-ci étaient morts depuis fort longtemps. Alors, à quoi bon détester une race toute entière pour les méfaits de quelques-uns ? Après m’être perdu un instant dans mes pensées, le regard fixant le vide, je posai mes yeux bleu-vert sur Eva.

- Et je ne pense pas qu’ils oseraient mettre un pied ici. En fait, beaucoup croient que cette maison est hantée, à cause des événements qui s’y sont déroulés il y a un siècle et demi. Ils lui vouent une forme de crainte, mais aussi de respect depuis que je l’habite. Car j’en suis le propriétaire. Cette maison n’a jamais changé de main depuis qu’elle a été bâtie, et mon retour subit il y a quinze ans a ravivé certaines mémoires.

Elle ne comprendrait certainement pas tout, puisque je lui avais caché les principaux éléments de l’histoire. A dire vrai je préférais être posé devant la cheminée, devant une bonne tisane bien chaude, pour aller plus dans les détails. Je baissai légèrement la tête sans la quitter du regard, guettant une quelconque réaction de sa part. Elle ne semblait pas beaucoup plus rassurée. Moi, je ne croyais sincèrement pas qu’ils pussent venir ici. Ils savaient que j’étais pacifique et que je ne prenais jamais part aux excursions « musclées ». Mais ils savaient aussi que je ne cherchais pas les problèmes. Je n’en avais jamais causé un seul ici en quinze ans, et c’était assez apprécié par les membres du conseil du village. Je posai une main rassurante sur l’épaule d’Eva.

- Si toutefois tu n’es pas convaincue, je peux toujours aller les voir pour les mettre sur une fausse piste. Je n’aime pas mentir mais je n’hésite pas lorsqu’il s’agit d’une bonne cause.

Je m’approchai de la fenêtre pour fermer le rideau. Il valait mieux éviter de tenter le diable. D’une main j’évacuai les quelques saletés qui avaient élu domicile sur mon bureau. Puis je me retournai vers Eva.

- Par contre, si tu es rassurée, ma proposition tiens toujours.

Je lui offris un sourire rassurant et confiant. Ce n’était pas de la naïveté, de me penser hors de danger. Le risque demeurait, j’en avais conscience, mais les probabilités restaient faibles. Et quand bien même les traqueurs toqueraient à ma porte alors que nous étions installés devant le feu, je savais exactement quoi leur dire.




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Re: Une aventure. Une chasse. Une cachette. » Evaphaël ♥ | Jeu 09 Avr 2015, 23:57


RAPHAËL & EUTERPE-YELENA


« RAPHAËL ▬ Ne t'inquiète pas, Eva. Déjà, sache que ta présence ne me dérange en aucune façon. Certes, il serait fâcheux qu'on te trouve ici, mais, vois-tu, cette maison recèle de nombreux secrets, dont des cachettes. Si jamais le doute les pousse jusqu'ici, je m'arrangerai pour que personne ne détecte ta présence. »

Tu poussas un long soupire entre l'exaspération et le soulagement : tu n'arrivais pas à croire qu'il était en mesure de te rassurer de cette manière. S'il arrivait quelque chose, l'homme d'un âge incertain réussirait à te camoufler sans que l'on puisse ressentir ta présence - tu savais te faire discrète de toute manière - afin d'être en paix avec la « police » féerique. Il n'était pas mécontent que tu sois là, il semblait même vouloir que tu restes. Cet homme était trop gentil et sa bonté finirait par le perdre, bien qu'il semblait figé dans le temps. Tu pourrais lui poser la question quand vous seriez confortablement assit au bord du feu avec une tasse de thé. Lorsqu'il te demanda de t'éloigner de la fenêtre, tu le fit sans rien dire, parce que tu étais obéissante, mais surtout parce qu'il avait raison. Il valait mieux éviter les fenêtres où les fées risquaient de te voir, tu te trouvas un peu bête de t'en être approché d'ailleurs, mais tu étais resté en retrait exprès.

« RAPHAËL ▬ Ils ont repéré tes traces, sans doute, quoi qu'elles doivent être en partie effacées par la neige qui continue de tomber. Cela ne veut pas dire qu'il se doute de qui tu es, je veux dire, une elfe. Ce n'est pas parce que quelqu'un s'introduit en douce que c'est forcément un ennemi. Mais les gens de ce village sont devenus légèrement paranoïaques depuis... eh bien, depuis l'histoire de cette maison. »

Tu étais en mesure de comprendre, tu avais déjà entendu parler des conflits d'antan entre les elfes et les fées : les conflits duraient depuis trois ou quatre éternités déjà. Tu avais appris à ne pas te mêler de ce genre de choses, jusqu'à ce que ton village soit celui attaqué, tu n'as pas détesté les fées comme tu n'as pas détesté les elfes d'avoir abattu Désirée. Tu fermas les yeux une seconde ou deux afin de remettre tes idées en place, tu ne devais pas penser à la fée aux cheveux bleus, tu ne devais pas si tu ne voulais pas pleurer. Tu avais beau prêcher la belle parole, tu avais encore de la difficulté à parler d'elle sans créer une boule au creux de ton estomac. Sa présence te manquait énormément, ses remontrances aussi. À cette pensée, un sourire apparût sur ton visage soudainement tout triste, il valait mieux penser à de bonnes choses, c'est ce qu'elle voudrait de toute manière.

« RAPHAËL ▬ Et je ne pense pas qu'ils oseraient mettre un pied ici. En fait, beaucoup croient que cette maison est hantée, à cause des événements qui s'y sont déroulés il y a un siècle et demi. Ils lui vouent une forme de crainte, mais aussi de respect depuis que je l'habite. Car j'en suis le propriétaire. Cette maison n'a jamais changé de main depuis qu'elle a été bâtie et mon retour subit il y a quinze ans à ravivé certaines mémoires. »

Tu acquiesças silencieusement en fronçant les sourcils, alors cet homme était vraiment immortel. Il n'avait pas changé en plus ou moins dix ans et il ne changerait donc jamais d'apparence, ce qui était plutôt cool après tout. Tu te mis à rêvasser que si tu seras éternel comme lui, tu pourrais faire encore plus de bien dans la vie sans te soucier de vivre quelques années seulement auprès des personnes que tu chéris. En même temps, tu serais forcé de voir ceux que tu aimes mourir l'un après l'autre et tu ne t'en sortirais surement pas vivante vu ta réaction à la mort de ta meilleure amie. Bon, d'accord. L'immortalité, c'est cool surement une centaine d'année après que tes descendants soient morts, parce qu'avant cela, ça doit être dur à vivre. Il posa une main sur ton épaule dans un geste rassurant en espérant que tes doutes s'envolent. Il n'avait peut-être pas tort après tout, il connaissait mieux son village que toi.

« RAPHAËL ▬ Si toutefois tu n'es pas convaincue, je peux toujours aller les voir pour les mettre sur une fausse piste. Je n'aime pas mentir, mais je n'hésite pas lorsqu'il s'agit d'une bonne cause. »

Il se retourna et tira les rideaux afin d'éviter les soupçons probablement, alors que tu suivais le moindre de ses gestes des yeux. D'accord, il avait raison. Tu ne pouvais pas t'enfuir maintenant de toute manière, la garde féerique devait être aux aguets depuis ton passage, alors il fallait attendre un peu que la poussière retombe avant de déguerpir. Tu pris ton courage à deux mains avant d'acquiescer d'un mouvement qui fut à peine remarquer par ton interlocuteur qui s'occupait des rideaux.

« RAPHAËL ▬ Par contre, si tu es rassurée, ma proposition tiens toujours. »
« EUTERPE-YELENA ▬ Je veux bien, j'ai besoin de me réchauffer un peu et j'aimerais bien boire un thé. »

Tu considérais ne plus avoir le choix, tu te dirigeas vers la porte de la chambre. En sortant de la pièce, tu te rappelas vaguement les proportions de la maison ainsi que les pièces que tu avais tenues à visiter pour combler ta curiosité. Alors, l'escalier était vers la gauche, tu tournas donc dans le couloir avant d'arriver en face de l'escalier. Un sourire triomphant prit place sur tes lèvres alors que tu semblas oublié la menace qui faisait rage à l'extérieur. Ce n'est pas comme si tu avais seulement ça dans la tête et si Raphaël t'avais assuré qu'il ne se passerait rien, c'était qu'il avait raison. Tu te retournas vers lui afin de t'assurer qu'il te suivait bien avant de descendre les escaliers jusqu'au rez-de-chaussé. Décidément, sa maison avait changé autant que lui après de nombreuses années : c'est-à-dire, rien du tout sauf quelques éléments ici et là. Tu eus un sourire en tournant la tête dans sa direction.

« EUTERPE-YELENA ▬ Votre maison est pratiquement identique à la dernière fois où je suis venue. »

En apercevant le feu, il fut comme un aimant et t'attiras. Tu allas t'asseoir devant tandis qu'il réchauffait tes pieds qui avaient été gelés à cause de la neige de l'extérieur qui avait fait irruption dans tes bottes. Tu trouvais cette maison magnifique, mais ton regard était fixé dans les flammes. Tu n'avais d'intérêt pour rien d'autre durant une minute ou deux, puis tu relevas les pupilles vers l'homme fée.

« EUTERPE-YELENA ▬ Avez-vous besoin de mon aide pour préparer le thé ? demandas-tu comme si tu pensais qu'il allait te répondre à l'affirmatif. »

Tu sentis une agitation sur ton épaule, puis tu pris l'animal dans tes mains avant de l'approcher un peu de la source de chaleur, il avait eu froid lui aussi. Au bout de cinq petites minutes, tu fus bien obligé de constater que ton corps supportait mal la chaleur aussi intense, aussi tu reculas d'un mètre et demi environ pour laisser à ton corps la chance de se remettre de ce coup de chaleur.

« EUTERPE-YELENA ▬ C'est gentil de votre part de me laisser être ici, j'avais besoin de parler de ce qui m'est arrivé, mais avant tout, j'aimerais bien savoir pourquoi les villageois ont peur de votre maison ? »

Tu étais de nature curieuse et toutes les bonnes histoires t'intéressaient - et même les moins bonnes racontés par de mauvais conteurs étaient des chefs-d’œuvre à tes oreilles.
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Re: Une aventure. Une chasse. Une cachette. » Evaphaël ♥ | Lun 13 Avr 2015, 23:56

Spoiler:
 

Ma mère m’avait toujours dit « Donne de bon cœur et tu recevras en retour. » Mais ce n’était pas en espérant un retour que j’agissais, mais simplement par bonté d’âme. Parce que c’était moi et que ni la souffrance, ni la mort n’avaient rien pu y changer. J’étais peut-être trop gentil, parfois. Alicia me demandait régulièrement de rester sur mes gardes. Ma grande sœur veillait toujours sur moi après toutes ces années. Elle l’avait toujours fait. Et maintenant que mon frère n’était plus là, je n’avais plus personne sur qui veiller, pour ma part. Peut-être était-ce pour cela que je me mêlais parfois de ce qui ne me regardait pas. Pour combler ce besoin de veiller sur quelqu’un. Je vivais seul dans cette maison, depuis quinze ans. Je rendais visite régulièrement à ma famille sur Terre, mais ce n’était pas pareil. Alors bien sûr, lorsque l’une de mes connaissances venait me rendre visite, c’était toujours avec plaisir que je l’accueillais. Comme Eva. Bien sûr, j’étais quelque peu surpris qu’elle eût bravé tous ces dangers pour venir jusqu’ici. Mais au fond ça me faisait vraiment plaisir. J’avais mis toute mon assurance et ma sympathie dans mon discours, pour la rassurer du mieux que je pouvais. Et à son soupir, je devinai que j’avais bien visé.

Cependant, je vis un voile de tristesse et de douleur masquer un instant l’étincelle de vie qui brillait dans ses prunelles bleues. Une lueur que je connaissais bien, malheureusement, pour l’avoir vue dans les miennes. Cela avait certainement un rapport avec sa venue ici ; mais ce n’était pas le meilleur endroit pour en discuter. Un sourire triste se dessina sur ses lèvres, mais je ne dis rien, respectant son silence. J’étais bien placé pour savoir que poser des questions n’était pas forcément le meilleur moyen d’obtenir des réponses. Si elle était un peu comme moi, elle se renfermerait plus qu’autre chose. Certes, je souhaitais toujours venir en aide à mes proches, mais pour ce genre de chose, je gardais une distance respectueuse.
Je veux bien, j'ai besoin de me réchauffer un peu et j'aimerais bien boire un thé.

- Mais bien sûr, ma chère Eva, lui dis-je en souriant. Passe devant je t’en prie.

Je lui désignai le couloir d’une main pour l’encourage à prendre les devants. Elle n’était venue ici qu’une fois, cependant, alors je ne savais pas si elle pouvait se souvenir du chemin. Mais elle m’impressionna en tournant sans hésitation sur la gauche, où se trouvait l’escalier qui menait au rez-de-chaussée. Elle avait donc une très bonne mémoire, ce qui nous faisait un nouveau point commun. Je la rejoignis en quelques enjambées, après avoir fermé la porte de ma chambre derrière moi.

- Votre maison est pratiquement identique à la dernière fois où je suis venue.
- C’est vrai, oui. Je change rarement mes habitudes, alors je suppose que c’est aussi le cas pour la décoration et l’ameublement.

C’était un peu une conséquence de ma longévité. Je vivais dans mon temps sans pour autant suivre avec facilité l’évolution toujours plus rapide du monde qui m’entourait. Mes manières désuètes en étaient une preuve. Quoiqu’il s’agissait aussi d’un héritage de mon éducation du dix-neuvième siècle. La plupart des meubles de la maison étaient de cette époque d’ailleurs, et certains même antérieurs. Ils avaient cependant cette touche de fantaisie propre à l’île. Mais on pouvait voir ça et là une petite touche française, issue de la main de ma grand-mère qui était originaire de Versailles. Quant aux peintures murales, une bonne moitié provenait de mon père, qui déjà adolescent montrait un véritablement don dans cet art. Et cela n’avait rien à voir avec sa capacité de manipuler les couleurs. Eva alla s’assoir sur le canapé devant la cheminée, une place qu’elle avait occupée voilà presque dix ans. Elle me proposa poliment de l’aider.

- Je te remercie, je vais m’en sortir. Je peux te proposer de l’Earl Grey, dis-je par-dessus mon épaule tandis que je me dirigeais vers la cuisine. C’est mon préféré ; la meilleure qualité qui soit. Prendras-tu du sucre ?

J’enclenchai la bouilloire après l’avoir remplie d’eau, puis je me saisis de la boîte à thé dans un claquement de porte du placard. Il ne s’agissait pas de simples sachets de thé. Non, c’était du vrai thé, je veux dire, des feuilles séchées qui n’attendaient plus qu’à tremper dans l’eau. J’en pris une poignée, que je rinçai à l’eau bouillante, pour débarrasser les plantes de leurs arômes inconvenants et obtenir ainsi un thé bien translucide. Je les disposai ensuite dans la petite cage à thé de la théière, avant de verser l’eau bouillante. Il faudrait quelques minutes d’infusion pour que ses meilleurs arômes se répandent. Je déposai le thé sur un plateau, ainsi que deux tasses à coupoles, un petit pot de sucre, des petites cuillères et une assiette de biscuits. Je revins les mains chargées juste au moment où Eva me demandait de lui conter l’histoire de cette maison.

- Ah, c’est une longue et vieille histoire, dis-je en déposant le plateau sur la table. Comme je te l’ai dit, cette maison a toujours appartenu à ma famille, celle de mon père pour être précis. Elle date des années 1700 je crois. Les villageois lui vouent une crainte respectueuse à cause des tristes événements qui s’y sont déroulés, un soir d’hiver.

Je m’accroupis devant la cheminée pour remettre une bûche dans les flammes qui commençaient à perdre de leur vigueur. Il fallut un tisonnier et quelques bouffées d’oxygène pour les aider à repartir. Je vins ensuite m’assoir sur le fauteuil juste à côté de la jeune elfe, près du plateau pour surveiller l’infusion du thé.

- Mes grands-parents ont eu cinq enfants, deux filles et trois garçons. C’était mon père le plus jeune. Ils ont grandis tous ensembles ici, jusqu’à se marier, et même alors ils venaient régulièrement ici. Mes parents sont partis en France après leur mariage, vivre chez le grand père de mon père. Un soir, nous nous sommes réunis ici pour festoyer en famille, tous les oncles et tante, ainsi que leurs conjoints et leurs enfants. J’avais dix ans à l’époque, mais je n’oublierai jamais cette soirée.

Je fis une pause pour servir le thé, et j’en profitai pour me replonger l’espace d’un instant dans l’ambiance. Nous étions tous joyeux et insouciants, heureux de nous retrouver. Nous ne nous doutions pas que des elfes choisiraient cette nuit-là pour attaquer le village par surprise. Quelle nuit terrible, une des pires de mon existence… Mais c’était il y a plus d’un siècle, et le temps avait fait son œuvre. Ils me manquaient mais leur absence n’était pas insoutenable. Je lui tendis une tasse et m’adossai au fauteuil, les yeux rivés dans les flammes, sans pour autant les voir réellement.

- Des elfes ont pris le village d’assaut. On entendait les cris de terreurs à l’extérieur. Mes parents nous ont ordonné de monter et de nous enfermer au grenier, mais arrivés à la balustrade, les assaillants ont brisé les fenêtres et j’ai vu mes grands-parents ainsi que Elia, ma tante aînée, mourir sous mes yeux. Les elfes ont entendus nos cris et certains nous ont poursuivis jusqu’au grenier. Malgré les précautions de ma sœur, ils ont réussi à entrer. Mes parents et le mari d'Elia nous ont sauvés juste à temps.

Je réalisais à quel point nous étions chanceux d’avoir survécu à ce massacre. Beaucoup de fées ont péri ce soir-là. Comme quoi, il s’en était fallu de peu. Je pris une gorgée de thé et saisis un biscuit, faisant signe à Eva, et à la boule de poil qui devait être son affilié, de se servir comme ils le souhaitaient.

- Mes parents, mon cousin et son père, ainsi que ma fratrie fûmes les seuls survivants de la maisonnée. Le village avait réussi à repousser les elfes, mais en payant un lourd tribu. Mes parents n’ont plus jamais remis les pieds ici, et moi non plus jusqu’il y a quinze ans. Quand l’administration a vu mon acte de propriété, elle a eu du mal à le croire. Mais personne n’avait touché à la maison, la croyant hantée par l’âme des fées et de leurs ennemis qui y avaient péri. Et voir resurgir l’héritier, qui disait en plus avoir assisté à cette nuit-là, les a quelques peu rendu craintifs, mais au bout d’un certain temps ils m’ont voué une forme de respect, je dirais.

Je laissai le silence s’installer un instant, lui laissant le temps de digérer toute l’histoire qui, je n’en doutais pas, devait lui paraître autant incroyable qu’affreuse à entendre. Mes yeux glissèrent sur les murs, les meubles, les escaliers, contemplant à nouveau chaque détail, que je connaissais pourtant par cœur.

- Mais je te rassure, cette maison n’est pas hantée. Depuis le temps que j’y vis, j’aurais déjà vu leurs fantômes, ajoutai-je en plaisantant. Je dirais que leur essence est imprégnée dans chaque pierre, mais j’ose espérer qu’ils ont gagné les Enfers très vite.

Je bus une autre gorgée de thé, tenant la tasse par l’anse, puis croquai dans le biscuit, avant de poser mes iris bleu-vert sur la jeune femme.

- Alors dis-moi, quelle affaire t’amène ici ?




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Re: Une aventure. Une chasse. Une cachette. » Evaphaël ♥ | Dim 02 Aoû 2015, 22:51


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Le feu. Cette chaleur intense sur ta peau, cette sensation d'étouffer, de ne plus pouvoir respirer l'air correctement, cette sensation t'avait fait reculé. Tu n'avais pas peur du feu, mais tu étais faits de glace Éva : la glace et le feu ne font pas très bon ménage. Tu ne te souvenais plus vraiment des décorations de la maison, mais ce qui avait attiré ton attention enfant, te revint en mémoire et tu fus donc en mesure de constater que rien n'avait bougé. Comme si le temps s'était arrêté ici et c'était sans doute le cas : il ne changeait pas, donc continuait à aimer les mêmes choses, année après année. Tu trouvais soudainement intéressante sa longévité, mais beaucoup plus amusante la tienne. Tu vivais chaque jour comme s'il était un cadeau du ciel, un présent qu'il faut protéger, qu'il faut vivre à fond, parce que dans moins de cent ans, tu serais peut-être morte : ou peut-être pas, Éva. Les flammes captivèrent ton regard une seconde fois en plongeant le bleu clair de tes pupilles dans le feu doré qui te réchauffait même à cette distance, puis une question réussit finalement à te faire sortir de cette contemplation.

« Non merci, je le boirai comme cela. »

Tu l'entendis approcher dans ton dos, mais les flammes orange étaient toujours le centre de ton attention, puis il te revint en tête qu'il fallait absolument que tu saches pourquoi cette maison était aussi effrayante pour les villageois. Peut-être tu'avais-il simplement dit cela pour te rassurer, mais il te semblait qu'il n'était pas comme cela, Raphaël. Il ne t'avait pas menti la première fois que tu l'avais rencontré, pourquoi commencerait-il maintenant, hein ? Il déposa le plateau qui contenait le thé alors que tu osas lâcher le feu des yeux pour concentrer ton attention sur lui, c'était la moindre des choses puisque tu lui avais posé une question.

Tu appuyas tes coudes contre tes genoux et ton menton contre tes mains en écoutant attentivement ce qu'il te racontait. Raphaël savait raconter les choses, dès la première phrase, tu n'avais d'yeux que pour lui et attendais avec impatience la suite de l'histoire. Il s'était passé quelque chose, un hiver et sans réellement t'en rendre compte, tu t'étais glissé sur le bord du fauteuil comme si cela allait t'aider à mieux te concentrer sur le récit.

Il alla attiser le feu et ajouta une bûche avant de revenir dans ta direction, tes yeux brillaient d'excitation alors que les moindres de ses mouvements étaient épiés. Non, il ne t'en avait jamais fallu beaucoup pour te tenir en haleine. Tu te mordais la lèvre au fur et à mesure que l'histoire avançait. « J’avais dix ans à l’époque, mais je n’oublierai jamais cette soirée. » Il avait déjà été jeune . Tu t'imaginas rapidement la fée en enfant et l'image se brisa presque automatiquement dans ta tête alors qu'il continuait de raconter. Il servit le thé alors que tu le pressais du regard de continuer, parce que tu voulais en savoir un peu plus sur cet homme qui était l'un des seuls que tu connaissais, la seule fée qui n'avait pas eu envie de te chasser. Il t'avait sauvé, alors que la majorité de son peuple t'aurait fait la peau : mais les elfes n'étaient pas mieux, n'est-ce pas, Désirée . Tu te mordis la lèvre en repensant à ce qui s'était passé avec ton amie, puis tu secouas un peu la tête. Tu trempas tes lèvres dans le liquide chaud, réconfortant alors que ton « ami » se plongea dans ses souvenirs, tu le voyais à son regard absent. En dirigeant ton regard dans la même direction que le sien, tu constatas que les flammes n'avaient pas cet effet-là que sur toi : tu étais presque rassurée.

« Des elfes ont pris le village d’assaut. »

L'histoire ne fut plus drôle, plus drôle du tout. Tu baissas la tête et jouas instinctivement dans tes cheveux pour faire passer la honte que tu ressentais à ce moment-là. Il te raconta comment ton peuple avait massacré toute sa famille sous ses yeux. Cette vieille guerre qui n'a jamais arrêté même depuis toutes ces années, deux peuples jouant au chat et à la souris en emportant avec eux combien de morts. Combien devraient mourir avant de se rendre compte qu'on ne se souvient même plus pourquoi est-ce que, à la base, les peuples se sont confrontés ? Tu pris un biscuit et le donna à Rufus qui te l'avait commandé en pensée, mais tu n'avais pas faim, ton estomac avait déjà de la difficulté à rester en place. Tu détestais cette guerre, elle avait fait tellement de ravage. Pourquoi est-ce que ce n'était pas assez ?

« Je comprends pourquoi ils ne sont jamais revenus. »

Tu ne l'aurais pas fait, toi non plus.
Raphaël avait beaucoup de courage, tu n'aurais jamais voulu revivre dans un endroit où tu aurais vu toute ta famille se faire assassiner sauvagement. Il t'assura que la maison n'était pas hantée, mais ce n'était pas cela qui te donnait cet air. Tu étais maussade d'un coup, tu te rendais compte qu'il n'y avait aucun des deux peuples qui valaient mieux que l'autre. Tu osas finalement un regard dans sa direction alors qu'il levait les yeux vers toi. Ressentait-il la honte qui te rongeait intérieurement ? Tu n'aurais jamais dû venir l'embêter. Comment faisait-il pour ne pas en vouloir aux elfes de cette attaque, comment faisait-il ?

« Alors dis-moi, quelle affaire t’amène ici ? »

Tu baissas la tête et observas tes pieds durant plusieurs secondes, parce que tu ne savais plus quoi dire. Tes fantômes du passé étaient tellement superficiels comparés aux siens. Tu haussas légèrement les épaules avant de continuer à observer les flammes dansantes, tu ne savais plus comment dire les choses maintenant. Tu aurais probablement préféré ne pas connaître cette histoire, mais encore une fois ta curiosité t'avait joué des tours.

« Ce n'est rien comparé à votre histoire, vraiment. Je ... Je suis désolée. »

Tu étais choquée, un peu secouée. Tu bus une nouvelle gorgée de thé chaud, tu le sentis faire le long chemin dans ta gorge alors que tu restais muette. Visiblement, tu avais besoin de parler à cet homme de ce qui s'était passé avec ta meilleure amie, même si cela te semblait maintenant un peu moins horrible qu'il ne te l'avait semblé quelques heures avant. Tu poussas un léger soupiré avant de lâcher le feu des yeux, cela n'avait semblé duré que quelques secondes, mais en vrai, depuis combien de temps étais-tu plongé dans tes pensées ?

« Il n'y a pas très longtemps, ma meilleure amie s'est découvert une moitié-fée dont elle n'avait parlé à personne. Lorsque les habitants de notre village l'ont appris, ils l'ont exécuté sur la place publique. J'ai essayé de la sauver ... j'ai tellement essayé de la sauver. Ils m'ont enfermé, je n'ai même pas pu dire adieu à ma meilleure amie. Et aujourd'hui, à cause de cela, j'ai l'impression ... la très forte impression qu'elle n'est pas vraiment décédée. J'ai l'impression qu'elle est toujours quelque part dans le monde et qu'elle pense à moi aux moments où je pense à elle. Nous étions très proches ... et je ... je ... »

Tu fermas les yeux pour éviter les larmes de couler sur tes joues, parce que parler de la mort de désirée te rendait toujours comme cela. Tu espérais, un jour, être capable de parler d'elle sans pleurer à chaudes larmes, mais ce jour n'était pas encore arrivé. Quelques gouttes solitaires glissèrent sur tes joues blanches, laissant derrière elles de long sillon humide que tu effaças avec la paume de ta main. Tu ne devais pas pleurer comme cela, même si cela semblait soulager la douleur. Il ne fallait pas, simplement.

« Je suis désolée. Je crois que si comme vous, j'aurais perdu la majorité de ma famille, je n'aurais pas survécu. J'en veux terriblement aux gens de mon peuple, parce qu'elle était la personne la plus attentionnée que j'ai eu à rencontrer. Elle faisait partie de nous depuis sa naissance ... Ils n'avaient pas le droit de simplement la jeter comme ils l'ont fait. »

Tu sentais la rage monter dans son estomac, mais tu n'allais pas te laisser aller à cette émotion négative. Tu pris une grande inspiration et fermas les yeux à nouveau comme si cela pouvait te permettre de te calmer.
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J'ai traversé le portail depuis le : 18/12/2014 et on me connaît sous le nom de : Etilya. Mon nom est : Raphaël Ilwan Matys Elosiam. Actuellement je suis : veuf et hétéro. Il paraît que je ressemble à : Aoi Kaji de kiniro no corda et à ce propos, j'aimerais remercier : Kingyo pour le vava et Bunny pour la signa ♥
Re: Une aventure. Une chasse. Une cachette. » Evaphaël ♥ | Sam 17 Oct 2015, 20:22

Il était saisissant de voir à quel point elle avait changé, tandis que moi je restais immuable. Le temps n'avait plus d'emprise sur moi depuis bien longtemps, et je m'étais fait à l'idée de ne plus changer. Toutefois, revoir Eva me rappelait les lois de la vie. Encore une âme qui quitterait ce monde avant moi... Du moins pour ce que j'en savais. C'était une elfe à n'en pas douter, mais j'ignorais si elle était de sang-mêlé. Je la sentis entièrement captivée dès les premiers mots de mon récit. Il est vrai que j'avais un talent certain pour conter les histoires, tant à l'écrit qu'à l'oral, même si dans le second cas c'était occasionnel. On m'avait déjà demandé d'intervenir dans des classes d'enfants et d'adolescents, à plusieurs reprises. Une fois j'avais même eu l'occasion d'émerveiller des tous petits. J'imaginais donc pouvoir m'en sortir avec une jeune adulte comme Eva. Tandis que j'avançais dans cette triste histoire, je remarquai la gêne évidente de la jeune elfe. Je pouvais le comprendre, moi aussi je serais embarrassé en apprenant des mots d'un elfe que des fées avaient attaqué son village. Je ne dis rien sur le moment, cependant. Je m'enquérais plutôt de ce qui l'amenait ici.

- Ce n'est rien comparé à votre histoire, vraiment. Je ... Je suis désolée.
- Ne dis pas ça. Tu n'as pas à être désolée, tu n'es en rien responsable. Tes grands-parents n'étaient sans doute même pas nés au moment des faits. Tu n'as pas à répondre des actes de ton peuple, pas plus que moi avec les fées. Appartenir à une race ne force pas d'être impliqué dans chacune de ses actions. Mon histoire appartient au passé, elle n'est pas comparable à la tienne. Je doute que ce ne soit rien pour toi.

J'en restai là pour l'instant. Je ne souhaitais pas l'étouffer plus que nécessaire avec mes leçons de morale et de philosophie. Je terminai ma tasse de thé ; narrer une histoire donnait toujours soif. Heureusement je n'avais soif que d'eau ou en l'occurrence, de thé. Je dus finalement la convaincre car elle commença à me conter ce qui lui pesait sur le coeur. Ce fut à mon tour d'être attentif et de l'écouter. Elle parla avec émotion de sa meilleure amie, exécutée pour seule faute d'être de sang-mêlé. Je trouvais ça désolant, d'en venir là. Mais je ne pouvais pas blâmer les elfes plus que les miens. Combien de fois les fées avaient-elles mis à mort des citoyens à moitié elfe ? Combien de fois en avaient-elles bannis ? Et tout cela pour quoi au final ? Plus personne ne se souvenait des faits exacts qui avaient conduit nos deux peuples à s'entretuer. Aujourd'hui chacun vengeait l'attaque de l'autre. Et je déplorais de tels actes car ils ne menaient à rien, sinon au malheur et à la souffrance. Je jetai un oeil à Eva, attentif à son récit qui se ponctua sur la fin d'une note de colère et d'un sentiment d'injustice. Je voyais clairement son chagrin et sa souffrance et j'en étais désolé. Lorsqu'elle eut terminé, les yeux clos pour contenir ses larmes, je tirai un mouchoir en tissu de ma poche et le lui tendis.

- Ne lutte pas, Eva. Si tu as besoin de pleurer, laisse tes larmes couler, personne ici ne t'en blâmera. Ton coeur s'en trouvera soulagé.

Je lui laissai un peu de temps dans le silence pour évacuer et se ressaisir. Ça me pinçait le coeur de voir cette jeune fille meurtrie par la mort d'un être cher. Comme elle l'avait souligné, j'avais perdu presque toute ma famille, mais je n'estimais pas pour autant avoir traversé les pires épreuves qui soient. Chacun avait sa part de souffrance qui, de son propre point de vue, paraissait insurmontable. Ainsi je trouvais légitime son chagrin et ne le comparait en aucun cas à mes propres expériences. Je repris d'un ton doux.

- Je suis sincèrement désolé pour ton amie, Eva. Personne ne mérite de subir une telle épreuve, personne ne mérite de mourir aussi jeune. Si tu sens sa présence, c'est sans doute parce qu'elle vit encore, là  -je désignai son coeur.

Je me retins d'avancer la seconde explication logique : que son amie était revenue des Enfers. Je ne voulais pas lui donner de faux espoirs. La désillusion était rude. J'en savais quelque chose.

- Je comprends ta colère et ta rancoeur. Elles sont légitimes. Moi aussi j'en ai terriblement voulu aux elfes, au début. Mais je me suis rendu compte avec le temps que ça ne les ramènerait pas. Je ne hais pas les elfes, car ne me mènerait à rien. La haine, contrairement à ce que l'on croit, ne soulage pas la souffrance. Au contraire, elle l'intensifie, et n'engendre que plus de haine et violence. Aujourd'hui j'en veux surtout à l'opinion public et les moeurs d'antan qui ne veulent pas évoluer.

J'avais pesé chacun de mes mots pour tenter de lui exprimer fidèlement ma vision des choses. Je lui souris amicalement pour tenter de la consoler. Mais rien ne remplaçait ceux qu'on aimait. Je reposai ma tasse sur la petite table devant nous.

- Dis-moi, Eva, qu'as-tu tiré de ce que je t'ai raconté il y a neuf ans ?

J’étais intéressé d’avoir son interprétation, et je voulais constater par moi-même si les valeurs que j’avais voulu lui transmettre à l’époque l’avaient atteinte comme je l’escomptais, ou si au contraire j’avais négligé quelque chose. Je m’adossai contre le fauteuil, une main soutenant ma tête, et posai mes yeux bleu-vert sur la jeune fille, tout ouï.




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