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 Don't let them in [PV Leona]

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Don't let them in [PV Leona] | Mar 21 Jan 2014, 23:09

Don't let them in
 PV Leona   

Les ondulations sauvages, enivrantes de sensualité, envoûtaient les iris vermeilles qui les contemplaient. Elles s'étiraient, s'allongeaient, visaient à occuper tout l'espace possible. Leur danse était si spontanée qu'elle ne semblait avoir aucun sens, festival lumineux à l'allure joyeuse. Les langues se faisaient avides et pétillantes de vigueur, leurs entremêlements passionnés les transportaient toujours plus haut. De temps en temps leur fougue produisait de petites étoiles qui s'éteignaient passées quelques secondes, éphémères apparitions dont l'unique dessein était de s'élever en virevoltant à leur gré. Le prix de ce spectacle était le sacrifice d'un matériel oxydable, seuls capables de satisfaire les voraces. Leur agonie se faisait ressentir entre autre par une série de crépitements qui emplissait la dimension sonore de la pièce autrement silencieuse.
Aucun élément perturbateur ne troublait la paix des lieux, et Hadès s'était assuré que cela ne changerait pas. Un petit moment de répit de temps à autre avait des effets bénéfiques, c'était un petit plaisir qu'il s'accordait actuellement. Son regard s'était fermement accroché aux flammes, dont la douce radiance pouvait s'exprimer au mieux grâce au contraste que leur offrait l'âtre sombre. Les deux bras déployés sur le sommet du dossier de son fauteuil, il laissait son esprit se vider afin de glisser lentement vers un état de décontraction.
Mais il ne l'atteindrait pas aujourd'hui. Ses paupières se fermèrent et, d'un mouvement tout d'abord lent mais qui s'accéléra progressivement, le Dieu des Enfers bascula la tête vers l'arrière en laissant l'air s'échapper brusquement de ses poumons, formant une sorte de demi-soupir. Bientôt on allait venir lui rendre visite, de cela il était aussi sûr qu'il avait fait convoquer quelqu'un peu auparavant.

Une court instant plus tard, le voilà en train de contourner son siège favori, celui qui faisait face à la cheminée. Ses yeux glissèrent sur chaque détail sans s'y arrêter : il avait déjà détaillé chaque recoin des centaines de milliers de fois. C'était son bureau, donc l'un des endroits dans lequel le fils de Cronos passait le plus de temps. La pièce était assez spacieuse et sombre, autant grâce à ses matériaux qu'au nombre de fenêtres – seulement une, qui offrait une belle vue sur les limbes. Un lustre pendait bien au centre, au-dessus d'une grande carpette qui occupait la partie centrale, mais il ne prenait que rarement la peine de l'allumer. Tout y était bien ordonné, preuve matérielle qu'il aimait que chaque chose soit à sa place, voyez donc comment il avait séparé le coin « relaxation » du coin « travail » en les mettant chacun d'un côté par rapport à l'entrée, qui séparait le cabinet en deux. Une tendance qui ne s'appliquait pas qu'aux objets, d'ailleurs.
Le mobilier d'inspiration empirique présentait ça et là une touche morbide de gothique ou une petite arabesque du style renaissance, chaque meuble était en ébène massif et avait un aspect lustré. En bref la décoration était simple mais élégante, raffinée même, tout en donnant une atmosphère sombre et légèrement inquiétante parfaitement assortie à l'emplacement géographique du palais d’obsidienne. De plus, le ménage étant effectué régulièrement dans chaque salle, on ne trouvait là aucune saleté ni aucune poussière, tout était immaculé. Faut dire qu'un peu de rangement et de propreté ne faisait pas de mal, quand on vivait dans un monde aussi sordide que les Enfers et qu'on pouvait se montrer très maniaque.

D'un pas lent dont les bruits furent absorbés par le tapis, Hadès passa d'un coin à l'autre de la pièce pour se poster debout derrière son bureau. Il se souvint alors qu'avant de s'installer devant le feu, il avait déboutonné les manches de sa chemise noire pour les remonter à mi-hauteur de ses avant-bras. Aussi tôt remarqué aussi tôt remédié, ses doigts s'affairaient à arranger sa tenue sans oublier de bien reboutonner. Le rendez-vous improvisé que le roi des morts attendait n'allait pas tarder selon ses estimations, c'était pour lui hors de question de laisser voir qu'il sortait d'un moment de laisser-aller ou de laisser ledit moment avoir un impact sur son image ou émousser son application. Allez donc savoir pourquoi et comment un tel lien de causalité s'était établi sous sa caboche, mais chacun avait ne serait-ce qu'une étrange manie qui lui était propre, y compris les divinités.
Cela dit, l'inévitable se produit : quelques coups secs résonnèrent, auxquels notre brun répondit par un « entrez » tout en portant son attention vers la porte. Une fois celle-ci refermée derrière la personne mandée, il prit calmement la parole.

-Ah, te voici Leona. Je suppose que tu sais pourquoi je t'ai convoquée... Alors je t'écoute, énonces-moi les raisons qui t'ont poussé à amener Ciel jusqu'à moi alors que je ne t'ai pas donné l'autorité nécessaire pour m'amener des visiteurs.

Car c'était la raison qui l'avait poussé à s'entretenir seule à seul avec elle. Hadès se doutait bien que le fait que Ciel soit son fils – illégitime – avait poussé Leona à l'aider à venir jusqu'ici, mais cela ne changeait rien au fait que jamais il ne l'avait autorisée à lui apporter des visiteurs sur le tas. Mais n'imaginez pas qu'il était en colère, son intention était seulement d'éclaircir ce point, le Dieu pouvait s'irriter assez facilement mais pas à ce point tout de même, elle avait juste voulu aider un enfant à rencontrer son géniteur. Mais il n'empêche que les choses étaient souvent plus simples quand chacun s'en tenait à ses habilitations, or quoi qu'il arrive son clan était celui des choses simples et efficaces.

[HRp : et voilà ! J'espère que ça te conviendra x) si ce n'est pas le cas, Mp-moi ! Ah et, j'essaierai de trouver une fiche rp sous peu :3
Edit : je verrais si je peux pas arranger un peu le code demain XD]




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Re: Don't let them in [PV Leona] | Lun 27 Jan 2014, 18:23

Les enfants de l'Enfer sont les seuls à comprendre pourquoi ce monde est si sombre. Pourquoi il est si dénué de toute vie. Et pourtant pourquoi, dans un coin, naissent quelques fleurs.

J'avais reçu une convocation, amenée par Charon, de la part de Hadès. Que me voulait-il ? Allongée sur mon lit, fixant le tableau de la belle Goro face à moi, je ne cessais de me poser la question depuis des heures maintenant. J'avais été exempt de mon devoir pour cette nuit à cause de cette demande de la part du dieu des morts. La soirée me paraissait donc bien longue le temps qu'arrive ce moment où je devrais faire face à celui à qui je devais rendre des compte. J'avais une petite idée sur le pourquoi du comment et je m'en étais atrocement voulu, une fois la compréhension acquise dans mon esprit, d'avoir mis le Passeur dans la même situation que moi. Je n'avais pas envie qu'il ait des problèmes par ma faute. De plus, l'idée de voir Hadès ne me réjouissait pas réellement.

Je ne l'avais jamais vu. Du moins jamais réellement vu comme là, face à face, et je ne lui avais donc pas parlé non plus. J'aurais sans doute eu moins de mal avec ma très chère mère que je ne connaissais pas non plus d'ailleurs. Mais le dieu, au reflet de Eaque qui me troublait toujours autant, avait également le même caractère que son Juge sur un point : ils étaient tous les deux imprévisibles. Et c'était bien cela qui m'effrayait légèrement. Je ne voulais pas avoir d'ennuis, mais j'allais cependant défendre ma place et mon acte avec sagesse et humblement, du moins du mieux que je pouvais. Alors, regonflée par les quelques pensées positives que je pouvais avoir, je me levai et je mis rapidement un corset de cuir et un jean, avec des bottes. Puis je me regardai dans le miroir tout le temps que dura le reste de mon attente. Enfin, le portail s'ouvrit dans mon dos. J'y mis le pied pour me retrouver face à mon ami qui me salua d'un signe de la tête. Je me lui rendis, la gorge nouée. Il m'avait fait venir directement devant l'immense palais royal. En sortant, je vis les trois Juges qui me lancèrent des regards appuyés. Ils avaient sans doute été mis au courant de ma convocation. Je les saluais eux aussi avec respect avant de m'avancer dans les couloirs qui me semblèrent interminables, guidée par un des Spectres. Derrière moi, je savais que Ombre volait silencieusement. D'ailleurs à notre entrée dans l'immense bureau, le volatile se posa sur la cheminé et ne fit pas le moindre bruit alors que je mettais genou à terre et que je courbais l'échine devant le roi des Enfers.

Je l'entendis me parler, mais ses mots résonnèrent de longues secondes dans mon esprit avant que je ne puisse en saisir le sens. Cette situation me semblait irréelle. Pour la première fois, ma peur me faisait me sentir presque humaine. J'étais la proie, je le sentais. Je n'avais aucun moyen de m'enfuir en cas de problème. Même si je doutais que le roi ne se rue sur moi pour me tuer, être ainsi, comme un papillon à qui l'on aurait arraché les ailes, me mettait plus que mal à l'aise. Cependant, je me fis violence et je me redressai, fixant la divinité face à moi. Mon port altier me venait de ma mère. De même que mes yeux. Et je savais, d'après la réaction de nombreux soldats des Enfers, que malgré ma peau sombre, la ressemblance dans le regard pouvait troubler. Ma mère, qui m'avait transmis tant de douceur. Savait-elle seulement que j'avais désobéis ? Savait-elle seulement que je travaillais pour son mari, j'avais un gros doute sur le sujet...

    - Votre Grandeur, je vous pris en premier lieu de pardonner cela. Seigneur Eaque m'a donné l'autorisation de continuer mon périple avec Ciel. Je sais bien que l'accord d'un Juge ne vaut pas le vôtre, mais l'enfant voulait uniquement voir le palais pour contempler de ses propres yeux la demeure de son père. Je crois que vous ne pouvais pas blâmer une âme innocente une telle demande.


Je secouai doucement la tête pour me remettre les neurones en place. Un regard à Ombre me redonna un peu de souffle et de courage pour continuer malgré le poids que je sentais crouler sur mes épaules dénudées.

    - Quant à mon acte, je le conçois, je n'ai pas obéis à vos ordres. J'accepterais donc la punition que vous déciderez juste de m'accorder.


La plus rude serait de la priver de ses dons et de son travail. C'était tout ce qu'elle avait pour avoir une image de l'humanité. Même si elle prenait des âmes, elle pouvait à loisir observer les hommes. Même dans leurs derniers instants, certains savaient faire sortir le meilleur de cette race que la Bible jugeait impure à l'amour d'un divin. Sans montrer la moindre trace de mon malaise pourtant grandissant, je fixais le dieu, attendant son verdict dans un mélange d'impatience et de crainte.

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Re: Don't let them in [PV Leona] | Jeu 30 Jan 2014, 16:16

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Hadès n'avait jamais ignoré l'existence de Leona. De sa conception jusqu'à aujourd'hui, il avait toujours su qu'elle était là, quelque part. Il avait entendu juste après sa naissance par la bouche de son épouse elle-même qu'elle l'avait confiée à des religieuses, et n'avait pas mis longtemps à apprendre qu'elle avait intégré les rangs des faucheurs. Mais si, avant, le roi des morts sentait un grand fossé entre eux, cette nouvelle lui avait donné l'impression que celui-ci s'était partiellement comblé. Il n'avait pas laissé cela le préoccuper, après tout elle n'était qu'une jeune recrue des effectifs de son royaume, mais rien ne l'avait empêché d'être plus conscient de sa présence, de se dire que parfois elle n'était vraiment pas loin du palais. A quoi rimait cette soudaine sensibilisation, cette prise de conscience ? A rien normalement, puisque cela n'avait pas d'importance, ou ne devait pas en avoir. Rien ne changeait pour autant. Lui-même n'était pas trop sûr de comprendre en quoi cela pouvait compter, quelle différence ce rapprochement soudain faisait. Mais la vérité était là : parfois, cette impassible déité ne pouvait s'empêcher d'y penser et, à chaque fois, cela lui était désagréable. Mais après tout Leona était sa belle-fille techniquement parlant, la fille illégitime de sa bien-aimée, alors la savoir si près avait quelque chose de troublant. C'était comme si votre voisin obtenait une chose que vous désiriez ardemment et se mettait à l'agiter depuis l'autre côté de la route, avec l'intention ou non de vous narguer. Voilà la meilleure comparaison qu'il pouvait faire.
Oui, ce qui le dérangeait en fait, c'était ce rappel constant. Non pas de ce que le brun n'avait jamais eu – quoi que, lui et Perséphone n'avaient jamais eu d'enfants – , mais du fait qu'un autre homme avait touché à la femme de sa vie.

Et s'ils étaient très francs à ce sujet – chacun était au courant du moindre écart de l'autre –, savoir l'un des fruits de ces tromperies à proximité n'en était pas moins perturbant pour autant. Leona représentait un acte qui l'avait mis hors de lui, un moment d'égarement dans le couple divin qu'il n'avait pas besoin qu'on lui remette en mémoire. Était-ce de la jalousie, ou simplement de la rancœur ? Il y avait forcément du second. Quant au premier... Pourquoi donc serait-il jaloux ? Hadès savait parfaitement que Perséphone et lui s'appartenaient malgré tout, qu'elle n'aimait que lui. Mais en même temps, peut-être l'était-il un peu, après tout un homme avait partagé l'une des nuits de sa belle, or il aurait largement préféré les avoir toutes pour lui seul – que c'était égoïste de penser ainsi quand lui-même était déjà allé voir ailleurs, mais sachez qu'il ne comptait pas recommencer. Ils n'en avaient pas encore discuté, mais si son épouse était au courant de la situation actuelle de la demi-déesse à laquelle elle avait donné le jour, soit elle n'en était pas le moins du monde affectée, soit elle ne le montrait pas. Cependant il pensait la connaître assez bien pour savoir qu'elle ne serait pas de marbre dans ce cas, ou tout du moins qu'à un moment ou à un autre elle aurait laissé transparaître quelque chose, alors il supposait qu'elle n'en avait pas entendu parler. En tout cas, le seigneur des ombres se voyait mal faire le premier pas : non seulement il préférait éviter de s'avancer sur un terrain possiblement glissant, mais en plus quelque chose lui disait que sa tendre compagne préférerait encore ne pas en entendre parler, il n'ignorait pas qu'elle regrettait chaque écart donc qu'elle non plus n'avait pas besoin d'un rappel. Et puis, serait-il censé arriver en disant « chérie, tu savais que ta fille travaille pour moi ? Non pas que j'ai besoin d'en parler avec toi parce que cela m'embête, mais... Un petit peu, quand même ». Ce serait un manque total de tact.

Bref, Hadès avait jusqu'à maintenant connu Leona de loin. Il n'avait jamais cherché à entrer en contact avec elle puisque, même si du sang divin coulait dans ses veines et que sa présence était troublante, elle restait une simple faucheuse. Alors s'il l'avait convoquée dans son bureau ce jour-là, croyez bien que ce n'était pas sans raison : non seulement elle avait outrepassé ses fonctions en amenant Ciel jusqu'au palais, mais en plus cela signifiait qu'elle avait mené jusqu'aux profondeurs des Enfers un mortel qui n'avait pas sa place ici. Or on pouvait attribuer plusieurs défauts au chthonien, mais certainement pas un manque de rigueur – chez lui tout devait filer droit, on se croirait à l'armée. Chacun devait s'en tenir à son rôle, point, ceux qui ne respecteraient pas cette règle avaient affaire à lui et Leona ne faisait pas exception.
Mais bien souvent, quand il réprimandait quelqu'un, cette personne donnait l'impression qu'elle allait s'évanouir d'une seconde à l'autre sous l'effet du stress que causait l'entrevue et de la crainte que beaucoup éprouvaient naturellement envers lui. Cependant quand la jeune femme pénétra dans la pièce, elle lui sembla bien plus calme que la moyenne. Était-ce à cause de son métissage ? Bah, quelle importance.
Le « bon conseiller » prit la parole le premier, avant de la laisser se relever. Mais quand elle fut debout, avec son dos bien droit et son regard bleu qu'elle porta sur lui, il faillit user des attributs de sa nature pour la faire courber l'échine : sa posture ainsi que ses yeux ressemblaient à ceux de Perséphone. Beaucoup trop à son goût. C'en était révoltant. Le vague sentiment de colère qu'il ressentit le frappa en plein torse, mais le dieu des Enfers conserva son calme en se disant qu'il fallait rester digne. À ce sujet Leona marqua un point, puisqu'elle s'exprima sans perdre ses moyens, ce qui la distinguait un peu plus de la plupart de ceux qui étaient passés par la même étape qu'elle.

Elle lui parla d'Eaque, de la raison qui avait poussé Ciel à s'aventurer dans les Enfers, ajouta qu'il ne pouvait pas le blâmer, avant de déclarer qu'elle accepterait toute punition... Mais est-ce que tout cela répondait à sa question ? Peut-être indirectement, oui. Mais Hadès avait du mal à se mettre à la place des autres, alors il préférait qu'on s'explique clairement au lieu de le laisser tirer des conclusions tout seul, cela évitait pas mal de malentendus.
Cela dit, il croisa les bras dans son dos et se dirigea vers la fenêtre située derrière son bureau pour profiter de la vue – et au passage, ne plus avoir à fixer ces yeux si similaires à ceux de sa bien-aimée pendant un petit instant.

-Certes, je suppose que je ne peux pas le blâmer pour cela, de plus il ne serait jamais arrivé à bon port sans ton aide. Et je prendrai en compte le fait qu'Eaque ne vous ait pas stoppés dans mon jugement. Mais il me semble t'avoir demandé tes raisons. T'es-tu prise de sympathie pour lui ? Ou bien t'es-tu décidée sur une impulsion ?

Le fils de Chronos ferma les paupières un instant et secoua la tête : ses raisons n'influenceraient pas beaucoup son jugement, mais Leona avait jusqu'ici fait du bon travail et ne lui avait jamais donné de raison de la convoquer. Il préférait donc avoir tous les éléments en main avant de faire tomber sa sentence.
Ensuite, il se tourna à nouveau vers elle et planta sans ménagement son regard dans le sien.

-Et que t'es-tu préparée à perdre en outrepassant tes devoirs ainsi que tes fonctions ? Qu'est-ce qu'aider Ciel t'a apporté ? Réfléchis-y si besoin est. Tentes de me convaincre de ne pas te punir si tu le souhaites. Réponds aux questions que je ne me suis pas encore posé. Mais avant tout, sois franche et n'omets aucun détail.

Sur ces paroles il se dirigea vers son siège et s'installa confortablement, sans quitter Leona de ses iris froides malgré leur teinte chaude. Ce qu'Hadès attendait de la demoiselle ? Vous lui posez une colle. En temps normal, jamais il ne pousserait l'interrogatoire aussi loin. Peut-être voulait-il savoir si, par hasard, son choix n'avait pas eu un rapport avec son propre parent divin - avec Perséphone -, puisque tout ce qui la touchait possiblement l'intéressait. Peut-être cherchait-il à savoir si, oui ou non, elle souhaitait voir sa mère et avait assisté Ciel car elle avait reconnu un désir similaire chez lui.
Mais encore une fois, quel intérêt ? Cela n'y changerait rien. Si sa femme avait voulu voir Leona elle l'aurait déjà fait et, quoi que cette enfant en pense ou puisse désirer, elle ne pourrait pas voir sa mère si cette dernière ne le souhaitait pas. La volonté des dieux prévaut sur celle des mortels.

[HRp : voilà, en espérant que cela te conviendra.... Désolé, je ne fais pas beaucoup avancer le Rp mon post est minable mazette ;_;]





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Re: Don't let them in [PV Leona] | Ven 07 Fév 2014, 12:29

Les enfants de l'Enfer sont les seuls à comprendre pourquoi ce monde est si sombre. Pourquoi il est si dénué de toute vie. Et pourtant pourquoi, dans un coin, naissent quelques fleurs.

Contrairement à beaucoup de monde, qu'ils soient divins, serviteurs ou humains, je n'étais absolument pas impressionnée par l'aura du dieu. Du moins je n'en étais pas autant affectée. Peut-être mon sang angélique brûlait-il dans mes veines, tout comme le sang italien, provenant tous les deux de mon con de père. Cela venait également peut-être de la présence de mon affilié qui me fixait de ses yeux intenses. Je n'étais jamais seule, le vautour était sans cesse à mes côtés, et c'était ce qui me rassurait le plus. Mon regard dériva sur le plumage légèrement abîmé du volatile avant de revenir sur le dieu qui reprenait la parole. Ses mots résonnaient dans mon esprit au point de le faire bouillir sous les réflexions qu'ils provoquaient. Ses question étaient parfaitement légitimes, je comprenais parfaitement qu'il soit mécontent de mon action. Et j'allais en assumer toutes les conséquences. J'écoutais toutes ses interrogations, toutes ses paroles, avant de réfléchir à une réponse construite.

C'était légèrement blessant de se trouver dans une situation pareille. J'avais l'impression d'être un tigre acculé dans un coin, que l'on menaçait d'une lance. Je pris de longues minutes afin d'organiser ma pensée. Je savais que ma mère était également très réfléchie, mais ce côté perfectionniste ne venait certainement pas d'une déesse qui avait succombé à un grave syndrome de Stockholm. Avec tout le respect que j'avais pour elle, toute l'affection, toute la douceur, un fait été un fait. Comme moi je pensais être profondément liée au roi Léonidas. D'ailleurs je me sentais un peu comme lui en cet instant, devant le dieu-roi qui lui ordonnait de déposer les armes. Je fis un pas en avant, me tenant toujours très droite, très fière. Pas question de courbée l'échine lorsque j'assumais tout ce que j'avais fais.

    - Prise d'affection, sans doute. Je ne sais pourquoi, sans doute parce que nos âmes résonnent l'une avec l'autre à cause de la noirceur des Enfers. Mais je ne conçois pas qu'un enfant ne sache pas d'où il vient. Je suis la première à avoir été choquée de connaître ma parenté. Un Prince a le droit de voir son Royaume.


Car peu importait comment Hadès voyait Ciel. Une erreur ? Juste un petit accroc dans son mariage si parfait ? Pour moi, il était un des princes des Enfers. Je laissai une petite minute de silence avant de reprendre la parole, toujours de ma voix calme et assurée :

    - Je ne vois pas en quoi j'ai à vous convaincre de me garder. Après tout, les Dieux n'ont besoin d'aucun conseils, et ils revendiquent cela. J'assumerais, je vous l'ai dit. Je suis prête à perdre mes pouvoirs, c'est certains. Ciel ne m'a rien apporté, mais je ne désire rien de plus que de rendre heureux un enfant. Certes vous avez peu l'habitude de voir une âme charitable qui souhaite uniquement aider les gens. Vous trois Juges vous ramènent assez fidèlement une généralisation de l'humanité, mais vous devriez aller sur Terre vous-même pour constater que parmi une foule de mauvaises âmes, il en demeurent des pures qui ne cherchent ni conflit, ni intérêt.


Je chancelai très légèrement. Un oeil humain ne l'aurait pas vu, mais le dieu avait sans doute été attentif à cette petite oscillation qui me trahissait légèrement. Cependant je n'avais pas peur. Je ne craignais rien venant des Enfers, car c'était également mon Royaume, même si je ne le revendiquait pas car je ne pensais pas en avoir le droit. Je fis quelques pas afin de me détendre, de me reprendre, et juste après je repris la parole.

    - Puis-je oser vous demander qui est la mère de Ciel ? À moins que vous ne vous souciez point de vos enfants, qu'ils soient officiels ou officieux ?


Elle savait que la plupart des divinités ne voulaient pas entendre parler de leurs enfants "erreur de parcours" comme certaines disaient. Mais j'espérais secrètement que le roi des Enfers ne partageait pas cet avis, car sa femme ne le partagerait donc peut-être pas non plus. Ces dieux ne comprenaient pas que, des fois, de beaux yeux, un beau corps, pouvait tenter le plus élevé des esprits, et que ce n'était pas pour cela qu'ils ne s'aimaient pas. C'était une vision assez élargie de ce que pouvait être l'infidélité que j'avais là, mais je l'assumais elle aussi. Être sûre de moi était mon arme la plus virulente pour combattre les esprits étriqués des divinités.

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Re: Don't let them in [PV Leona] | Jeu 13 Fév 2014, 15:17

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Hadès n'était pas facile à atteindre. Il était d'un naturel détaché, ne se souciant de rien qui ne le concernait pas, ne cherchant même pas à se créer des liens. Il fallait être chanceux pour poser le doigt sur l'un des rares sujets sur lesquels il pouvait se mettre hors de lui. Enfin « chanceux », tout était relatif puisqu'il n'aimait pas qu'on approche de ces terrains justement, j'en veux pour preuve qu'il n'hésitait pas à punir ces quelques effrontés. Et si le dieu des Enfers était très doué pour paraître calme en toute circonstance, son comportement envers celles et ceux qui osaient aborder l'un de ces thèmes sous un mauvais angle trahissait souvent sa colère. Les déités sont connues pour leur susceptibilité, ce n'était certainement pas lui qui allait prouver le contraire. Que voulez-vous, leur puissance inégalable pouvait les rendre condescendant envers les autres êtres mais faisait aussi qu'ils n'appréciaient pas que ces créatures les critiquent ou même tentent de les questionner, de plus leur espérance de vie infinie leur donnait l'impression d'être bien plus sages que n'importe quel mortel. Pourvoir est mère d'Orgueil et de Mépris et, s'il n'était pas des plus arrogants – ce titre revenait plutôt à Arès qui l'était au point d'être complètement aveuglé –, il avait cependant un ego digne de sa nature. Sinon, pourquoi serait-il facile à irriter ? Que l'olympien ait tendance à se considérer comme supérieur n'y aidait en rien. Mais une divinité avait-elle à rougir de honte dès qu'elle se pensait supérieur à toute autre existence, alors qu'aucune comparaison n'était possible ? Bah, là n'est pas la question.

Le sujet du jour, c'était Leona. Enfin, son acte et ses conséquences plus précisément. Normalement. A la base. Mais les dérives sont imprévisibles, elles peuvent nous tomber au coin du nez au moment le moins approprié. En général cela arrivait quand on parlait pendant des heures car, de fil en aiguille, nous allions lentement d'un sujet à un autre en passant sans même nous rendre compte par les passerelles qui les reliaient. Mais Leona et lui faisaient les choses en accéléré, comme si le plus rapide serait le mieux, à croire qu'ils étaient pressés que cette entrevue se termine tiens.
Cela dit, Hadès ne comprenait pas vraiment pourquoi la faucheuse avait consciemment pris des risques en aidant Ciel. À quoi cela lui avait-il servi ? Elle devait se douter qu'elle ne tirerait rien de cela, à part une sanction. C'était étrange, comme comportement, d'aller à l'encontre de nos intérêts. Et il était quasiment omniscient, certes, mais seulement sur les faits, lire les cœurs lui était impossible. Pour ne rien arranger, sa capacité à comprendre les motivations des autres quand elles n'étaient pas liées à un intérêt quelconque était très limitée. Mais c'était la raison pour laquelle il pouvait assumer ses fonctions sans se laisser influencer par une quelconque sympathie. Empathie, compassion, affection ? Le roi connaissait la définition de ces mots, mais pas leur sens, leur valeur. Il savait les utiliser et pouvait deviner pourquoi on les plaçait dans une phrase, mais c'était comme parler ou écouter une langue étrangère dont il baragouinait quelques mots, tout se basait sur l'intellect alors que ces termes faisaient partie du langage des sentiments, qui n'étaient pas gouvernés par la tête. Or Leona avait agi sans arrière-pensée en guidant Ciel, elle le lui assura.

Enfin bref, ils n'étaient pas vraiment restés bloqués là-dessus donc. Mais si Hadès avait effectivement demandé à Leona de développer au mieux ses explications, allant jusqu'à ajouter qu'elle pouvait même se défendre au passage, il n'avait pas pensé qu'elle s'éloignerait légèrement du thème premier de leur conversation. Bon la demi-déesse avait bel et bien commencé par admettre avoir prêté assistance à Ciel parce qu'elle s'était prise d'affection pour lui. Et ensuite ? Elle lui avait donné son opinion sur le fait que l'enfant ne connaisse rien des Enfers – et indirectement qu'elle le considérait comme un prince bien que le garçon soit un enfant illégitime alors que lui-même ne le voyait pas comme tel – , avant de dire qu'il devrait prêter un peu plus d'attention aux humains s'il voulait voir que certains étaient foncièrement bons – ce qui à ses oreilles sonna presque comme une critique. Tout le long, le geôlier des morts avait senti un vent glacial d'agacement se lever en lui sans rien en montrer.
Puis, après que Leona manque de peu la perte d'équilibre, elle se mit à marcher un peu. Sentant qu'elle avait encore quelque chose à ajouter il resta silencieux mais, quand elle reprit la parole, il se dit qu'il aurait mieux fait de parler, ça aurait forcé la demoiselle à se taire : elle demanda qui était la mère de Ciel, ajoutant que peut-être il ne se souciait pas de sa progéniture. Là, l'expression du fils de Cronos se fit plus froide, il se pinça rapidement la lèvre inférieure en serrant un peu plus les mains sous l'effet de la crispation. Comment osait-elle ? À l'entendre parler, il était incapable d'aimer ses enfants, qu'ils soient légitimes ou pas, alors même que lui et sa tendre Perséphone n'avaient jamais réussi à en avoir. C'était offensant. Il lui fallut une petite poignée de seconde pour se détendre assez et ainsi reprendre la parole, sur un ton plus cassant. Entre-temps, il avait indiqué à son interlocutrice de s'asseoir en face de lui d'un signe de la main. Leur parlotte allait être plus longue que prévue.

-Crois-tu vraiment que savoir qui sont nos géniteurs et voir où ils vivent soit toujours pour le mieux ? Imagines un instant que Ciel ne t'ait pas rencontrée : il se serait lancé seul dans une aventure qui l'aurait tué. Il a bien le droit de prendre les risques qu'il veut avec sa vie, oui, mais penses-tu vraiment que sous prétexte qu'il est mon fils, il aurait eu le droit de venir dans les Enfers et d'y mourir ?

Rah et puis crotte. Posant ses coudes sur le bureau, Hadès apposa un court instant son front contre ses mains toujours jointes avant de relever le menton pour fixer Leona de nouveau. Il retrouvait petit à petit son calme parfait, bien qu'il ne soit pas encore apaisé.

-Bien des âmes sont passées par les Enfers, Leona. Parmi elles, j'ai vu ou entendu parler de personnes indignes qui n'étaient pas faits pour s'occuper d'un enfant, certains ont même tué leur propre progéniture. Ces enfants auraient évité bien des blessures s'ils n'avaient pas connu leurs parents. Il y a aussi eu de belles âmes, des mortels qui ont eu le droit de connaître un repos digne de ce nom. Penses-tu que moi, le juge des morts, ne suis pas au courant de leur existence ? Bien au contraire. En revanche, rares sont mes suppôts ayant un comportement semblable à celui que tu as eu. Un comportement aussi... Humain.

Oui, plus Hadès y réfléchissait, plus le lien entre l'acte de Leona et les humains dont les âmes n'étaient pas rongées par les ténèbres se faisait dans son esprit. À moins que, justement, la corrélation soit de plus en plus évidente parce qu'il s'attardait trop dessus. M'enfin, quoi qu'il en soit mieux valait ne pas trop y songer, alors il chassa la question de son esprit avec un soupir intérieur pour reprendre.

-Je ne vois pas pourquoi tu voudrais en savoir plus sur la mère de Ciel, mais soit... C'était une humaine. Une jeune britannique. Son ton se fit alors quelque peu las. Qu'il soit légitime ou pas, je dois bien reconnaître qu'il est mon fils. En tant que père je devrais certainement l'assister dans ses moments difficiles, mais en tant que dieu les règles m'interdisent de me mêler des affaires des mortels, donc de ses affaires.

Était-il simplement à cheval sur les principes, ou bien voyait-il cette fameuse règle comme une bonne excuse pour ne pas être obligé de voir Ciel de temps en temps ? Leona n'en saura rien. En tout cas, il avait volontairement fourni une réponse vague et rapide pour qu'ils ne s'attardent pas sur ce sujet. Et puis, lui devait-il quoi que ce soit, une quelconque explication ? Non. C'était le contraire en fait.
Par la suite, les yeux de rubis du seigneur se posèrent sur l'un des éléments de la tenue de sa belle-fille. Un chapelet. Tiens tiens.

-Que t'apporte la croyance en un dieu qui n'existe pas, à toi qui connais notre existence ?

Il avait posé la question avec détachement, même si c'était intéressant à savoir : pourquoi donc se raccrocher à cette croyance, alors même qu'on était la fille d'une divinité ? C'était étrange. Et puis, quitte à s'éloigner du thème de l'entrevue, autant bien le faire.

[HRp : ne t'en fais pas, j'ai beaucoup aimé ta réponse =) J'espère que la mienne t'ira ! ><]





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Re: Don't let them in [PV Leona] | Ven 14 Fév 2014, 16:10

Les enfants de l'Enfer sont les seuls à comprendre pourquoi ce monde est si sombre. Pourquoi il est si dénué de toute vie. Et pourtant pourquoi, dans un coin, naissent quelques fleurs.

Le malaise que je ressentais faisait échos à celui dont le Dieu semblait être la victime. Avais-je réussi à agacer la divinité censée être la plus calme et lointaine de ce que pouvait être le sentiment de gêne ? Un léger sourire aurait pu fleurir sur mes lèvres à cette pensée mais je ne fis que m'asseoir face à lui sans rien dire, croisant délicatement mes jambes. Je le fixai de mes yeux clairs. Je me rappelais encore ce que disais les soeurs à leur propos. "Ils brillent comme la lune. Elle t'habite. Tu es fille de la nuit, le soleil ne ferait qu'abîmer la lueur qui te fait paraître si irréelle et loin de nous". Déjà à l'époque, déjà alors que je n'avais qu'une dizaine d'années, j'étais considérée comme lointaine de ce monde humain que, pourtant, je chérissais plus que tout au monde. L'amour, la haine, l'ardeur de combattre, la jalousie, l'amitié, toutes ces émotions qui faisaient naître tant de choses, qui amenaient tant de mal comme tant de bien que le monde. Mon admiration pour les humains était née avec celle que j'avais porté aux nones mais également à un prêtre, arrêté pour attouchement sur une de mes amies de l'époque. Il m'avait montré pour la première fois qu'un Homme pouvait être mauvais. Loin d'en être effrayée, j'avais trouvé cela étrangement attirant. La noirceur de âme avait-elle sans doute joué un rôle dans cette vision des choses.

J'écoutai la déité face à moi qui semblait regagner peu à peu son calme. Dans l'obscurité, Ombre vola et se posa près de lui, le fixant de son regard jaune et légèrement inquiétant. Il ne fit rien d'autre que de le garder à l'oeil. Je pris le temps d'écouter tout ce que le dieu avait à me dire, ou presque, avait de reprendre la parole. J'avais sans doute une vision étrange des choses mais je me devais de défendre mon point de vue et mes valeurs. Sans bouger, sans élever la voix, je pris la parole en fixant Hadès droit dans les yeux, sans faillir :

    - Je considère chaque enfant de dieu comme ayant le droit de connaître leurs races et de voir une seule fois l'endroit d'où ils viennent. C'est important de savoir qui sont nos parents. Je ne connais pas mon père, et bien que je ne lui porte guère d'affection, je regrette cela chaque jour que Dieu peu faire. Ciel n'aurait pas trouvé la mort ici, j'en suis certaine. Eaque ne l'aurais pas laissé faire, même sans moi. Il est de vos trois Juges celui qui se rapproche le plus d'un homme malgré sa froideur et son regard ferme, et vous le savez. Il n'y a point de honte à admirer l'humanité. C'est leur mortalité qui les rend aussi beaux, aussi fascinants. Je suis certaine que si vous aviez eu le point de la mort sur vos épaules, vos actes envers Perséphone auraient été fait autrement, et sans doute dans un temps beaucoup moins réduit. Ils auraient été emprunt d'une impatiente passion.


Je n'aimais pas parler de ma mère mais je n'avais pas eu le choix. Pour toucher le Dieu, il fallait évoquer sa femme. Sans cela, mes paroles auraient été vides de sens. Je ne connaissais pas la déesse et elle ne voulait sans doute pas de moi, sinon elle aurait déjà cherché à me rencontrer. Elle n'assumais rien. C'était ce qui me rassurait : je ne voulais pas d'une mère qui crachait sur sa fille une excuse minable de faiblesse, sans avouer le fait qu'un jour, un ange avait su capter son attention et son désir plus que son mari n'avait pu le faire.

Mes yeux se plissèrent légèrement alors que la déité regardait mon chapelet. Je prie le petit pendentif en bois abîmé pour le serrer avec violence entre mes doigts. Sa question me parut d'une tristesse à pleurer. Cependant, je pouvais comprendre qu'il ne savait saisir ce qui me poussait à croire en Dieu alors que lui-même se croyait plus puissant que tout, comme ses frères, soeurs, neveux et nièces. Je répondis rapidement, sans élever la voix de nouveau. Mon ton se fit pourtant d'une froideur qui aurait pu rivaliser avec celle de Hadès :

    - Je suis née ici mais votre épouse, dans sa honte d'avoir conçu une bâtarde, m'a envoyé dans un couvent.


Je me fichais bien de le blesser en cet instant. Je n'avais que faire qu'il ait mal sous mes mots. Je voulais juste lui cracher à la figure que ma mère, égoïstement, avait décidé d'abandonner un bébé dans un monde qu'elle ne connaissait même pas, se contentant de son royaume et de l'Olympe. C'était pitoyable.

    - Que savez-vous du Seigneur, vous qui ne vivez que par vous-même ? Que savez-vous des textes sacrés ? Des enseignements ? Des valeurs qui s'y trouvent écrites ? De bien-être que cela fait de pouvoir prier quelqu'un qui vous entend, qui vous aide, et non d'en appeler à une mère indécise et un père narcissique ? Je ne sais pas si je crois en Dieu. Je ne sais pas en qui je crois. Je ne sais pas s'il existe ou non. Mais je sais qu'il y a quelque chose, de cela je suis certaine. Dans les moments les plus durs, il faut pouvoir se raccrocher à un roc. Il faut pouvoir croire en quelque chose que l'on ne peut pas voir, ni sentir, mais qui pourtant est là pour nous écouter et nous conseiller. Qu'il se nomme Dieu, Satan, Léviathan ou même Kiki !


Je venais de m'énerver et j'aurais ris à la fin de ma phrase si ma rancoeur n'avait pas été si profondément ancrée en moi. Alors que mon Aura m'entourait doucement, sur mon front se dévoila le symbole de la lune qui n'apparaissait que lorsque mes dons se manifestaient. Dans mon agacement, je n'avais su me contrôler. Je me calai au fond du fauteuil et je prie le temps de me calmer. Lentement, la marque disparue et mon Aura s'effaça de l'atmosphère glacée du bureau. Ombre vola vers moi et je sentis son bec pointu se poser sur ma jambe. Ma main trouva sa tête dans une légère caresse. Une fois de nouveau calme, je fixa la déité.

    - Je vous l'ai dis, je suis prêtre à assumer toutes les conséquences de mon acte. Punissez-moi, retirez-moi mes dons. Mais, à votre grand malheureux et à celui de votre épouse, même si vous me tuiez, cela n'effacerait pas ce qu'elle considère être comme une erreur. Car même sans pouvoir, même en simple humaine, je ne serais jamais comme tout le monde. Je suis sa fille, qu'elle le désire ou non, et j'assume parfaitement la part d'Enfer qui régit ma vie.


Mes convictions n'avaient jamais été si fortes. Qu'il prenne n'importe quelle décision, je m'en fichais. Je comptais bien tout assumer. Pour Ciel.

Spoiler:
 




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Re: Don't let them in [PV Leona] | Dim 16 Fév 2014, 18:55

Don't let them in
 PV Leona  


Tout s'accélérait. Leur débit de parole, leur circulation sanguine, leur vitesse de réflexion. Ils entraient dans une sorte de bataille, mais dans laquelle pas une goutte de sang ne sera versée. Ils avaient pour seules armes les mots, pour seul objectif de toucher l'autre plus que celui-ci ne les avait atteint. En étaient-ils conscients ? Hadès comprenait vaguement qu'ils étaient sur la mauvaise pente, mais s'en fichait bien. Il devait avouer être content d'avoir esquivé la question des enfants qui était assez épineuse quand sa chère femme et lui n'avaient jamais réussi à concevoir. Mais le fils de Chronos restait un dieu, capituler devant une jeune femme  - l'une de ses subordonnées qui plus est – était hors de question. Surtout quand celle-ci osait insulter sa douce Perséphone, son âme-sœur. Rares étaient les sujets sur lesquels il pouvait partir au quart de tour – rare étaient ceux qui arrivaient ne serait-ce  qu'à l'intéresser pour prendre les choses dans l'ordre – et Leona avait apparemment décidé de s'attaquer à l'un d'entre eux. On pouvait bien qualifier Zeus de tombeur de ses dames devant lui que cela ne lui ferait ni chaud ni froid – c'était loin d'être une insulte à son avis –, mais là on était carrément en train de disgracier son épouse juste devant lui. Nombreux étaient les défauts qu'on pouvait citer au roi des morts, mais il n'était certainement pas du genre à laisser une enfant qui n'avait jamais rencontré Perséphone l'insulter de la sorte, il était plus protecteur que cela tout de même, que ce soit envers l'intégrité physique ou le nom de ses proches. C'était un sacrilège qu'il ne comptait pas laisser passer impunément, quitte à se montrer virulent. Après tout, ce ne serait pas la première fois qu'il blessait quelqu'un, ça n'avait jamais et ne pourrait lui faire ni chaud ni froid.

N'empêche, Leona était clairement obsédée par les humains. Elle déballa un long monologue dans lequel ressortait clairement ce qu'Hadès avait déjà cru capter : de la fascination, de l'admiration envers les Hommes. C'était comme s'ils étaient de véritables œuvres d'art que la jeune femme pouvait contempler des heures durant, observer alors qu'ils vaquaient à leur quotidien, qu'elle appréciait. Allez donc savoir ce qu'elle trouvait à ces êtres qui détruisaient leur environnement et passaient leur temps à se faire la guerre pour un oui, pour un non ou pour une question de puissance et d'exploitation des ressources, aussi beaux que leur caractère chétif puisse les rendre. Et, une fois n'est pas coutume, il se fichait bien des raisons pour lesquelles sa belle-fille les appréciait tant. Le brun n'avait aussi que faire de sa conviction selon laquelle Ciel aurait survécu, tout simplement parce qu'il savait parfaitement que son fils se serait fait tuer avant même d'avoir atteint le Styx et donc qu'Eaque sur qui elle semblait reposer tout son raisonnement n'aurait même pas eu l'occasion d'entrer dans l'équation.
En fait, lentement mais sûrement, l'histoire avec Ciel perdait son titre de thème de la conversation. Peut-être étaient-ils destinés à parler un peu de Perséphone, allez savoir. Ce qui était certain, c'est qu'ils entraient en discorde sur ce sujet. Et puis, que pouvait-elle donc savoir sur leur couple ou la manière dont ils s'aimaient ? Qu'on soit immortel ou pas n'y changeait rien, chaque être – lui compris malgré sa froideur – était capable de passion, sa tendre et lui avaient connu et pouvaient encore connaître pareils instants d'ardeur, seulement l'avantage d'avoir une espérance de vie infinie était qu'on pouvait aussi goûter aux joies du calme, prendre le temps de se regarder dans les yeux avec douceur sans avoir peur du temps qui file. L'envie folle de vivre chaque instant au risque de passer à côté de belles choses leur était inconnue. Quitte à choisir, il n'échangerait son idylle contre un amour de mortel pour rien au monde. Enfin bref.

-Ciel se serait fait tuer par des Spectres ou bien dévorer par Cerbère avant même d'avoir franchi l'entrée. Et qu'importe l'avis qu'une personne extérieure comme toi puisse avoir sur nous, tu ne peux en savoir assez pour te permettre de dire que nous ignorons ce qu'est la passion.

Voilà qui était dit, parce que malgré tout lui laisser avoir le dernier mot lui était impossible. Sujet clos pour sa part, sauf si Leona le poussait à rajouter quelque chose.
Par la suite, Hadès remarqua le chapelet qu'elle portait et lui posa une question qui la mit dans tous ses états. Le ton que la jeune femme employa au début de sa réponse démontrait clairement qu'il avait appuyé sur le bon bouton pour l'agacer, ce qui intérieurement lui fit ressentir une certaine satisfaction. Au moins, le geôlier des morts ne serait pas le seul dont le calme allait s'étioler. Bon, par contre, il n'apprécia pas du tout la manière dont elle parla du fait que Perséphone l'avait laissée à un couvent à sa naissance – c'est à partir de ce moment qu'elle se lança vraiment dans les offenses.
S'en suivit une tirade qui lui fournit la preuve qu'elle aimait non seulement les humains, mais aussi la religion qu'ils appelaient christianisme. Seulement au final Leona ne fit que parler pour se contredire elle-même l'instant d'après, tout en évoquant une divinité inexistante qui selon lui était né de l'imagination des humains car l'idée d'être gouvernés les rassurait, puisqu'ils étaient pour la plupart des moutons terriblement fragiles sur le plan psychologique. Le chthonien aurait bien ri de son discours, si elle n'avait pas glissé dedans une nouvelle insulte envers Perséphone qui le fit refroidir encore un peu plus son regard. Sa rage était telle qu'elle l'aidait à conserver un calme absolu bien que son expression se faisait de plus en plus dure, il ne bougea pas d'un pouce quand elle perdit tellement le contrôle de ses nerfs qu'une aura sombre l'enveloppa tandis qu'une marque en forme de lune apparaissait sur son front. Il se contenta de la laisser faire et, après, de lui laisser le temps de se calmer.

C'est ce que Leona fit, avant d'ouvrir une nouvelle fois la bouche. Une ultime provocation ? Apparemment. Le pli des lèvres d'Hadès se fit plus sévère, une seconde s'écoula avant qu'il ne réponde.

-Ha. Tu ne sais pas si tu crois en lui, tu ne sais pas s'il existe, tu sais bien peu de choses à ce sujet tout en étant pertinemment consciente de l'existence de l'Olympe donc qu'il y a peu de chances qu'il soit bien réel, puisque nous sommes les dieux de ce monde. Et malgré tout, tu dis qu'il t'entend et t'aide ? Tu as foi en lui, mais tu dis que n'importe quoi ferait l'affaire du moment qu'on peut s'y raccrocher ? Tu te contredis toi-même. Et j'ajouterai que, si tu as tellement besoin d'avoir l'impression qu'un être supérieur te donne de la force, c'est tout simplement parce que tu n'as pas confiance en toi, en ta propre force. J'appelle cela être faible. Une très subtile mimique narquoise naquit alors sur son faciès. Tu vois, tu n'es pas si différente des humains que tu admires tant. Cela doit te rendre heureuse ?

Cela dit, il se leva en posant délicatement le bout de ses doigts sur le meuble en bois comme une araignée repose sur sa toile, avant de se pencher vers Leona en la toisant. Elle qui n'arrêtait pas de parler de Perséphone, de sa honte, de sa couardise depuis tout à l'heure n'était pas mieux de son point de vue, il avait presque l'impression d'être face à une gosse qui mettait toutes les mauvaises choses qui avaient pu lui arriver sur le compte de ses parents ou de Dieu. Ça commençait à l'énerver, puisque la génitrice de cette fille était tout de même celle pour qui le monarque était prêt à tout.

-Ce que je vois en toi est une enfant qui ne fait que blâmer sa mère. C'est terriblement puéril, de se rattacher à une moitié de sang divin pour affirmer être différent tout en cherchant à ressembler aux Hommes. Et tu dois véritablement manquer d'affection maternelle, pour te rabattre volontairement sur l'image du fruit et de la représentation physique de l'erreur qu'elle regrette afin d'avoir l'impression que tu as une quelconque importance dans sa vie.

Eh oui, à force d'accélérer toujours, ils en venaient à dire ce qui leur passait par la tête sans se soucier du tort qu'ils pouvaient causer. C'était là tout ce qu'Hadès pensait de mauvais sur le coup. Il voulait seulement lui faire mal, lui faire regretter d'avoir tenté de lui tenir tête en passant par Perséphone.
Une fois son point de vue exposé, il se redressa de toute sa hauteur et fixa Leona sans prendre la peine de pencher le visage. C'était désormais le juge qui parlait, non le mari et dieu outré.

-Voici ta sentence : je te condamne à te voir retirer tous tes pouvoirs de faucheuse ainsi que le droit de te rendre sur Terre ou sur l'île céleste. Tu travailleras au Tartare en tant que garde des prisons jusqu'à nouvel ordre. La sanction prend effet immédiatement. Si tu n'as pas de question ni quoi que ce soit à ajouter, je te conseille de partir faire connaissance avec tes nouveaux collègues.

Voilà qui devrait être adéquat. Si elle appréciait tant les Hommes, l'empêcher de les voir était sans doute la meilleure punition qu'il pouvait lui infliger. Et par « si tu n'as pas de question ni quoi que ce soir à ajouter, je te conseille de partir », Hadès voulait évidemment dire « sors », tout court. Cette discussion avait déjà duré beaucoup trop longtemps à son goût.

[HRp : voilà, en espérant que ça t'ira, si jamais tu peux me mp QwQ j'ai préféré passer à la sentence parce que je trouvais que la tension montait vachement vite... XD]





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Re: Don't let them in [PV Leona] | Dim 16 Fév 2014, 22:47

Les enfants de l'Enfer sont les seuls à comprendre pourquoi ce monde est si sombre. Pourquoi il est si dénué de toute vie. Et pourtant pourquoi, dans un coin, naissent quelques fleurs.

    - Vous ne comprenez décidément rien. Et vous vous targuez de bine gouverner votre royaume ? Vous me parlez de faiblesse, comme c'est amusant. Mais pleurer devant la mort, sourire à la vie, trembler quand on a peur, je ne trouve point cela faible. Je trouve au contraire qu'il faut énormément de force pour surmonter tout ce que notre existence peut nous imposer. Et vous devriez le savoir mieux que quiconque. Vous me dites que je me contredit, mais c'est faux. Je ne sais pas comment celui que je vénère s'appelle, il est vrai, mais je ne doute absolument pas de son existence. Et vous, Majesté, combien d'humains croient encore en vous dites-moi ?


Il parlait de faiblesse, cela en était presque risible, alors que lui-même avec succombé à la douce chaleur de l'amour et qu'il avait enlevé sa femme, qu'il l'avait presque piégé pour qu'elle reste avec lui. Il ne se rendait pas compte de l'exemple qu'il donnait au monde en représentant sans doute un des couples les plus pures et les plus solides. Et il osait me parler de faiblesse alors que lui, emprisonné dans un égoïsme plus puissant que celui de n'importe qui d'autre, avait osé donner ce grain de grenade à la femme qu'il aimait juste pour s'assurer de son éternelle présence à ses côtés ? Le dégoût de le servir me remonta une seconde dans la gorge alors que je le fixais sans trembler. Ses mots, ses gestes, tout en lui ne m'inspirait plus aucune peur mais une terrible tristesse.

Ma mère arriva également sur le tapis. Bien entendu, j'en avais parlé, il fallait forcément qu'il défende sa dulcinée. En m'accusant, bien entendu. Un manque d'amour maternel ? Se moquait-il de moi ? Je n'avais jamais eu de mère. Évidemment que j'étais en manque d'amour maternel !

    - Je ne manque point de confiance en moi. Et ma mère n'est pas la seule divinité à m'avoir donné son sang. Mon père était un ange. Je tiens de lui également. Et à notre grand malheur à nous deux, Votre Majesté, je ressemble beaucoup trop à votre femme pour que vous puissiez être objectif dans le jugement que vous portez sur moi. Donc il était inutile pour moi de dissimuler ce que je pensais d'elle afin de me faire mieux voir.


Je me levai doucement et le fixai toujours. Ombre poussa un cri à glacer le sang et s'envola par la fenêtre après avoir brisé un carreau sans faire attention à la déité. Son geste énervé aurait presque amené un sourire sur mes lèvres, mais je n'en fis rien, afin d'éviter de m'attirer un peu plus les foudres du dieu des morts. Sans crainte, je le regardais alors qu'il semblait avoir prit sa décision à mon sujet. Décision qui me fit légèrement flancher, mais il était hors de question pour moi de lui montrer le moindre trouble. Après cette discussion, où tout aurait été dis, il n'aurait plus aucun pouvoir sur moi autre que celui de me priver, un temps, de mes dons. Je savais bien entendu qu'il ne se priverait pas de cela. Je n'avais pas ma place dans sa vie comme dans celle de ma mère. Peut-être l'aurais-je chez mon père mais j'en doutais fortement. Ma place était avec Ombre et Charon, rien de plus.

Sa décision de m'envoyer au Tartare ne m'étonna pas non plus. Il y envoyait ceux qu'il ne souhaitait plus revoir sur sa route. Comme un enfant qui jetterait un jouet cassé d'un méprisant revers de la main. Sentant que je n'étais plus désirée, je fis demi-tour. Cependant, alors que ma main allait se poser sur la poignée de la porte, je suspendis mon geste avant de prendre calmement la parole, plus sereine que jamais :

    - Au fond, Majesté, il n'y a que les personnes que l'on aime que l'on est capable de haïr. Passez une bonne soirée.


Et je sortis, le coeur serré en songeant à ma mère.




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Re: Don't let them in [PV Leona] | Mer 19 Fév 2014, 18:54

Don't let them in
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Les mortels devaient respect aux dieux. C'était peut-être exagéré de penser ainsi, mais ce ne pouvait pas être bien loin de la réalité et c'était ainsi que les olympiens pensaient. Ils étaient les êtres les plus puissants qui puissent exister et leurs ancêtres étaient à l'origine de ce monde sur lequel eux-même veillaient, allant jusqu'à créer l'île céleste dans ce but. C'étaient aussi eux qui offraient une seconde vie à certains défunts, en tant qu'ange ou démon selon la pureté de leur âme. On pouvait presque dire qu'ils régnaient sur la Terre et Sanctuary of Heart, à ceci près qu'ils avaient pour règle de limiter leurs interactions avec, même quand ils s'entre-tuaient ou étaient face à un terrible fléau, afin que leurs habitants puissent vivre par eux-même. Là était le risque qu'ils prendraient en sortant de l'ombre des légendes grecques : les humains pourraient avoir l'impression que tout est prédéterminé, un fait que chacun prendrait plus ou moins bien. Certains continueraient à vivre chaque seconde comme si c'était la dernière, les plus faibles se laisseraient aller en se disant que de toute façon vivre ne rimait à rien puisque leur destin n'était pas réellement le leur. Peut-être bien que quelques-uns tenteraient de se révolter, refuseraient l'existence et le règne d'êtres aussi puissants, mais dans la globalité les mortels se sentiraient écrasés par leur existence, seulement tout un chacun réagirait différemment. Bon après, malgré tout, certains avaient décidé de suivre une religion quand même, mais au moins le choix de celle-ci relevait de leur libre arbitre et les divinités les laissaient y croire.

Alors non, Hadès n'appréciait pas vraiment que Leona se montre aussi insolente, non seulement envers lui mais aussi envers Perséphone. Non pas que les dieux ne faisaient jamais d'erreur mais, quand on y réfléchissait bien, ils en faisaient beaucoup moins que quelques millénaires auparavant, alors qu'elle parle comme s'ils étaient de jeunes gens comme ceux qu'on pouvait trouver sur Terre était très déplaisant. Pour tout vous dire, le fait même qu'elle donne l'impression de penser qu'ils étaient un tant soit peu égaux l'agaçait à la longue. Qu'elle croit en un Dieu illusoire si cela la chantait, c'était sa décision, mais il ne pouvait la laisser insulter deux déités impunément.
D'ailleurs, après qu'il ait pointé oralement le fait qu'elle s'était contredite elle-même dans son discours selon lequel Dieu était important dans sa vie et qu'il la soutenait, la jeune femme l'insulta clairement et directement en disant à demi-mots qu'il était idiot et ne faisait pas un bon souverain. Mais que pouvait-elle bien en savoir ? Le regard que le roi des Enfers lui lança à ce moment aurait suffi à transformer le feu de la cheminée en glace de par sa froideur. Son dédain devenait lisible sur ses traits.

-Je n'ai pas besoin que les mortels croient en moi pour exister et être ce que je suis, contrairement à ton soi-disant seigneur.

Cela dit, ni la faucheuse ni lui n'en avaient fini. Et si elle savait se montrer des plus impolies, lui savait être blessant, c'est ce qu'il lui prouva peu après. L'heure était venue pour Leona d'apprendre qu'insulter ou défier un dieu se retournait toujours contre nous. Elle appréciait si peu sa mère ? Ne serait-ce pas tout simplement parce qu'elle était frustrée de ne jamais avoir rien reçu d'elle et non pas parce qu'elle avait trompé son mari et laissé son enfant à un couvent ? Il lui manquait une maman dans son entourage, personne au couvent n'avait su lui apporter assez d'affection ? Ha.
A ses paroles blessantes, la demoiselle qui se prenait pour ce qu'elle n'était pas – ou le prenait pour moins que ce qu'il n'était, à vous de voir – répliqua encore une fois en affirmant ne pas manquer de force et en disant qu'elle tenait d'une autre divinité, un ange. D'où tenait-elle qu'ils étaient des dieux et ne savait-elle pas que si son père était un ange, c'était grâce à eux ? Bah, c'était une preuve d'ignorance. Mais ce n'était pas tout, elle dit ensuite ressembler trop à Perséphone pour que son avis soit objectif. Voilà la preuve qu'elle ne le connaissait pas, cela n'aurait jamais affecté sa décision, Hadès ne se laissait pas influencer par ce genre de détail, surtout que plus ils parlaient et moins il les trouvait similaires. M'enfin. Et dire qu'il ne pensait pas lui donner de sanction – ou en tout cas pas une lourde –, pour le coup son jugement était allé en s'alourdissant avec chaque parole qu'elle prononçait, cette jeune fille était décidément pleine de défiance. Son affilié l'était tout autant, puisqu'il s'envola vers la fenêtre dont il brisa un carreau non sans frôler de près son visage – même s'il fit bien attention à rester immobile et impassible pour ne pas faire de plaisir à sa belle-fille (rah, il ne supportait pas cette pensée).

En parlant de jugement et après ce volatile incident, le geôlier des morts annonça sa sanction et congédia sa vis à vis qui, pour son grand bonheur, ne se fit pas prier. Il décida de rester debout jusqu'à ce qu'elle sorte et la regarda se diriger vers la sortie, la pause qu'elle marqua juste avant de se saisir de la poignée ne lui échappa donc aucunement.
Une pseudo-leçon. Encore. Décidément, elle en donnait à revendre, à croire que Leona croyait qu'il les écoutait. Il la laissa partir – bon débarras – et attendit un peu, avant de s'asseoir dans son fauteuil en se calant bien contre le dossier. Une pensée lui traversa alors l'esprit.
« Et il ne faut pas confondre la haine qu'on peut éprouver envers une personne qu'on aime et le mépris que peut nous inspirer une jeune ignare insultante. »
Décidément, elle avait une fâcheuse tendance à se croire ce qu'elle n'était pas.

[Rp terminé]





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